Avant même l'envoi par l'Hadopi des premiers avertissements aux pirates impénitents, un sondage vient montrer à quel point le pouvoir dissuasif de la loi ne fonctionne pas. Le téléchargement illégal aurait en effet augmenté de 3% juste après l'adoption du volet répressif.
Dans son exercice de prospective sur la mise en oeuvre de la loi HADOPI, l'ISOC-France avait envisagé le déplacement des échanges de fichiers du réseau vers la rue. Eh bien voici qu'on nous propose l'exercice grandeur nature...
À y réfléchir, je crois que le gouvernement a voulu reproduire, avec la riposte graduée, le succès des radars. Les situation ne manquent pas, en effet, de points communs: petits délits généralisés et socialement acceptés.
Depuis de nombreux mois, les Majors de l’industrie du disque et de la distribution sont entrées en guerre contre le téléchargement illégal, avec l’appui du gouvernement. Ils tentent de rejeter la responsabilité de cette situation sur les utilisateurs et les fournisseurs d’accès Internet.
Lorsque l'industrie musicale s'en prend à ses clients pour tenter de faire survivre encore un peu un modèle économique périmé, lorsqu'une majorité confortable de nos parlementaires s'apprête à piétiner les libertés individuelles et le respect de la vie privée pour lui complaire, alors on se dit qu'il est peut-être temps d'abréger l'agonie de la bête, en allant voir ailleurs, tout simplement.