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Article d'édition

« Pilote, mâtin quel journal ! »

Astérix, Bob Morane, Tanguy et Laverdure, Achille Talon, Le Grand Duduche, Iznogoud, Cellulite, Léonard, Le Concombre masqué, la liste est longue et non exhaustive ; d’Albert Uderzo à William Vance en passant par Victor Hubinon, Nikita Mandryka, Philippe Druillet, Claire Bretecher, les plus grands auteurs et dessinateurs ont contribué au magazine Pilote, artisan et fleuron de l’« âge d’or » de la bande dessinée franco-belge.

Sous la houlette de Jean-Michel Charlier, Albert Uderzo, René Goscinny, Raymond Joly, François Clauteaux et Jean Hébrard, Pilote entendait être à sa création en 1959 le « grand magazine illustré des jeunes », un périodique pour la jeunesse dans lequel la bande dessinée côtoierait l’actualité. Magazine d’avant-garde, creuset, réservoir, les qualificatifs ne manquent pas pour définir ce que fut Pilote pendant plus de trente ans, et qui dès l’année 62, eut pour sous-titre « le magazine des jeunes de l’an 2.000 ». Avant de devenir à l’aube des années 70 « Le magazine qui s’amuse à réfléchir ».

Les plus belles histoires de Pilote T1 (écho aux Belles histoires de l’Oncle Paul créées par Jean-Michel Charlier pour Spirou) est un retour aux sources, balayant une décennie (de 1960 à 1969) de créativité intense, d’imagination fertile et de balbutiements salutaires pour le futur de la bande dessinée.

Qui mieux que le petit Nicolas peut présenter le journal ? : « Pilote c’est un chouette journal que nous lisons, tous les copains, à l’école (…) ; dans Pilote, il y a des tas et des tas d’histoires dessinées. Il y en a une avec des Gaulois qui nous fait rigoler (…) Et puis, il y a aussi des histoires d’aviateurs, vroum (…) Et puis, il y a Fort Navajo, où c’est plein de cow-boys avec des revolvers, pan, et des Indiens avec des flèches, tchac ! »

Les plus belles histoires de Pilote n’est pas à proprement parler une « intégrale » (le terme de recueil est plus approprié), l’éditeur historique a choisi de mettre en avant les « premières fois » — florilège de courtes histoires (comment et pourquoi Mike Donovan a décidé de s’appeler Mike Steve Blueberry), de gags anthologiques (Achille Talon déniant à Hilarion Lefuneste qu’il est prétentieux) ou de pépites oubliées (Terry Gilliam dessinant sur un texte de l’immense Fred) — qui ont forgé la légende.

 Le tome 1, Les années 60, ravira les passionnés de bd (ou non) qui (re)partiront à la rencontre de Goscinny, Alexis, Greg, Reiser et consorts. Un voyage dans le temps en forme de « madeleine de Proust » pour les nostalgiques des années Pilote.

  • Les Plus belles histoires de Pilote, Les années 60, collectif, 200 pages couleur, Dargaud, 22,50€
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