Portfolio

Lionel Messi : son départ n’occulte pas que le Barça cultive le nationalisme !

À l’époque, l’argentin Diego Maradona a eu moins de chance. Il a particulièrement souffert du racisme généré par le nationalisme identitaire catalan. Un suprémacisme qui est entretenu à la fois par une bourgeoisie corrompue et corruptrice et par une idéologie fasciste, d’extrême-gauche qui s’enracine dans les années 30.
  1. Le vestiaire du Barça fut régulièrement miné par un noyau de nationalistes par conviction ou par confort tels que Pep Guardiola et Gerard qu’a décrit sur « RMC Sport » l’ex international français et champion du monde Emmanuel Petit : « Jamais, je ne pouvais imaginer ce qui se passait dans le vestiaire catalan, l’identité catalane, l’omniprésence nationaliste. Les étrangers, on était des seconds couteaux sauf les joueurs comme Rivaldo, capable de faire basculer un match à tout moment. « … » Je ne te parle pas du relationnel avec l’entraîneur ou avec certains jeunes comme Gavi, Xavi, Puyol, des garçons adorables. Mais avec le groupuscule que l’on connaît aujourd’hui car ils sont tous entraîneurs. »

    Et Emmanuel Petit, aujourd’hui consultant sportif sur les plateaux TV, d’ajouter dans l’émission « Le Vestiaire » : «Pendant des semaines et des semaines j’ai avalé des couleuvres, j’ai fermé ma gueule. Je me suis dit que peut-être avec le travail, l’humilité, certaines personnes changeraient à mon égard. Ça n’a jamais changé. C’était toujours de la soumission en permanence. Je savais qu’il y avait une difficulté pour certains étrangers à s’imposer, peut-être pour des problèmes culturels, de langue mais à aucun moment je pensais qu’avant de gagner un match, il fallait gagner, dans le vestiaire, un certain respect. On n’est pas dans une cour de prison, on est tous dans la même équipe. Ça va peut-être choquer certaines personnes mais moi j’ai vécu le racisme dans le vestiaire de Barcelone. Moi de temps en temps et certains joueurs assez souvent, notamment un joueur dont je ne citerai pas le nom. Le pauvre…» Précisons, que l’international français auteur du 3 à 0 de France - Brésil en juillet 1998 qui allait propulser la France championne du monde de football avait accompli trois saisons fructueuses avec Arsenal avant d’arriver au Barça, à l’été 2000. « L’aventure tournera court pour le champion du monde et d’Europe avec seulement 38 matches joués (1 but) sous la houlette de Lorenzo Serra Ferrer, éphémère entraîneur du Barça (2000-01). Le Français, lui, rebondira à Chelsea un an plus tard, avec succès. » Commente le « Figaro. » Le témoigne d’Emmanuel Petit ne fait que corroborer ce que nous savons depuis des décennies : le FC Barcelone a régulièrement été un outil politique et de propagande, malheureusement. Les hautes instances du football européen de l’UEFA n’ont cessé de rappeler le club à l’ordre. Le Barça, aujourd’hui, en faillite et endetté à hauteur d’un milliard d’euros n’a du reste pas manqué de financer la diplomatie parallèle du suprémacisme catalan qu’est Diplocat. Ceci est notoire et public. Il suffit de surfer sur le web de l’officine propagandiste qui a son siège à la Rambla 14 de la Cité de Gaudi pour retrouver le Barça très bien placé parmi les pourvoyeurs de fonds servant à passer sous silence l’existence de la majorité sociale catalane et espagnole non séparatiste et à discréditer l’image de l’Espagne, à l’international. Les supporters des Blaugranas apprécieront. Que d’hypocrisie pour les dirigeants d’un club qui fut déjà sauvé de la faillite à deux reprises par le dictateur Francisco Franco. Celui a du reste été médaillé à trois reprises à titre honorifique par le Barça. Ce nationalisme exacerbé qui pourrit le climat des affaires et qui détruit tant de famille dans l’autonomie catalane, en Espagne, l’argentin Lionel Messi s’est toujours appliqué à s’en tenir à distance. Pour preuves, il n’a jamais souhaité apprendre le catalan. Son contrat comprenait une clause de libération immédiate du club en cas de sécession de la Catalogne et il refusait de prendre la position et de chanter le champ séparatiste quand les dirigeants du club et de la Generalitat sécessionniste lui remirent la distinction de la Croix de la Sant Jordi. Pour sa part, le journaliste Francesc Moreno, pour « ElLiberal.cat », explique dans son éditorial « La decadencia del Barça, otro ejemplo de la decadencia de Cataluña » que le victimisme est devenu la marque de fabrique de la Catalogne nationaliste hégémonique : « Nous sommes les meilleurs, pour certains nous sommes supérieurs, mais l'ennemi extérieur, l'Espagne, et l'ennemi intérieur, quiconque n'est pas d'accord avec nous, sont la cause de tous nos maux. »

    Dans le cas de Messi, certains essaient de répéter le schéma. Mais la réalité est tellement écrasante que seuls les imbéciles ou les cyniques maintiennent la thèse du complot anti-catalans contre vents et marées. Le problème sous-jacent est que le déclin du FC Barcelone est le reflet du déclin de l’autonomie catalane. La détérioration de la classe dirigeante catalane, tant sur le plan économique que politique, remonte à loin. C'est l’explication à un processus autodestructeur, encouragé par des politiciens opportunistes et antipatriotiques. Il a permis qu’une bourgeoisie parasite le pouvoir politique. Incapable qu’elle est de voir au-delà des intérêts à court terme et de s'engager dans un projet ouvert pour un pays qui ne soit pas nombriliste et qui représente la société catalane dans son ensemble sans sectarisme.

    Au lieu d'affronter les problèmes, on cherche des stratagèmes pour les ignorer. Artur Mas a commencé le cycle avec sa candidature indépendantiste pour sauver son gouvernement de la désaffection causée par la crise économique et les coupes budgétaires. Mais ceux qui auraient pu l'empêcher, les institutions financières et les hommes d'affaires, ont joué le jeu en finançant l'indépendance, jusqu'à ce que la situation devienne incontrôlable. Les Puigdemont, Torra et Junqueras sont apparus. Quelque chose de similaire s'est produit avec le Barça. L’ex-président du club Bartomeu n’a peut-être que porté le coup de grâce. À voir, à présent, si le nouveau président Laporta, en acceptant, d’affronter la situation financière du club pour le moins preocupante - plus d’un milliard d’euros de dettes - et de se séparer du très onéreux Lionel Messi puisse être l’instant de la remise en question. Un nouveau chemin pour cette 17ème autonomie espagnole qui s’est engouffrée, à travers plusieurs décennies d’endoctrinement, de racisme et d’affaires criminelles dans l’impasse de la marginalité et de la violence. Il n'y a pas de pire patient que celui qui ne veut pas reconnaître sa maladie.

  2. Le FC Barcelone figure en forte position dans le financement du lobbyiste Diplocat qui a pour missions : déprécier l’image de l’Espagne à l’international et promouvoir l’autonomie catalane comme un État qu’elle n’est pas. 

  3. FC Barcelone - Borussia Dortmund 

    29 novembre 2019

    Le Barça n’est pas seulement un temple du football c’est aussi le temple d’un nationalisme identitaire

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.