Festival des Inrocks: Anna Calvi, Foster the people et Michou
Le festival des Inrocks, c'était du 2 au 8 novembre. Nous on a surtout retenu deux soirées. Récit en images.
Foster the people.© M.T.
5 NOVEMBRE
Samedi, c'était «les groupes à guitares», comme dit Libé. Du jamais vu - ou presque - au festoche des Inrocks: l'arrivée de la fanitude de type "Boys Band". Elles sont des dizaines de groupies à camper depuis 16h devant la Cigale pour apercevoir Foster the People, le groupe teenager (américain) post-MGMT.
On les retrouve quelques heures plus tard en train d'hurler aux premiers rangs l'hymne «Pumped up kicks» (mais si, vous savez ce tube-là). Tous les téléphones sont en l'air pour capter le moment. Notre vidéo:
Reconnaissons tout de même une énorme pêche au chanteur Mark Foster qui a fait suer la fosse et mis une sacrée ambiance:
Changement de groupies, voici Miles Kane. Pas évident de passer derrière les Américains. Mais, en fait, si Foster the people a chauffé la salle, Miles Kane va carrément la tremper. L'ancien leader de The Rascals débarque, blancheur d'aristocrate, style British, pour faire «du rock n'roll, du vrai», nerveux:
Miles Kane.© M.T.
Mention spéciale à son titre «Rearrange»:
La tête d'affiche ce soir, c'était (quand même) Friendly Fires, ceux qui chantent le très bon «At the hospital». «T'as vu, y a George Michael sur scène», dit notre voisin, en montrant le chanteur Ed Macfarlane. Un confrère se plaint, il dit que «c'était de la bouilie».
En sortant de la Cigale pour aller au Jap', on croise Michou en veste bleue, qui marche à deux à l'heure. On lui dit qu'on aime beaucoup ce qu'il fait et lui souhaite bon courage pour la suite (sans savoir de quelle suite on parle vraiment).
7 NOVEMBRE
Devant l'Olympia, les places en rab ne se vendent pas. La salle n'est pas pleine. On arrive trop tard pour EMA, mais on tombe sur les Dump Dump Girls qui reprennent There is a light that never goes des Smiths:
Qu'on aime ou pas, Le Prince Miiaou (alias Maud-Elisa Mandeau) a offert un beau show lundi. Nous on l'avait découverte à force que Pascale Clark passes ses chansons (notamment «J'ai deux yeux») un matin sur trois sur France Inter. On n'a pas été déçus, surtout quand on a compris que, non, elle portait pas des oreilles de lapins, mais que c'était ses racines noires sur sa tête, fausse blonde oblige.
Pas facile d'éveiller une salle un lundi, surtout avant Anna Calvi.
- «Ca va bien», demande la chanteuse.
- «Le son est à chier!», hurle un type (rapport au fait que depuis une heure il y a un problème de réglages sonores)
- «Bon en fait je vais pas vous poser de questions ce soir...»
En réalité, les applaudissements sont chaleureux, elle assure, elle est même plutôt drôle, surtout quand elle met un masque de ski orange fluo sur la tronche. Ensuite elle donne dans le participatif. «Je sais que c'est lundi, donc on est en semaine... Mais je vais vous balancer quatre flûtes. Qui veut jouer avec moi? Je sais pas comment faire... Je vous les lance? Je voudrais pas vous blesser! Vous faites gaffe hein!».
Hop, quatre flûtes fluorescentes valsent à travers l'Olympia. «Maintenant vous faites ce que vous voulez!». Ca prend plutôt (très) bien. «Je vous demande pas de me les rendre hein!», précise-t-elle, grand prince, à la fin.
Pour nous faire patienter avant Anna Calvi, on nous envoie les ados du lycée Paul Valéry pour jouer deux trois chansons. En plus, le quatuor a eu la bonne idée de rameuter leurs potes au premier rang pour allumer les briquets et faire des "youhouuu".
Enfin elle arrive. Toujours sur ses talons interminables, sa tenue taille haute, son rouge à lèvres. L'année dernière, elle était déjà au festival des Inrocks. Ce sont justement eux qui l'ont découverte et invitée pour l'édition 2010. C'était le 4 novembre, à la Boule noire. Un an après la londonienne est à l'Olympia.
Bon, autant le dire tout de suite, nous on a adoré. C'est pas le cas de tout le monde, en sortant on retrouve deux potes à la terrasse du bar à côté, en train de s'enfiler des bières en plaisantant sur "Annie Calva". Mais nous on a été transcendé. On fait pas partie de ses fans, mais on se retrouve aux premiers rangs au milieu des groupies de la première heure. Bien sûr elle joue les incontournables - «Blackout», «Desire», «First we kiss» - mais elle reprend aussi Elvis («Surrender») ou encore TV on the radio («Wolf like me» - formidable!).
Notre vidéo du superbe «Suzanne and I»:
Anna Calvi est notoirement timide, elle arrive quand même à lâcher un «Ca va?». Analyse construite de notre voisine: «Cette meuf est géniale».
Anna Calvi.© M.T.Un sobre «Thank you, good night», et hop, rideau. Le public tape des pieds. Rappel. Elle nous offre «The Devil» mais surtout «Jezebel» de Piaf, dans un beau français. Ici en live, le 11 octobre:
A voir:
- Le concert intégral d'Anna Calvi au Trianon en avril, ici.
- «90 secondes avec Anna Calvi, EMA, les Dum Dum girls et Le Prince Miiaou», sur le site des Inrocks.
- «90 secondes avec Foster the people, Miles Kane, Friendly Fires», sur le site des Inrocks.
A lire:
- Le récit des Inrocks de la soirée de samedi.
- «Les groupes à guitares électrisent les Inrocks», le récit de samedi de Libé.
