La manifestation Raclette contemporaine ouvre une voie vers une idée de la cuisine un peu moins manichéenne.
Mais comment entrer dans le petit club des chefs inventifs, comment franchir les étapes qui vous mènent à être complets tous les jours parce que vous sortez du lot, que vous êtes un créateur et pas seulement un faiseur ? Réponse à Paris au Chateaubriand ? Non là, c’est une star qui est aux commandes, essayez le Chatomat.
Bien sûr il y a Beirut et Afrocubism, et d’autres nombreuses stars au Festival Les Suds à Arles, mais il y beaucoup plus : un travail de fond qui prend notamment la forme de stages, y compris de cuisine.
La petite BMW, modèle coupé décapotable garée à côté du restaurant, ramassée sur elle-même, nerveuse, aimant les reprises rapides dans les cotes, un peu cabossée, est à l’image de son propriétaire. Alexandre Gauthier n’aime pas freiner, pied au plancher, il met le feu à la cuisine contemporaine.
Ne dites pas à sa mère qu’il est cuisinier, elle le croit guitariste dans un groupe de rock.
Si, comme le soulignait Victor Hugo, « la forme, c’est le fond qui remonte à la surface », il est peu probable que vous achetiez ce livre consacré à Pierre Gagnaire, tant sa maquette est kitch. Vous auriez tort et passeriez à côté d’un portrait d’artiste à haute sensibilité ajoutée qui vous réconcilie avec l’humanité.
Nuno Mendes est portugais, a appris la cuisine en Californie, a fait un bref passage en Espagne chez El Bulli avant de trouver son bonheur à Londres où le 1erjanvier 2007 le Guardian titrait: «Nuno Mendes: the future of food».
A ma gauche, François Delarozière, plus connu du grand public sous le nom de : « le gars qui faisait les machines de Royal de Luxe », à ma droite Alexandre Gauthier, l’un des plus brillants cuisiniers de la nouvelle génération et au centre, un lieux emblématique d’une politique culturelle réussie, Le Chanel à Calais. Dîner de gala.
Vous ne rêvez pas, une jolie fille dans le monde ultra masculin du fooding, ça existe, une fois encore, c’est chez Noma à Copenhague et c’était au Omnivore Food Festival (OFF).
Dans ce monde là, il faut être sûr de soi, on dirait dans la plupart des cuisines, en avoir. RosioSanchez, du haut de ses 27 ans se permet sans l’ombre d’un tremblement dans la voix d’expliquer à René Redzepi, l’un des plus grands chefs du monde, la vie en pâtisserie.
Difficile de saisir le bonhomme si on ne regarde pas d’abord les données fondatrices de l’endroit de la planète où il a planté sa ferme restaurant, sa terre natale. Le village s’appelle Järpen, comprend environ 2000 habitants et est situé à 1000 kilomètres au Nord-Ouest de Stockholm.