Sur la monnaie
Cet article est le premier d'une édition consacrée à la monnaie et intitulée (je vous le donne en mille !) ... ‘'Sur la monnaie'' (étonnant non ?).
Pourquoi une telle édition ? Eh bien, parce que... il le faut. N'est-ce pas, soit 1° la façon dont la monnaie est régulièrement
maltraitée dans les colonnes de Mdpt -et aussi, soyons juste, dans beaucoup d'autres colonnes (la monnaie ?... lit-on ici et là, mais : ‘'c'est les banques'' ; et/ou, ‘'c'est un actif'' ; et/ou, ‘'il faut la supprimer'' ; et/ou, ‘'il faut revenir à l'étalon-or'' ; et/ou, ‘'mais il faut que le privilège de la créer, irresponsablement abandonné aux banques privées, soit redonné à l'état'' ; et/ou, ‘'elle doit être mise au service de la croissance'' ; et/ou, ‘'mais ce qu'il faut, c'est supprimer le prêt avec intérêt'' ; et/ou... j'en passe forcément, de bien meilleures, et en tout cas d'équivalentes !) ; et soit 2° cette évidence qu'avec la monnaie, on est au cœur du capitalisme. Or si, maintenant, ce que l'on dit est que le capitalisme, il faut le révolutionner (une autre évidence !), alors, la conclusion n'est-elle pas que, la monnaie, en effet, il faut absolument savoir ce qu'elle est vraiment ?
Sans compter que, s'agissant maintenant de ce que disent les ‘'cordonniers-de-la-monnaie'' (vous savez, ceux qui, sur elle -ceci à l'instar des cordonniers tout court : les plus mal chaussés !- en savent le moins, c'est-à-dire -tout le monde l'aura compris- les banquiers), ce qui saute aux yeux est que ça n'est pas moins fantaisiste.
Quoi !... Comment !... la ‘'vérité'' de la monnaie serait vraiment ce qu'ils (les banquiers) en racontent, savoir que, ‘'de à Z, la monnaie, c'est les banques''.
Mais, nos économies étant monétaires, leur crise pouvant donc, en deux mots, être dite comme le résultat d'une défiance généralisée à l'endroit de la monnaie, si vraiment les banques ‘'c'était'' la monnaie, comment se pourrait-il que, face à la crise qui aujourd'hui apparaît comme pouvant les emporter d'une chiquenaude, les banques pussent apparaître comme aussi démunies qu'elles le sont ? N'est-ce pas, si vraiment la monnaie ‘'c'était'' les banques, ne suffirait-il pas qu'elles claquent des doigts (‘'c'est-à-dire concrètement ?''... mais cela,
évidemment, les banques... le sauraient !) pour qu'aussitôt, la confiance en la monnaie de tous les ‘'agents économiques'' soit rétablie ?
D'où cette première conclusion :
1° si la monnaie, ‘'c'est'' les banques, évidemment...
ça n'est qu'une partie de la vérité
Imaginons à cet égard qu'avant 2008, l'économie (c'est-à-dire bien plus que les banques) ait été capable d'employer toute la main d'œuvre qui était disponible de part le monde ; imaginons donc que l'économie ait été capable de former tous les revenus... qu'elle n'a pas été capable de former ; d'où, en raison de cette incapacité, systémiquement, à l'échelle de la planète, 1) le financement de l'économie par ces montagnes de crédits consentis par... les banques (qui ne se souvient des fameux ‘'crédits subprimes'' ?), ceci de telle manière que l'économie pût continuer à ‘'tourner'' ; c'est que, bien entendu, il fallait que tel soit le cas, sinon comment tous ces crédits consentis auraient-ils bien pu être... remboursés ! ; et 2) dans la foulée, toute la spéculation conçues par... les banques et organisée à leur profit, autour de la valorisation/dévalorisation des ‘'titres'' (qu'on pense ici à la ‘'titrisation'') à... ces crédits !
D'où cette deuxième conclusion : bien plus que les banques, la monnaie ‘'c'est'' l'économie dans sa totalité. Clairement et rigoureusement, la monnaie, ‘'c'est'' l'économie.
2° La monnaie, ‘'c'est'' l'économie
Ici, ce qu'il faut ‘'comprendre'' est qu'avant que le réel puisse être l'objet d'un traitement économique, ceci parce qu'il aura été doté d'un prix (voyez Marx -ce sont les premiers mots du Capital ! : le champ de l'Economique c'est le réel comme ensemble de valeurs d'échange -et non plus de valeurs d'usage), d'abord, tel n'est pas le cas : d'abord, le réel est sans prix D'où LE préalable de (comme cela se dit en franglais) la ‘'pricisation'' du réel ; d'où (nous-y voilà !)... la monnaie.
3° La monnaie dans la solution fautive de la ‘'pricisation'' du réel
Ici, voyez la longue histoire des idées fausses que se sont faites (et se font toujours !) les Hommes sur la monnaie (et ceci, évidemment, en ne considérant que l'essentiel !), soit la ‘'solution'' de la simple mise en relation du réel avec l'un de ses éléments choisi en raison de ses propriétés ‘'particulières'' (sa ‘'rareté'', ... le fait qu'il soit comme ci, comme ça... qu'il soit la ‘'créature'' de traités dits ‘'européens'' -oui, pensez à l'€ !) et, à l'issue de ce processus, dénommé ‘'monnaie''. Question : cette ‘'solution'' peut-elle être vue comme satisfaisante ?
