
Contemporain de Truffaut, de Godard, Guy Gilles était un cinéaste poète passionné, un ange filant, comme on dit des étoiles, hors du temps et surtout de son temps. A la fin des années 60 et dans les années 70 où tout se devait d'être politique, il filmait le temps qui passe, la tendresse, l'ambiguïté et la nostalgie d'un pays perdu : l'Algérie. C'est dire, comme l'indique avec clarté le titre du film que lui consacre Gaël Lépingle, qu'il était "désaccordé". Et pourtant, cinquante ans après, les films de Guy Gilles continuent à émouvoir un jeune public de fans qui se réunit au gré de trop rares projections.