Je suis émerveillée les jours où la langue m’ouvre une porte inattendue vers un mot précis et juste, à la connotation si obscurément évidente en temps normal, que les natifs d’une langue maternelle usent sans réfléchir et sans se prendre la tête, mais aussi sans qu’ils soupçonnent leur bonheur.
Quand on est exilé à jamais, de gré ou de force, on risque de passer le reste de sa vie enfermé dans une forme d’expression verbale approximative.