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Que sont devenues les églises de Deir-ez-Zor? Des ruines, ou des postes militaires

Eglise arménienne catholiqueEglise arménienne catholique © Al-Jisr

L'Association de Soutien aux Médias Libres vous présente dans son édition "Paroles Syriennes" la traduction d'un article publié dans le journal hebdomadaire "Al-Jisr" dans son édition du 26 février 2013.

L'ASML parraine 8 journaux syriens créés après la révolte du printemps 2011. Ces nouveaux journaux constituent un renouveau médiatique réel en Syrie, où la presse libre n'a pas eu sa place durant quatre décennies d'un régime autoritaire.

 

 Texte original traduit de l'arabe par l'équipe ASML


Que sont devenues les églises de Deir-ez‐Zor?….Des ruines, ou des postes militaires

 Depuis plus de neuf mois, les cloches des quatre églises de Deir‐ez‐Zor (1) sont silencieuses. Car ces églises ont subi le sort commun des bâtiments de cette ville, mosquées comprises, après deux années de bombardements et de destructions. La seule église encore debout est devenue un poste militaire, avec des snipers de l’armée du régime sur son toit. Des sacs de sable barrent l’entrée, empêchant toute prière. De toutes façons, les Chrétiens de Deir‐ez‐Zor se comptent maintenant sur les doigts d’une main, plus de 90% d’entre eux ayant fui.

 

Un coup d’œil sur les églises

 



Eglise arménienne catholique (photo1)Eglise arménienne catholique (photo1) © Al-Jisr
L’église des Arméniens catholiques se trouve dans la rue du cinéma Fouad. Elle a reçu plus de six frappes de mortier qui l’ont fortement endommagée, surtout son clocher et l’autel à l’intérieur.

Selon le propriétaire d’un des magasins proches de l’église, A.B., « D’abord, il y a ceux du poste de la Sécurité militaire qui se sont installés dans l’église, et qui ont pillé tout ce qu’ils ont pu. Puis, ceux de l’armée libre ont réussi, après de très durs combats, à prendre le poste de la Sécurité militaire et à libérer les alentours de l’église ».

Alors, quand l’armée libre a pris tout le quartier, l’église est passée sous le contrôle du Conseil religieux de Deir-ez‐Zor, et plus aucun voleur n’a pu y remettre les pieds.

Eglise arménienne catholique (photo2)Eglise arménienne catholique (photo2) © Al-Jisr

L’autre église arménienne, celle des Martyrs arméniens qui se trouve près de l’hôtel « Ziyad », a aussi reçu son lot de roquettes : elle a été détruite et brûlée.


Les ruines de l'Eglise de la Vierge MarieLes ruines de l'Eglise de la Vierge Marie © Al-Jisr
Quant à l’église de la Vierge Marie des Syriaques, comme elle se trouvait à côté d’un des centres de la Sécurité militaire, ses murs ont été endommagés et l’autel a été détruit lors de l’explosion d’une voiture piégée qui se dirigeait vers ce centre, mais a explosé par erreur près de l’église.

Certaines églises n’ont cependant pas été détruites, comme celle des Latins (al-kabbouchiya) qui se trouve derrière le siège de la police militaire, près de la banque Bimo. Mais des soldats du régime l’ont envahie, s’y sont installés et des snipers ont pris position dans ses étages supérieurs. Ils se sont aussi installés dans la rue qui lui  fait face, où ils ont dressé des barrages.

 

Le départ des Chrétiens

 

Eglise arménienne catholique (photo3)Eglise arménienne catholique (photo3) © Al-Jisr

Au début de la révolution, la participation des Chrétiens n’a pas été très effective. Ils étaient moins de 10% à participer aux manifestations pacifiques dans la ville, dont on estime qu’elle comptait cinq à dix mille Chrétiens. Mais après la militarisation de la révolution, ils se sont complètement retirés du conflit. Maintenant, il est difficile de croiser un seul Chrétien dans les régions libérées. Dans celles qui restent sous la coupe du régime, certains se trouvent dans les quartiers d’al-Joura et d’al-Qousour.

La majorité des Chrétiens sont partis dans des provinces voisines, ou ils ont pu émigrer vers des pays étrangers car leur situation matérielle était relativement meilleure que celle des autres composantes de la société.

Selon l’activiste I.N., un des Chrétiens de la ville, leur participation n’était pas négligeable, mais elle

Eglise arménienne catholique (photo4)Eglise arménienne catholique (photo4) © Al-Jisr

 aurait été meilleure s’ils avaient été plus nombreux, car vu leur petit nombre, toute implication d’un Chrétien devenait tout de suite visible pour le régime qui pouvait frapper immédiatement.

