En cette rentrée morose, où l’association de l’égoïsme et de la compassion tient lieu de politique, il est des livres réconfortants. Le lycée de nos rêves, de Cyril Delhais et Thomas B. Reverdy est un de ceux-là[1]. Loin des discours du déclin et des pamphlets sur l’école qui font les bons tirages, ces deux auteurs, dans un style vivant et précis, décrivent, en trois « saisons », l’aventure quotidienne qu’ils ont vécue et qu’ils vivent encore avec les protagonistes (professeurs, élèves, familles, entreprises, administration) d’une expérience en grandeur nature d’un « nouveau lycée ». Ce livre mérite d’être lu et relu avec attention tant la description des enthousiasmes, des résistances, des incompréhensions, des hostilités et, surtout, des premiers résultats éclaire les limites de notre société mais aussi la volonté et la créativité encore présentes à l’intérieur même de structures et chez des personnes considérées, par beaucoup de « beaux penseurs », comme perdues.