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Prosélytisme sécessionniste, l’inertie des autorités et des médias

À l’heure où Macron et Castex se gargarisent d’une nouvelle loi contre les séparatismes, il est temps de regarder là où ça fait aussi mal. Le communautarisme et les atteintes graves et répétées à la cohésion sociale n’ont pas tous un parfum d’islam. Sur fond de clientélisme et de médias qui s’auto-censurent, les souverainistes catalans ne cessent de gagner du terrain dans les Pyrénées-Orientales.
  1. Le week-end dernier, plusieurs habitants; citoyens et contribuables français domiciliés dans les Pyrénées-Orientales ont décidé de dire stop à des situations surréalistes et répétées où des élus locaux et les médias ne cessent de faire l’apologie des sécessionnistes catalans et de quelques leaders auteurs d’une tentative de coup d’état et de malversations. Un des administrés indignés a eu ses commentaires censurés sur la page Facebook du média très orienté «La Semaine du Roussillon ». Quant à votre serviteur, il a vu son texte « Tout va très bien, Madame la marquise ? » censuré par la rédaction de Mediapart. Sans aucune forme d’explication. Il a pourtant été partagé des centaines de fois en trois jours sans que l’on me fasse part d’une seule doléance.
    Hors que cela soit par le biais de l’association suisse apolitique «Catalunya peuple d’Espagne » qui défend la majorité sociale catalane non séparatiste ou encore « Elne 2026 Nouvelle Force ! » pour ne mentionner que ces entités de la société civile, le mouvement d’indignés est en marche.
    Il aspire simplement à ce que la Constitution française soit respectée. Violer la Constitution, le marbre sur lequel repose la cohésion sociale, l’égalité et la protection de toutes et de tous n’est pas anodin et provoque des victimes. Dans l’autonomie catalane, en Espagne, elles sont plusieurs millions les familles catalanes et espagnoles qui ont tremblé et pleuré lors de la tentative de coup d’état sécessionniste de 2017. Parmi les nombreux témoignages reçus, il y a la lettre d’un père de famille habitant les environs de Perpignan qu’il a adressée samedi dernier au président Emmanuel Macron et au Premier ministre Jean Castex. Elle sera retranscrite ici-même, lors d’un prochain billet. L’accord de l’intéressé doit encore me parvenir.

    En attendant, il est utile de rappeler les articles premiers de la Constitution française et de les commenter :

    Article 1 (Modifié par LOI constitutionnelle n°2008-724 du 23 juillet ... - art. 1)

    La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales.

    Commentaires : « La France est une République indivisible» C’est plus qu’explicite. Pourtant ce même droit est publiquement et régulièrement nié à l’Espagne par les maires d’Elne Nicolas Garcia et d’Amélie-les-Bains Marie Costa. Comme si le voisin ibérique n’avait pas le droit de se défendre, au même titre que la République française. Un mouvement d’endoctrinés doublé d’un appareil séparatiste criminel ne représentant pas la majorité sociale catalane a tenté le tout pour le tout afin de arracher une partie significative de son territoire national et l’Espagne se fait taxer de dictature par quelques élus français. Face à ces attitudes irresponsables, les quelques courageux administrés qui s’indignent sont automatiquement fustigés et désignés comme des «fascistes ». Voire de «franquistes ». On est en droit de se demander où sont les fascistes. Le fascisme étant l’application totalitaire d’un dogme. Pourtant, ce sont bien des élus comme Nicolas Garcia et Marie Costa qui exhibent à tout vent la bannière étoilée sécessionniste nommée l’Estelada. Elle n’est reconnue par aucun des 195 États membres qui constituent le concert des Nations unies. Elle n’est pas même officielle en Catalogne. Elle identifie seulement les sécessionnistes et non pas la Catalogne ni la richesse de sa culture. Par contre, elle rappelle toutes sortes de discriminations et de manipulations tant sur les bancs d’école que jusque dans des livres d’histoires falsifiées. Quand on voit l’Estelada, on ne peut s’empêcher de penser aux tueries de masse perpétrées dans l’autonomie catalane, au cours des années 30, entre autre, par la formation d’extrême gauche «Esquerra republicana de Catalunya » ou communément connue sous l’acronyme ERC. Cette formation co-fondée  en 1931 par le sinistre assassin Lluís Companys ne dissimulait pas sa réelle sympathie pour Benito Mussolini. Ce fut également les premiers camps de concentration sur le continent. 

    Voilà ce que représente aussi l’Estelada. Alors quand une poignée d’élus français l’exhibe sous toutes ses formes... du masque anti Covid-19 à la bannière, en passant par le sac à main de Madame la maire jusqu’à la casquette, l’indignation des deux côtés des Pyrénées se comprend. 


