Français, de grâce, ouvrez les yeux.

Deux mois déjà que des milliers de Français sont dans la rue pour manifester leur détresse. Comment sont-ils reçus ? Que font gouvernant, forces de l'ordre, journalistes et autres ?

 

FRANCAIS, DE GRACE, OUVREZ LES YEUX.

 

 

Deux mois déjà que des milliers de Français sont dans la rue. Hommes, femmes, familles, retraités, handicapés. Pas pour leur plaisir. Non. Mais parce qu'ils n'en peuvent plus. Ils sont fatigués de se battre chaque jour pour survivre. Le fruit de leurs travail, pour ceux qui ont un travail, leur pension de retraite, leur allocation de travailleur handicapé ne suffit pas pour vivre dignement.

Ils sont dans la rue pour lancer un cri d'alarme, exprimer leur mal de vivre, leur colère aussi en voyant nos dirigeants se servir généreusement sur leurs impôts et dilapider l'argent du contribuables pour des futilités.

 

Et comment sont-ils reçus ?

On les ignore tout d'abord. On les méprise, on les insulte, on les chasse de leurs ronds points où ils trouvent un peu de réconfort, de la solidarité, de l'amitié, et pour les plus démunis de quoi manger. De la chaleur humaine aussi ou de la chaleur tout court près des feux de camps. Du soutien des gens qui s'arrêtent pour apporter du bois, à boire et à manger, de l'argent même quelquefois.

Et que font Messeiurs du gouvernement ? Ils font démanteler les ronds points. Ces lieux où ils pouvaient se retrouver, discuter entre eux, refaire le monde et espérer en un avenir meilleur.

 

Si ces dirigeants ne faisaient que cela. Non. Ils font bien pire. Quand les gilets jaunes, puisque c'est ainsi qu'ils se nomment manifestent, on leur envoie les forces de l'ordre avec des ordres dignes des pires dictateurs.

 

Ordres de les disperser et les faire disparaître par tous les moyens :

    • amendes

    • gardes à vues

    • ordres de laisser pénétrer les casseurs pour mettre les violences sur le dos des manifestants

    • ordres de les tirer comme des rats qu'ils soient pacifiques ou non en se servant :

    • des lances à eau

    • des gaz lacrymogènes (interdits)

    • des flashs balls tirés à tirs tendus (qui visent la tête, interdits)

    • des coups de matraques

et tout cela sans distinction aucune, et sans retenue.

 

Ces forces de l'ordre qui devraient défendre le peuple, le cogne, le blesse, le mutile à vie. Bleus, bosses, côtes et membres fracturés, traumatismes crâniens, yeux perdus, mains arrachées en essayant de se protéger. Les victimes se comptent par milliers depuis le début du mouvement, dans l'indifférence générale. Pire, on les accuse de tous les maux, on les traite de tous les noms.

On traite de lâche un homme qui frappe à mains nues un policier armé qui a maltraité une femme, mais on décore de la légion d'honneur un policier qui matraque un homme désarmé qui ne se défend même pas.

Samedi dernier à Strasbourg, un jeune garçon de quinze ans a eu la mâchoire fracassée par un tir de flash ball alors qu'il faisait simplement ses courses. Sa maman a porté plainte contre l'Etat.

Une car de policier a foncé sur des passants, volontairement, blessant cinq personnes, dont une dame gravement. Et pas un mot pour les 9 morts dans le camp des gilets jaunes, ces riens.

 

Normal tout cela n'est-ce pas ? Jusqu'où iront-ils ces indignes qui nous gouvernent ?

 

Et que font les journalistes pendant ce temps ? Du moins la plupart d'entre eux ?

Ils font tourner dans les journaux télévisés les images de violences commises certes par quelques gilets jaunes à la marge, mais surtout par les casseurs qu'on a volontairement laissés pénétrer dans les cortèges pour montrer à quel point ces gilets jaunes sont violent. Ce n'est pas le cas de la très grande majorité d'entre eux, mais quelle importance du moment que les français qui regardent la télé le croient. Ce qu'on voit à la télévision n'est il pas toujours la vérité ?

Eh bien non. Les images sont choisies et tronquées. On diffuse uniquement celles qui montrent des voyous commettrent leurs exactions.

Mais on ne montre pas celles des brutalités policières abusives où ce sont les policiers, gendarmes en uniformes ou en civils qui en sont les auteurs. Celles là sont soigneusement tues pour que les Français crédules ne les voient pas et ne soutiennent plus massivement ces gilets jaunes qui dérangent nos gouvernants parce qu'ils pointent leurs défaillances et leur incompétence.

Il faut les rayer du paysage, quitte à déclencher une guerre civile. Peu importe après tout, pourvu qu'ils gardent leur derrière au chaud et à l'abri et qu'ils puissent continuer à vivre grassement sur les deniers de l'Etat.

 

Vous pouvez être fiers de vous dirigeants, policiers, gendarmes, journalistes et même vous tous, qui laissez faire sans vous insurger et sans lever le petit doigt pour venir en aide à ceux qu'on massacre,parce qu'ils ont le culot de protester contre leurs conditions de vie innaceptables dans un pays aussi riche que la France.

 

Ceux qui ne sont pas les donneurs d'ordres, ceux qui les exécutent, ceux qui n'informent pas de ce qui se passe, ceux qui regardent et laissent faire, êtes tous aussi coupables les uns que les autres. Aussi coupables que ceux qui ordonnent, exécutent ou se taisent.

J'espère que votre conscience vous laisse dormir en paix.

Il arrivera pourtant un jour où vous devrez rendre des comptes, que ce soit dans ce monde ou dans un autre. Réfléchissez y, et si vous en êtes capables, si vous en avez le courage, réagissez. Il est encore temps d'éviter le pire.

Secouez vous, réveillez vos consciences et agissez en conséquence, à quelque place que vous soyez.

 

Croyez-moi, je préfère être à ma place de pouchassée avec une conscience tranquille, qu'à la vôtre.

 

Une gilet jaune venue de l'Est de la France, triste et révoltée.

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