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Fév

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Couvrez ces coulures que je ne saurais voir!

 

       Couvrez ce sein que je ne saurais voir:

Par de pareils objets les âmes sont blessées,

Et cela fait venir de coupables pensées.

Molière, Le Tartuffe, Acte III scène 2. 

 

    Il s'en est fallu de peu pour que le nouvel album de Massive Attack  ne voie jamais le jour. Si in fine Heligoland (EMI) est aujourd'hui dans les bacs, il a cependant été interdit de publicité dans le métro londonien. Motif : le visuel utilisé ressemble à un graffiti.

 

massive_attack_.jpg 

 

Interrogé par The Londonist, Robert Del Naja (membre fondateur du groupe, et accessoirement auteur du visuel litigieux) expliquera que la société TFL -compagnie qui gère le "Tube" de Londres-  n'autorise "rien dans le métro  qui ressemble à du street art. Ils voulaient que nous retirions les coulures et autres gribouillis pour que ça ne donne plus l'impression que c'était peint à la bombe, ce qui est complètement ridicule. C'est la censure la plus absurde que j'ai jamais vue." D'autant plus dans une ville rendue célèbre dans le monde du street art grâce aux pochoirs engagés du célèbre Banksy.

 

Banksy.jpg 

 

On peut d'ailleurs se demander si la société TFL appliquerait cette jurisprudence concernant une affiche d'exposition pour Basquiat (ancien SAMO dans le graffiti), ou Mirò. 

 

 Basquiat.png

 

D'ailleurs les Tartuffe du métro avaient déjà frappé, en interdisant l'affiche de l'exposition de Lucas Cranach, représentant une merveilleuse Venus dénudée, jugée "trop osée".

Cranach.jpg 

Et la société TFL n'en est pas à son premier essai. L'année dernière elle avait également censuré le visuel utilisé pour le nouvel an du Ministry Of Sound, qui invitait les célèbres djs Calvin Harris, Eric Prydz, Deadmau5 ou encore le groupe Justice.

 

Ministry_Of_Sound.jpg 

 

On pouvait voir sur l'affiche des jeunes faire la fête, les bras en l'air, au milieu de tags. Le message véhiculé était intolérable aux yeux de la société TFL : "ce poster pouvait encourager les graffeurs à penser qu'un tel comportement serait toléré". L'inverse donc du combat mené contre le graffiti à Londres, comme le montre ce reportage de la BBC concernant la traque du tagueur Toxic.

 

 

    A l'inverse, en France, Metrobus -la régie publicitaire de la RATP- laisse passer toutes les affiches publicitaires ou l'on peut voir des tags. 

Son (absurde) combat ne concerne que la cigarette, comme on a pu le voir avec le récent film sur Serge Gainsbourg, ou encore pour l'exposition Jacques Tati. 

Si l'argument principal de la RATP dans sa lutte contre le graffiti est d'affirmer que la présence de tags dans son enceinte donne un sentiment d'insécurité à ses usagers; lorsque ces mêmes tags sont officiels -ou plutôt quand leur emplacement est monnayé- l'agression invoquée semble disparaître. On a pu le voir avec la grande campagne de pub pour l'expo T.A.G au Grand Palais...

 

 T.A.G.jpg

 

....ou l'expo Né dans la rue, de la Fondation Cartier ...

 

 Ne_dans_la_rue.jpg

 

... ou encore avec cette campagne de pub pour la carte Imagin'R de la RATP,  dont le graphisme a été confié au graphiste-graffeur Grems!

 

Grems1.jpg 

 

Grems.jpg

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