Mais I.N. rend aussi responsable l’armée libre. Il a estimé que le régime a visé les églises avec ses roquettes et ses missiles parce que l’armée libre s’était installée autour. Cela rendait prévisible que les églises seraient frappées, car le régime veut envoyer un message à toutes les communautés : nul ne sera épargné dans le combat du régime pour sa survie.

 

Un Chrétien : « Allahu Akbar ! »

 

Entretien avec "Michel", combattant de l'armée libreEntretien avec "Michel", combattant de l'armée libre © Al-Jisr

« Al-Jisr » a pu rencontrer un des combattants chrétiens de l’armée libre : Michel Ghazzal, 19 ans, soldat déserteur de l’armée syrienne, nous a dit : « Nous sommes tous frères, nous nous battons tous pour notre pays et ce qui se passe en Syrie, c’est entièrement de la faute des Assad ».

Michel a expliqué son adhésion à l’armée libre par sa recherche d’un « Etat de la paix et de l’amour, pas de la haine et de l’agression » et par son refus de servir dans les rangs d’une armée qui tue les enfants de son peuple, sans se soucier de savoir s’il s’agit de militaires ou de civils. « Ce qui m’unit à mes frères de l’armée libre est quelque chose de plus grand que les mots, c’est un but spirituel pour lequel nous luttons tous quelle que soit notre religion, qui fait que lorsque mes camarades crient « takbir ! » (Glorifiez Dieu !»), je crie moi aussi de tout mon cœur « Allahu Akbar

 

Karam Zuheir Al-Rabi’

Article publié dans l’hebdomadaire syrien « Al Jisr »

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(1) – Selon le patriarche syriaque orthodoxe Ignatius Yaqub III, la ville de Deir‐ez‐Zor s’appelait autrefois « Deir alRahban », ou « monastère des moines ». L’appellation « Deir-ez-Zor » vient des mots syriaques « Deir Za’our », qui veulent dire « le petit monastère » et qui servaient à distinguer ce lieu d’un « grand monastère », qui se trouvait dans les environs.

 

Texte original en Arabe

 