La réponse est absolument certaine (ici, voyez toute la -bien triste !- histoire économique ‘'moderne'', ceci jusqu'à nos jours ‘'d'aujourd'hui'' -oui, pensez à la bien triste histoire de l'€ !) : c'est NON !
Pourquoi ? Eh bien parce que (c'est l'irrémissible faiblesse de toutes les ‘'théories'' quantitatives de la monnaie), tous les biens pouvant alors, légitimement, être de n'importe quels prix, toujours, ceci quoi qu'il en soit des faits (qu'il y ait ou non du chômage involontaire
; que ce chômage -involontaire- soit ou non massif ; qu'économiquement, les échanges internationaux portent sur des non-équivalents -ainsi que c'est manifestement le cas en ce moment, et depuis longtemps ! : voyez le lamentable état des rapports Nord/Sud, etc...) l'économie pourra être vue comme parfaitement... ‘'équilibrée'' (!!!!) ; on comprend que par les temps qui courent, le retour au troc (c'est-à-dire probablement jusqu'à des milliers d'années avant notre ère !) puisse être vu par d'aucun(e)s comme ‘'la'' solution aux aberrations (n'insistons pas !) auxquelles conduit la monétisation du réel selon les ‘'enseignements'' du quantitativisme !
3° La monnaie dans la solution satisfaisante de la ‘'pricisation'' du réel
Toute réflexion sérieusement menée (l'impératif à cet égard étant que le réel à ‘'priciser'' ne puisse pas implicitement être considéré comme existant -économiquement !- avant sa ‘'pricisation''), ce qui ne sera pas autrement étonnant est que la solution satisfaisante de la
‘'pricisation'' du réel tienne (mieux ! : ‘'ne puisse tenir que'') dans la production du réel comme réel immédiatement ‘'pricisé''.
Ceci d'autant plus que cette solution est celle... des faits ! : n'est-ce pas, oui ou non (oui ou non ?), dans les faits, quand ils arrivent sur
le marché après qu'ils ont été produits, les biens n'ont-ils pas déjà un prix ?
C'est la (fondamentale) problématique de ‘'la production monétaire'' ; seule en effet cette (fondamentale) problématique peut
permettre d'accéder aux ‘'vérités'' (les vraies !) de la monnaie.
D'où en tout cas cette troisième conclusion : si la monnaie ‘'c'est'' plus que les banques (cf. le point 1°), si la monnaie ‘'c'est'' l'économie (cf. le point 2°), ceci étant encore plus conforme à la réalité : la monnaie ‘'c'est'' les banques ET ‘'là'' où les biens sont produits, c'est-à-dire les entreprises.
Un dernier pas peut ici être franchi.
On vient de le dire, les biens ne sont-ils pas produits avec un prix ? Et cela, par définition du prix, ne signifie-t-il pas, dès sa production, et comme le disent les économistes, la répartition -en valeur- de tout bien entre une part allant aux ‘'salaires'' et une part allant aux ‘'profits'' (ceci MÊME en économie ‘'socialiste'' : n'y parlait-on pas ENCORE de ‘'prix ; et -si tel est un jour à nouveau le cas- n'y parlera-t-on pas TOUJOURS de ‘'prix'') ? De proche en proche, le produit global ne se trouve-t-il donc pas produit avec un prix global ? Et cela, par définition du prix, ne signifie-t-il pas la répartition de ce produit global entre salaires globaux et profits globaux ? Enfin, parler de part du produit allant aux salaires et de part du produit allant aux profits n'implique-t-il pas que l'on parle de ceux à qui vont les salaires et les profits, c'est-à-dire des ‘'titulaires de salaires'' et des ‘'titulaires de profits'', en ‘'un'' seul mot : des ‘'titulaires de revenus''.
D'où cette quatrième et (pour aujourd'hui) dernière conclusion :
4° en fait, la monnaie, ‘'c'est'' :
les ‘'BANQUES'', les ‘'ENTREPRISES'' et les ‘'TITULAIRES
DE REVENUS''.
D'où le ‘'montage'' par lequel j'ai choisi d'illustrer ‘'Sur la monnaie'' : en toile de fond, la ville comme métonymie (ben oui, pardonnez-moi,
mais c'est comme ça qu'on dit) du réel ; au premier plan le circuit (instantanément clos !) de la monnaie (des ‘'BANQUES'' aux ‘'BANQUES'' en passant par les ''ENTREPRISES'' et les ''TITULAIRES DE REVENUS'') et celui (non moins instantanément clos !) des revenus (des ‘'TITULAIRES DE REVENUS'' aux ‘'TITULAIRES DE REVENUS'' en passant par les ''BANQUES'' et les ''ENTREPRISES''), le second (circuit) portant le premier. Et étant bien entendu qu'ici (c'est l'évidence !) beaucoup (‘'tout'' !) reste à dire...
Au prochain article de ‘'Sur la monnaie'' ?
Jean Tramuset
