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Lettre de dé-adhesion

Monsieur,

J'ai bien reçu comme tous les actuels et ex.adhérents votre invitation à la réunion du 23 novembre 2009.

Je vous demanderai simplement de ne plus me compter comme adhérent potentiel.

Je suis désolé de le dire mais je considère comme de nombreux citoyens progressistes, européens et volontaristes l'absence d'ambition, de dimension et de détermination des leaders socialistes.

Je constate que les divisions et les luttes d'égos l'emportent sur la mise en actes d'une pensée politique partagée, ancrée dans une certaine tradition social-démocrate qui place l'intérêt collectif des autres avant le sien propre élargi aux membres de son camp.

Je suis sidéré par l'épisode de Dijon, dernier avatar d'une insupportable culture de la différence. Je ne supporte pas S. Royal, c'est physique. Cette femme n'a aucun intérêt ; elle est arrogante et futile.

J'apprécie les ex. NPS quelqu'aient été leurs opportunismes.

Je pense aujourd'hui que seule la fin du parti socialiste peut l'amener à redevenir sous un autre nom (parti social-démocrate français ou union sociale-démocrate) et sous l'autorité d'un véritable leader, homme ou femme rompu (e) à toutes les scènes politiques nationales et porteur d'une autre idée de la politique, à la fois plus modeste et plus ambitieuse, la tête de pont d'un pouvoir capable de répondre de la même façon aux attentes des citoyens.

J'ignore si ce leader existe et je pense que le parti socialiste n'est pas prêt de changer et encore moins de se dissoudre pour se re-former ; la réforme sans changement paraissant en l'état impossible.

Trop d'intérêts personnels structurent ce parti d'élus ou de candidats à l'élection.

Trop de contradictions internes contribuent à invalider toutes ses prises de position face à un leader de droite autoritaire et opportuniste, dont la démagogie ne souffre d'aucune véritable contradiction.

Les exemples abondent dans l'actualité de rendez-vous ratés par l'opposition confrontée aux conséquences de ses divisions. Illustration de la semaine passée ; la réaction tardive de Martine Aubry aux propos d'Eric Raoult contestant le droit de Marie N'dyae à l'expression d'une opinion très hostile au pouvoir en place. D'un autre côté, auditeur de France Culture, j'entends Max Gallo, un des seides de N. Sarkozy, critiquer lui aussi les propos de cette écrivaine.

Ce droit à une parole autre, ce droit à l'altérité de la pensée, de la parole et de l'action est aujourd'hui attaquée par ceux qui s'estiment porteurs du devoir de préserver une certaine image d'une France dont les représentants ne sauraient souffrir d'aucune remarque, d'aucune critique.

Au sein même du parti socialiste existent des tendances à l'unanismisme qui réfutent toute alternative à un modèle collectif de pensée et d'action politique.

Dans le même temps, il faut bien constater que ce sont les divisions qui structurent la vie du parti socialiste et qui contribuent paradoxalement à le maintenir en l'état.

Cette opposition entre la défense d'un certain unanimisme sensé apporter de la cohérence au message socialiste et l'omniprésence de tensions centrifuges contribue à épuiser toutes les volontés alternatives qui fondent leur engagement sur un autre rapport à la réalité qui ne se détermine ni dans l'adhésion à une certaine façon de penser ni dans l'expression d'une irrépressible tendance à l'affirmation d'une identité remarquable qui réfute toute possibilité de partage et de compromis.

La plupart des leaders socialistes semblent aujourd'hui guidés par une certaine idée d'eux-mêmes qui ne laisse pas de place au dialogue. Dans un même temps il est demandé aux militants de poursuivre leur engagement à l'ombre d'une tradition et d'un idéal qui les tient à distance d'une action politique de plus en plus individualiste.

 

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