La notion de progrès, dans le contexte de l’évolution naturelle, n’existe plus vraiment depuis que l’orthodoxie évolutionniste, issue des travaux de Darwin et développée par de nombreux scientifiques depuis lors, présente les facteurs de sélection naturelle et de contingence comme seuls responsables du fait évolutionnaire. La sélection naturelle est, selon l’orthodoxie en vigueur, d’une part l’effet de mutations génétiques générant des traits favorisant la survie d’un groupe par rapport à un autre, et d’autre part la capacité d’adaptation des espèces à la pression environnementale - domaine également del’épigénétique. La contingence est un concept notamment développé par le biologisteStephen J. Gould qui propose que l’évolution est ponctuée de remises à zéro et de coups de pouces imprévisibles (du fait de cataclysmes par exemple) qui font que le “film” de l’évolution ne se déroule jamais deux fois de la même façon.
Donc pour résumer la position orthodoxe, la combinaison de mutations génétiques, de pressions de l’environnement et d’accidents font que le monde du vivant est parti de choses simples pour arriver à la complexité actuelle – sachant que cette complexité est essentiellement le fait de multiples variations sur quelques architectures de base tels les vertébrés, alors que ces architectures étaient nettement plus nombreuses à l’époque précambrienne (-570 millions d’années) mais ont, pur la plupart, disparus. Ce sujet est développé dans l’article ”De la Contingence et de l’Evolution“.
Cette approche ne reconnait pas l’existence possible d’une ”force de progrès” évolutive, qui ferait que l’évolution tendrait toujours vers les mêmes formes, du simple au complexe, au-delà de la “chance” génétique et de la contingence.