Il n’est pas interdit de rêver. Imaginons un monde dans lequel des ingénieurs, des physiciens, des géologues acceptent de s’ouvrir aux sciences sociales. J’ai bien dit s’ouvrir aux sciences sociales, c’est-à-dire entrer dans leurs modes de raisonnement, accepter leurs concepts, respecter leur manière de problématiser différemment les choses, et non les questionner inlassablement sur les « croyances irrationnelles du public » vis-à-vis de la science ou sur les moyens de garantir « l’acceptabilité sociale des projets techniques ». I
Depuis quelques semaines, un véritable vent de panique souffle sur la téléphonie mobile.
Juste un mot pour vous signaler le lancement de débats sur les attendus sociaux de la biologie synthétique.
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat au Développement de l'économie numérique, a suggéré jeudi 5 novembre un "Grenelle des antennes" pour répondre aux "attentes croissantes" du public concernant les dangers éventuels de l'exposition aux ondes électro-magnétiques.
Dans la controverse autour des antennes relais, qui entre dans sa 8e année, un argument massu est régulièrement utilisé pour attester de l'existence des risques pour la santé : le refus par l
Par Antoinette Rouvroy, chercheur qualifié du FNRS, Centre de recherche informatique et droit (CRID), Université de Namur, Réseau Droit, Sciences et Techniques.
Qu’il s’agisse de récompenser la qualité des recherches françaises par l’attribution du Prix Nobel de physique à Albert Fert, de mieux cerner les risques éventuels auxquels les travailleurs sont exposés à court ou moyen terme ou, plus généralement de déterminer quels seront les effets du développement des nanotechnologies sur notre futur, les « nanos » ont quitté l’espace clos des laboratoires de recherche pour pénétrer, à grand bruit, l’espace public.
Par Stéphanie Lacour (Chargée de recherche CNRS – CECOJI), Réseau Droit, Sciences et Techniques
Présentant son rapport sur la téléphonie mobile aux autorités britanniques en 2000, William Stewart avait alors eu cette formule révélatrice : "plus jamais un groupe d'experts ne concluera à l'absence de risque". Il se prononçait au même moment où l'enquête de Lord Philips sur la crise de la vache folle en Grande-Bretagne se terminait et mettait en avant, outre l'impéritie des autorités britanniques dans la gestion de cette crise, les errements du comité d'expert qui avait conclu à l'impossibilité pour le prion de franchir la barrière des espèces.
C’est injuste. En matière de santé au travail, on ne s’interroge pas assez sur les sources d’exposition auxquelles sont confrontés les experts en charge de dossiers sensibles : associations très remontées, journalistes inquisiteurs, commanditaires exigeants, débats publics souvent houleux.