« Le réseau Facebook, créé il y a 6 ans, est désormais le n°1 mondial. Il dispose d’une communauté de près de 500 millions d’inscrits, qui téléchargent chaque jour de l’ordre de 100 millions de photographies. Le chiffre d’affaire a doublé entre 2008 et 2009, et il s’élèverait entre 600-800 millions de dollars ; peut-être est-il en train d’atteindre de nouveaux sommets pour 2010. Parmi les 10 sites les plus fréquentés du monde, Facebook est de loin le plus chronophage ; quand un internaute passe en moyenne 1h20 sur Google ou 1h30 sur eBay, il se connecte 6h par mois sur Facebook. Le phénomène des réseaux sociaux concerne évidemment la France puisqu’on estime à plus de 20 millions le nombre de Français inscrits sur le réseau communautaire et à plus de 8 millions celles et ceux qui s’y rendent quotidiennement, avec les moins de 24 ans qui représentent plus du tiers des inscrits » (Député Jean-Luc Warsman (1).)
La prise de la parole dans l'espace public est une responsabilité devant laquelle il faut chaque jour savoir hésiter. Avec internet, le développement des réseaux sociaux, la création à tout vent de blogs, l'étalage à outrance de l'intime sur la scène publique, l'heure est plutôt à l'économie de la parole tant il vole aujourd'hui, dans le monde virtuel, comme un brouhaha exalté par la revendication d'une liberté de penser réduite à la consistance d'un hypothétique droit de s'exhiber sans être jugé. Ce phénomène mérite de retenir l'attention car le règne du moi bouscule la séparation des espaces publics et privés sans prendre gare au fait que cette séparation structure l'intimité.