"La guerre a pour elle l'antiquité : on l'a toujours vue remplir le monde de veuves et d'orphelins, épuiser les familles d'héritiers, et faire périr les frères à une même bataille". "La guerre est un trait de l'humanité, sa dénonciation un trait d'humanité"
En 1998 était publiée aux États-unis, quarante ans après sa sortie, une seconde édition du livre le plus célèbre de Hannah Arendt “The Human Condition”. L’introduction de Margaret Canovan à cette seconde édition américaine n’a toujours pas été traduite
Née en 1906, décédée en 1975, Hannah Arendt a été, selon la formule même de Hans Jonas, « une passagère du XXe siècle ». Elle en a éprouvé les douloureuses contradictions, celles-là mêmes que son œuvre tente d’éclairer. Des Origines du totalitarisme jusqu’à la Vie de l’esprit, en passant par la Condition de l’homme moderne, œuvres qui ont fait sa renommée, Hannah Arendt s’efforce de penser les nouvelles conditions politiques du « vivre-ensemble » dans un monde post-totalitaire où le progrès considérable de la technique et l’avènement des sociétés de masse mettent en péril l’existence de l’humanité dans son ensemble.
Pour tout lecteur de The Human Condition, paru en 1958 et traduit en 1961 sous le titre réducteur, La condition de l’homme moderne, le niveau du débat sur la “valeur travail », les 35h, le partage du travail ne peut être qu’affligeant. Comment peut-on 50 ans après réduire la vie des hommes au seul travail ?
Née en 1906, décédée en 1975, Hannah Arendt a été, selon la formule même de Hans Jonas, « une passagère du XXe siècle ». Elle en a éprouvé les douloureuses contradictions, celles-là mêmes que son œuvre tente d’éclairer.