Longue d'à peu près deux cents mètres, la rue Beautreillis était une artère proprette bordée d'immeubles dépareillés. Sur les trottoirs, les soldats s'étiraient en deux files indiennes. Ils avançaient avec la prudence du grenadier-voltigeur. Au milieu de la chaussée, à égale distance des deux files, Duboïs était aux aguets. Il redoutait un piège et scrutait les fenêtres grandes ouvertes d'où s'échappait parfois un ronflement.
Assise à son bureau, Marie-Michèle Laborde réglait les affaires courantes. Elle dirigeait l'exécutif en l'absence du Président. Les rênes du pays étaient tenues d'une main sûre. Personne ne devait en douter.
Si «de nombreux reproches peuvent être adressés à l’armée», estime Tewfik Aclimendos, chercheur associé à la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, il n'existe pas d'alternative plus rassurante.