Sun.
27
May

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Le trophée

Déclarer la guerre à l’ennemie qui, depuis l’hibiscus syriacus du jardin voisin qu’elle a recouvert d’une impénétrable charlotte, a lancé ses vrilles au-dessus du grillage pour, prenant appui sur la haie de thuyas – trop haute, le signaler au jardinier –, faire subir le même sort au vieux prunier aimé des mésanges.

 


Monter sur l’escabeau, couper, tirer les lianes interminables, perdre l’équilibre, se rattraper, recommencer jusqu’à ce qu’apparaissent enfin les fleurs de l’hibiscus – blanches ? n’étaient-elles pas mauves l’an dernier ?

 


Descendre, s’attaquer au chèvrefeuille desséché qu’elle a réussi à étouffer – ou alors le jardinier se serait trompé de pied quand il a, en catimini, mis du désherbant au printemps ?

 


Tailler à grands coups aveugles, sentir une résistance, écarter l’entrelacs de fines tiges brunies, découvrir un support rouillé sur lequel repose un fer à cheval.

 


Ramener le porte-bonheur à l’intérieur, sans prêter attention aux griffures qui zèbrent les avant-bras.

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