ما تبقى من كنائس دير الزور ركام وثكنات عسكرية 
مسيحيّ انشقّ ليلتحق بصفوف الجيش الحر: في الوقت الذي يهتف فيه أصحابي "تكبير" أهتف من كلّ قلبي "الله أكبر, الله أكبر, الله أكبر "
90% من مسيحيي دير الزور نازحون
تقرير مصور/ كرم زهير الربيع 
منذ تسعة أشهر لم يقرع جرس كنيسة في دير الزور، فكنائسها الأربع نالت ما نالته المدينة بمساجدها وأبنيتها من قصف وتدمير، طالها على مدار العامين الفائتين.
والكنيسة الوحيدة التي بقيت سليمة تحولت إلى ثكنة عسكرية، فاعتلى أسطحها قناصة جيش النظام، وعند مداخلها نصبوا السواتر الرملية، لتعلق بذلك الصلوات، وليغدو المصلون في دير الزور معدودين على أصابع اليد، بعد هجرة أكثر من 90% من المسيحيين.
عين على الكنائس
في شارع سينما فؤاد تقع كنيسة الأرمن الكاثوليك، التي سقطت عليها أكثر من ستّة قذائف هاون, سبّبت دماراً كبيراً في مبنى الكنيسة, بالأخص قرب أجراسها و داخل المصلى.
وقال "ب.أ" صاحب أحد المحلات القريبة من الكنيسة "قام بداية عناصر من مفرزة الأمن العسكري بالتمركز في الكنيسة، ونهبوا ما استطاعوا نهبه, وذلك قبل أن تخوض كتائب الجيش الحر معركة ضارية، استطاعت فيها تحرير مفرزة الأمن العسكري, و بالتالي تحررت المنطقة حول الكنيسة".
وأصبحت هذه الكنيسة لاحقاً، بعد سيطرة الجيش الحر على الحي, أمانة بيد الهيئة الشرعية في دير الزور، فلا تطأها أقدام اللصوص.
أما كنيسة شهداء الأرمن, الواقعة بالقرب من فندق "زياد"، فقد نالت نصيبها أيضاً من الصواريخ الأمر الذي أسفر عن تدميرها واحتراقها.
ولوقوعها على مقربة من فروع أمنية، تدمرت جدران كنيسة السيدة العذراء مريم للسريان، وتدمر المصلى فيها بالكامل، إثر انفجار سيارة مفخخة كانت في طريقها لاستهداف مقرات الشرطة العسكرية، فانفجرت عن طريق الخطأ قرب الكنيسة.
ومن الكنائس التي لم تتعرض للدمار، كنيسة اللاتين (الكبّوشية) الواقعة خلف مقر الشرطة العسكرية, قرب بنك بيمو، إلا أن عناصر النظام قاموا باختراقها و التمركز فيها، وزرعوا على طوابقها العالية العديد من القنّاصة، كما تمركزوا في الشارع المقابل لها و بنوا المتاريس.
هجرة المسيحيين
لم يكن للشارع المسيحي في دير الزور، مشاركة فعالة جدّاً في الحراك الثوري، إذ شارك، بداية الثورة، في المظاهرات السلمية أقل من 10%من المسيحيين الموجودين في دير الزور (الذين يقدر عددهم بين خمسة إلى عشرة آلاف نسمة )، ولكن بعد اتجاه الثورة نحو التسلح، انسحبوا من الصراع، والآن بالكاد يمكن مصادفة مسيحي واحد في المناطق المحررة، أما في المناطق الواقعة تحت سيطرة النظام فقد يوجد بعضهم في حيّي الجورة والقصور.
غالبية المسيحيين نزحوا إلى محافظات مجاورة أو هاجروا إلى دول أجنبية، كون وضعهم المادي يعتبر أفضل نسبياً من باقي مكونات المجتمع.
واعتبر الناشط "ي.ن" وهو مسيحي من أبناء المدينة، أن مشاركة المسيحيين كان لا بأس بها إلا أنها كان يجب أن تكون أفضل من ذلك، وعزا الأمر إلى أن عددهم قليل، وأي تحرك لهم سيكون مكشوفاً لدى النظام الذي سيسحقه على الفور.
ومن جانب آخر، ألقى "ي.ن" اللوم على الجيش الحر، إذ اعتبر أن النظام استهدف الكنائس بالقذائف والصواريخ كون الجيش الحر تمركز حولها، فكان من الطبيعي أن يتم ضربها، مشيراً إلى أن النظام يريد أن يوجه رسالة لكافة الطوائف أنه لا يهتم لأمر أحد، حينما يتعلّق الأمر بمسألة وجوده من عدمه.
مسيحي: الله أكبر
ومن جانب آخر تمكّنت "جسر" من لقاء أحد المقاتلين المسيحيين ضمن صفوف الجيش الحر، ويدعى ميشيل غزال (19عام)، وهو عسكري منشق عن الجيش السوري الذي قال "كلّنا أخوة , وكلّنا نقاتل لأجل البلد , وما يجري في سوريّة هو صنيعة الحقد الأسدي".
وعزا ميشيل انضمامه للجيش الحر إلى كونه يبحث عن"دولة السلام والمحبّة لا دولة الحقد والعدوان", معلناً رفضه أن يقاتل ضمن صفوف جيش يقتل أبناء شعبه، ولا يعبأ إن كانوا مدنيّين أم مسلحين.
وتابع "ما يجمعني مع أخوتي في الجيش الحر شيء أكبر من الكلام, هو هدفٌ سامي نقاتل جميعاً لأجله, بغضّ النظر عن دياناتنا, ففي الوقت الذي يهتف فيه أصحابي (تكبير), أهتف أنا من كلّ قلبي (الله أكبر)".
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تسمية* دير الزور أو كما كانت تنادى قديماً "ديرالشعّار" و "ديرالرهبان" 
"جاءت تسمية "دير الزور" من السريانية "دير زعور" أي الدير الصغير، وذلك لأن حرف العين في اللغة السريانية الشرقية العامية يلفظ أحياناً همزة وأحياناً يختفي كلياً، كما حصل في كلمة دير الزور، كما عرف بالدير الصغير تمييزاً له من الدير الكبير الذي كان بجواره، وبحسب هذا التفسير تكون الدير ديرين، دير صغير كان يسمى دير زعور، وهو دير الزور الآن، والدير الكبير كان بجانبه، ويرجح أن النهر دمره مع ما دمر من المعالم التي وجدت على شاطئيه، ومنها بقايا سور على الفرع الكبير لنهر الفرات".
*نقلاً عن البطريرك اغناطيوس يعقوب الثالث.

 

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