    Article 2 (Modifié par Loi constitutionnelle n°95-880 du 4 août 1995 - art. 8)

    La langue de la République est le français. L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. L'hymne national est la "Marseillaise". La devise de la République est "Liberté, Egalité, Fraternité". Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

    Article 3 (Modifié par LOI constitutionnelle n°2008-724 du 23 juillet ... - art. 1)

    La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice. Le suffrage peut être direct ou indirect dans les conditions prévues par la Constitution. Il est toujours universel, égal et secret. Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques.

    Article 4 (Modifié par LOI constitutionnelle n°2008-724 du 23 juillet ... - art. 2)

    Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Ils contribuent à la mise en oeuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi. La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation.

    Commentaires : Aucun des articles constitutionnels précités ne prévoient que des élus locaux imposent l’enseignement obligatoire du catalan aux enfants de leurs administrés. Ni que le putschiste et fugitif Carles Puigdemont soit reçu en grande pompe avec des termes glorifiants tels que « Voici notre président ». C’est pourtant ce qu’il se passe dans les communes d’Amélie-les-Bains et Elne. Elles ne sont pas seules dans les Pyrénées-Orientales à s’être engagées sur la voie des territoires perdus pour la République. Pour reprendre la définition du renommé criminologue Xavier Rauffer. Précisons que quand Carles Puigdemont ou le propagandiste valencien Vincent Partal sont invités, avec les deniers publics, à Elne ou à Amélie-les-Bains, c’est aussi pour affirmer à l’assistance que... la France occupe illégitimement les Pyrénées-Orientales. Et les élus de la République précités applaudissent. Cherchez l’erreur !

  2. *Le prosélytisme de la maire Marie Costa.

    *Le prosélytisme désigne le zèle déployé afin de rallier des personnes à un dogme, une cause, une théorie ou une doctrine.

  3. En août dernier, la maire Marie Costa, déclare publiquement que l’Espagne est une dictature. Sans aucun argument qui puisse étayer ses propos. Celle qui impose l’apprentissage du catalan aux écoliers de sa commune a vraisemblablement mal avec le principe de précaution et le principe de réciprocité.

  4. Se livrer au prosélytisme à la faveur d’un mouvement insurrectionnel qui ne respecte ni la constitution ni la souveraineté territoriale de la France et de l’Espagne c’est peut-être... jouer avec le feu.

  5. Surréaliste ? Et pas qu’un peu ! Il existe plusieurs associations ainsi normalement inscrites à Perpignan et faisant la promotion pour la sédition de ce qu’elles appellent la Catalogne du Nord

  6. Le maire d’Elne Nicolas Garcia faisant l’apologie de Carles Puigdemont. Celui qui dit se trouver chez lui « en Catalogne du Nord » à chaque fois qu’il vient dans le Roussillon. Non sans rappeler que la France occupe illégitimement cette région.

  7. La maire d’Amélie-les-Bains Marie Costa présente Carles Puigdemont comme son président. On pourrait attendre de la part d’une élue de la République française qu’elle présente plutôt Emmanuel Macron comme son président.

  8. Elne, devant la symbolique Maternité suisse, jeudi 10 septembre 2020, l’élu Nicolas Garcia organise une concentration de sécessionnistes catalans. Il y fait venir le propagandiste Vincent Partal. Ce dernier rappelle dans son discours que la France occupe illégitimement les Pyrénées-Orientales.
    Sur place, m’entretenant avec les policiers assurant la circulation et l’accès au parc, ceux-ci me transmettent  leur étonnement d’être employés pour une manifestation qui ressemble plus à un événement privé financé avec les deniers publics qu’à un acte public dédié aux administrés de la commune d’Elne.

  9. La réaction d’une citoyenne des Pyrénées-Orientales face à la posture de la maire Marie Costa ouvertement pro sécessionniste catalane alors qu’elle visite une jeune classe de sa commune : « Je suis malgré tout étonnée que vous parliez d’autodétermination pour une région qui n’est pas colonisée. Par ailleurs, je m´interroge sur ce qui motive l’élue que vous êtes pour se présenter dans une école de la sorte. Tout d’abord en avez-vous le droit ? Puis, sur des jeunes enfants et des membres de l’éducation nationale, quel est l’impact que vous souhaitiez obtenir. L influence d’un séparatisme en perspective? En outre n'est-ce pas là un dépassement des limites de votre mission représentative? Que se passe-t-il si un parent est choqué pour des raisons propres de ce dépassement. Y avez-vous songé ? L’obligation de réserve, surtout dans une école, est de mise. Vous avez le droit à votre opinion, mais un devoir de réserve dans son expression au cours de votre exercice. » Muriel Lutz

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