Durant l'été, Mediapart vous a proposé de lire les premières pages des romans de la rentrée (toujours disponibles ci-dessous). Trente ouvrages que nous avons voulu vous faire partager avant toute critique. Avec l'édition Votre rentrée littéraire, c'est à vous de partager vos enthousiasmes.
Ecrit au cours d'une récente retraite imposée par la maladie, le dernier essai d'Alain Finkielkraut est un véritable bonheur de lecture. Aux maladresses, parfois provocatrices, de l'homme médiatique, j'ai toujours préféré la subtile clairvoyance de l'écrivain, surtout quand il parle de littérature, domaine où il allie à une intelligence aiguë une grande sensibilité.
Dans Le rapt, son dernier livre, l'écrivain algérien Anouar Benmalek adopte une forme romancée pour raconter sans concessions l'histoire de l'Algérie, une histoire dont personne ne sort indemne. C'est un jeu ironique de miroirs où les situations et les personnages se répondent, se reflètent et s'inversent. Un jeu parfois dément, «une sorte de mathématique de l'échange des cadavres»...
Canta à i sarri, c'est d'abord ce titre, emprunté à la poétesse chilienne Gabriela Mistral (1), qui m'a ravie en pénétrant sur Invistita (2), le site de Norbert Paganelli qui, dans un grand souci d'ouverture, met en ligne l'intégralité de son oeuvre poétique en version bilingue ( l'auteur s'exprime en corse, sa langue maternelle, et a confié la traduction de ses poèmes à Dominique Colonna).
Everything Good Will Come, premier roman de Sefi Atta, publié en 2005, vient d'être édité par Actes Sud dans sa traduction française, sous le titre Le meilleur reste à venir.
Ayant été enthousiasmée par Vies minuscules de Pierre Michon, je me faisais une joie de découvrir le dernier roman de cet auteur, mais j'eus l'imprudence de commencer par lire trois interviews qu'il donna en mai dernier à l'occasion de sa sortie. Entretiens qui m'emplirent de malaise et m'ôtèrent toute envie de lire Les Onze.
Des fois, c’est immédiat. Cet air de bûcheron lettré, homme qui courbe la tête pour passer la porte, veste tirebouchonnée, et ce regard. Reconnaissance immédiate, générosité, intelligence, et j’ai passé la main pour l’interview ce jour-là. Trop impressionnée, j’avais tout lu, pourtant. Vassili Pavlovitch Axionov, j’avais juste envie de l’écouter.
Ce pourrait être un livre sur une jeune femme qui n’arrive pas à s’acheter des chaussures. Pas de chaussure à son pied pour Isabelle, trentenaire berlinoise qui suit son avocat de jeune époux à Londres, où il prend un poste. Isabelle traverse les ondées brèves, arpente donc les rues poussiéreuses d’un Londres inconnu et estival sans quitter ses vieilles tennis.
Tant de succès deviendrait presque lassant. Mais comme le dis le proverbe (latin, en titre), les choses répétées plaisent. Dominique Conil, médiamie fort connue dans ces parages, déjà lauréate du prix de l'Inaperçu (voir «Dominique Conil, toujours en retard»), vient d'être distinguée par le Festival Simenon pour son roman En espérant la guerre (Actes sud).