Mar.
02
Sep

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Derniers souffles de Mahmoud Darwich

«O mort attends-moi à l’extérieur de la terre,
Attends-moi dans tes contrées, le temps que j’achève
Une conversation passagère avec ce qui reste de ma vie»

Murale

Il semblait soulagé de ce retard miraculeux. Avant d'aller donner en lecture ses poèmes au public arlésien, Mahmoud Darwich devait passer à Paris et se plier aux formalités d'usage: des interviews sûrement, dont une (espérait-on), pour Mediapart; une série d'émissions sur son œuvre pour France Culture. Mais il avait entendu dire qu'un précédent invité de la radio était mort peu après ces entretiens. Et comme lui même devait subir des interventions médicales dans l'été, mieux valait ne pas trop tenter le destin...


D'empêchements en annulations, le poète était arrivé à Arles juste avant son récital, coupant court à ces obligations assommantes d'artiste célèbre. Juste une conférence de presse pour l'anniversaire d'Actes sud.Et la poésie au Théâtre antique. Départ le lendemain. On insiste: juste un petit entretien, dans la salle du petit déjeuner de l'hôtel. On ne se doutait pas, bien sûr, que ce serait le dernier.
Voici un extrait de l'enregistrement:

Chuchottant presque, les yeux dans le vague, il parlera pendant près d'une demi-heure, avant d'être interrompu par l'écrivain sud-africain Breyten Breytenbach venu lui faire ses adieux. Accolades. Fin de l'interview. On ne le reverra plus alors que dans le hall de la gare d'Arles, entouré des mille égards de son éditeur, Farouk Mardam-Bey.
Trois semaines plus tard, le 9 août, l'opération à cœur ouvert avait mal tourné. Il ne s'appartenait plus.

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