En tant que citoyens nous sommes confrontés à un choix difficile. Je suis convaincu que nous ne vivons pas une crise mais une guerre, comme l'a suggéré le milliardaire Warren Buffet. Et face à un adversaire tels que les financiers, dont les adresses sont bien connues (Buffet en fait partie), la seule réponse possible est de résister et de rendre coup pour coup. Certains, très conscients de ce fait, pensent qu'on peut négocier, transiger, réguler... J'ai longtemps (vingt ans!) partagé cette croyance. Mais le référendum de 2005 m'a ouvert les yeux. Et depuis j'ai réalisé que cette nouvelle espèce de prédateurs ne s'arrêterait jamais. Pour une simple raison : si l'un d'entre eux s'arrête il est dévoré par les autres et par le système totalitaire qu'il sert. Les "crises" des subprimes puis des "dettes souveraines" m'ont renforcé dans cette conviction.
Aujourd'hui l'enjeu de cette élection dépasse, et de loin, le renvoi de Sarkozy. Mais je comprends que certains, beaucoup si l'on en croit les sondages, se disent : ce sera une première étape indispensable. Et ils ont raison mais à une condition. Que nous ayons commencé à construire une posture et une situation de résistance.C'est pour cela que pour ma part je voterai Mélenchon au premier tour en espérant qu'il soit au second. Si ce n'est pas le cas, comme nous le disent les sondages, je voterai Hollande, sans hésiter mais sans illusions.
Que ceux qui pensent que l'on peut négocier, réguler, contrôler la finance votent Hollande, c'est logique. Par contre si votre conviction est qu'il faut la combattre face à face, alors ce cédez pas aux sirènes du "vote utile". Votez Mélenchon. Vous contribuerez à construire la posture et la situation de résistance sans laquelle la barbarie financière nous emportera.