Il y a deux ans, Philippe Marlière, maître de conférences en science politique à l'University College London, qui a beaucoup nourri l'argumentaire contre le traité constitutionnel européen, qui s'est beaucoup interrogé dans ses livres sur la social-démocratie, avait écrit à Martine Aubry pour expliquer pourquoi il quittait le PS pour rejoindre le NPA. J'avais alors publié sa lettre. Il me semble normal que je reproduise l'article qu'il vient de publier sur Rue 89 pour expliquer pourquoi il quitte le NPA. Je partage l'essentiel de ce qu'il exprime.
Comme tant d'autres camarades, je quitte le Nouveau Parti anticapitaliste sur la pointe des pieds. Je ne regrette pourtant pas de l'avoir rejoint il y a deux ans. Le NPA souhaitait se donner les moyens d'en finir avec l'hégémonie à gauche d'un Parti socialiste qui n'a tiré aucune leçon de la crise du capitalisme et qui vient de se rallier aux institutions monarchiques de la Ve République.
Le nouveau parti semblait le mieux placé pour rassembler une gauche de gauche, plurielle et unitaire. Il apparaissait le plus résolu dans son combat anticapitaliste, le plus à même de susciter un espoir dans les milieux populaires et chez les jeunes. L'objectif était ambitieux, aléatoire, mais réalisable.
Le « pari du grand parti » de la gauche anticapitaliste a, selon moi, spectaculairement échoué.
