Le festival des Inrocks en chaussons
Katerine qui enlève sa moustache, Arielle Dombasle qui vient sauver des Afghans, Kele sur le Titanic. Récit du festival des Inrocks (Paris), jour 4.
Le dimanche du festival des Inrocks c'est un peu comme une teuf de lendemain de nouvel an pourri: le meilleur est à venir mais on en a déjà plein les pattes/le foie. Le concept se vérifie chaque année, après quatre jours de concerts.
Cette semaine, donc, on avait troqué les bottes de pluie de la Route du Rock (lire notre récit) contre des patins-chaussons de rock n'roll qui nous assuraient en moyenne une chute par heure sur le parquet de la Cigale. Bon, on a loupé le génial Cascadeur parce qu'on négociait des expulsions de rhums au bar du premier. On arrive pour Monarchy, qui s'amuse sur scène avec des masques d'animaux, c'est un peu comme «Emilie Jolie» de quand t'avais 5 ans mais avec de l'électro pop.
Tout le monde a l'air très excité quand Kele (l'ex Bloc Party) débarque, mais nous on se dit qu'on va encore se taper trente minutes de musique du monde, surtout qu'on avait vu ce clip avant de venir, du coup on retourne expulser quelques rhums. Sur le chemin on se fait embringuer dans la fosse. On se dit que Kele doit aussi avoir des problèmes de type grec parce qu'il s'est sapé à sa propre boutique souvenirs qui stationne dans la hall de la Cigale.
Il raconte que c'est l'anniv de la mère de son batteur alors la salle se sent obligée de chanter joyeux anniv. Ca réveille son monde, les premiers rangs sautillent, limite on ferait bien la chenille et tout. Il lance Tenderoni et là c'est parti, ça tangue intégralement. Le Titanic, sans Céline Dion. Plus besoin de sauter, le sol est un trampolin, on rebondit, perd une bière et un moins de douze ans qui voulait un autographe - le naïf.
Ca donne ça (avec un son incomparable):
On sort avec la même tête qu'Ariane Massenet quand elle a fait Fort Boyard (ici) et pendant qu'on fume des clopes, Arielle Dombasle fait du forcing pour rentrer sans invit'. Depuis qu'elle a compté les chrétiens avec les Inrocks, elle a assez la confiance pour être la seule au bar avec des lunettes de soleil et une Vogue au bec, on dirait Michel Polnareff lifté (photo ici). Elle est venue pour sauver des Afghans et voir Philippe Katerine. Le voilà d'ailleurs.
On retourne dans la fosse quand il chante «enlève ta moustache» et on se dit qu'il devrait faire notre libdub à Mediapart. Finalement c'est son sweat post-ado qu'il enlève. Ma voisine est outrée: «Putain il a même des poils sur les épaules». Une autre lui hurle que, si, «on les aimes tes poils Philippe». Il enchaîne avec «des bisous» puis un titre spécial dépressifs.
Il explique que «l'autre jour (Marine) a dit à la radio elle a dit qu'elle adorait cette chanson», qu'elle est «pas bête en plus» que c'est bien le problème. «Enfin on en reparle plus tard», il dit.
Tout ça finit sur une partie de basket sur scène, et là on s'aperçoit que le guitariste est en poom poom short (si si celui-là) depuis une heure. Après avoir fait quatre fois la blague de «T'as vu y a ton père en short» on nous dit qu'il «faut pas rester là madame».
Lire aussi le récit très objectif des Inrocks.
