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Édition : Seine Politique

Tours jumelles à la Défense : le projet remis en cause

C'était le projet phare du plan de renouveau de La Défense lancé en grande pompe par Nicolas Sarkozy en 2006. Deux tours de 320 mètres de haut, financées par des capitaux russes et promues par l'Epad (Etablissement public d'aménagement de la région de la Défense). Mal financé, le projet est de plus combattu par un collectif d'habitants de La Défense.

Selon Nicolas Sarkozy, elles auraient dû être le prochain « monument emblématique de La Défense » après le CNIT (Centre des nouvelles industries et de technologie) construit en 1958 et la Grande Arche, en 1989. En 2006, alors qu'il était Ministre de l'Intérieur et président de l'Epad, il avait lancé le « Plan de renouveau de La Défense », pour réhabiliter un « quartier d'affaires historique », selon ses propres termes.

Au cœur de cette opération d'urbanisme : la construction de deux tours de 320 mètres de hauteur. Un projet mixte à l'américaine devant abriter un hôtel, des appartements et des commerces pour une surface totale de 260 000 mètres carrés. L'architecte Norman Foster, artisan entre autres de la Hearst Tower et du British Museum, aurait dû s'occuper de sa réalisation. Un brin mégalo, il prévoyait d'abriter dans ses tours un palace cinq étoiles, un centre de thalassothérapie, des appartements panoramiques, deux piscines, une salle polyvalente, des galeries d'art, un auditorium, des restaurants et des bureaux. Coût de l'opération : deux milliards d'euros.

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Les Tours Hermitage

 

Des problèmes de financement

Le promoteur de l'opération est Emin Iskenderov, un investisseur immobilier russe. Proche de Vladimir Poutine, il a été mis sur le dossier par l'entremise de Nicolas Sarkozy. Il dirige le groupe Hermitage, filiale de Mirax, une société immobilière russe qui, comme l'a révélé Libération, s'est écroulée l'an passé à la suite de la crise économique. Pour financer son projet, Emin Iskenderov a assuré mettre de sa poche 300 millions d'euros. 700 autres millions seraient empruntés aux banques. Le milliard restant serait lié à la commercialisation des logements avant la construction des immeubles.

A cause de la liquidation de Mirax, les 700 millions d'euros d'emprunt n'ont pas encore été signés. Les ventes sur plan ne représentent pas une garantie absolue de rentrées d'argent, les logements à la Défense n'étant pas particulièrement prisés des riches acheteurs. Il manque donc à ce jour un milliard et 700 millions d'euros pour boucler le budget.

Les travaux restent programmés pour fin 2011 mais leur lancement paraît de plus en plus incertain. L'enquête publique qui doit déterminer la faisabilité des travaux s'est achevée le 12 octobre mais le permis de construire n'a toujours pas été délivré.

 

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Le quartier des Damiers

 

L'opposition des habitants de La Défense

Les tours doivent être construites à l'emplacement actuel de la résidence des Damiers (photo). Il s'agit de trois immeubles qui comprennent 250 logements dont 40 à loyer modéré situés dans le quartier des Quatre Saisons. La démolition de ces immeubles est censée démarrer cette année à la condition que tous les locataires soient relogés. Problème : certainsrefusent de quitter leur immeuble. D'autres riverains craignent les ombres portées par les tours.

 

L'association « Vivre à la Défense » qui réunit les habitants de la résidence des Damiers a déposé des recours en justice contre la construction des tours sans obtenir gain de cause. Emin Iskenderov a décidé de les poursuivre à son tour pour «recours abusif ». Il exige 8 millions d'euros de dommages et intérêts.

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