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L’appareil séparatiste catalan criminel et ses liens en Suisse

Genève, vendredi 8 février 2019, 12:30; la coupole d’Esquerra Republicana de Catalunya - l’extrême gauche catalane - en provenance de Barcelone, vol EasyJet de 08:15, monte une action de propagande, sous l’impulsion de Marta Rovira à la place des Nations, devant le siège de l’ONU, sans autorisation, avec les complicités d’une journaliste de la TV3 et d’un cameraman de la RTS.
  1. Entretien exclusif avec Nicolas Klein*

    FM : Monsieur Klein, l’an dernier, Catalunya peuple d’Espagne, association suisse apolitique et sans aucun financement institutionnel, s’est consacrée à relever les faits produits par un nationalisme radical et suprémaciste dans l’autonomie catalane. Avez-vous eu l’occasion de suivre nos interventions ?

    Nicolas Klein : Bien entendu, je les ai suivies avec attention et intérêt. Je ne peux que saluer le travail de ses membres et dirigeants, plus que jamais nécessaire dans le contexte actuel. La propagande séparatiste catalane présente à l’heure actuelle des ramifications dans de nombreux pays, surtout en Occident (États-Unis d’Amérique et Europe), d’où le caractère indispensable d’une telle organisation. Elle permet en effet de débusquer, de dénoncer les mensonges et agissements peu recommandables de l’appareil indépendantiste.

    FM : Cette année, nous nous sommes centrés sur les activités de l’appareil séparatiste catalan en Suisse. Nous avons été stupéfaits par le nombre de complicités qu’on y trouve. Elles vont de parlementaires à des journalistes en passants par le milieu académique. Êtes-vous surpris ?

    Nicolas Klein: Je suis surpris tout en ne l’étant pas. Je m’explique. D’un côté, les autorités politiques suisses se caractérisent depuis des décennies, voire plus, par leur neutralité dans les affaires internationales et l’on aurait donc pu s’attendre à ce qu’elles ne se laissent pas séduire par le chant des sirènes séparatistes.
    D’un autre côté, néanmoins, ces élus et journalistes suisses sont loin d’être les seuls à se passionner pour la « lutte du peuple catalan opprimé ». On retrouve un phénomène similaire en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie et outre-Atlantique. Dans tous ces cas, il ne s’agit que d’une infime minorité.
    Dernièrement, par exemple, 52 députés français (sur les 577 élus de la chambre) ont signé dans la presse une tribune demandant à l’État central espagnol de cesser de « réprimer » les dirigeants sécessionnistes catalans actuellement en attente de la sentence du procès du printemps dernier. Notons que, parmi ces députés, l’on retrouve Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France Insoumise, qui proteste sur Twitter contre les élus indépendantistes corses lorsqu’ils refusent de s’exprimer en français… C’est plutôt cocasse.
    Dans chacun de ces pays, cependant, cette minorité est agissante et dispose parfois d’une visibilité bien supérieure à son poids objectif.

    FM : Comment comprendre cette douce bienveillance des autorités suisses à l’endroit de l’appareil séparatiste catalan alors que la Suisse n’a officiellement jamais reconnu une quelconque République catalane – du reste, aucun des 195 États que compte le concert des Nations ne n’a fait ?

    Nicolas Klein : Il existe à mon avis deux cas de figure (qui ne s’excluent pas forcément l’un l’autre).
    En premier lieu, l’on ne peut ignorer qu’il existe des personnes mal intentionnées dans tous les pays. Elles ont peut-être vu dans la problématique séparatiste catalane un moyen de faire avancer certaines idées peu avouables qu’elles nourrissaient déjà auparavant ou tout simplement un moyen de nuire. Il est même possible que certaines d’entre elles aient été soudoyées pour agir ainsi.
    En second lieu, je crois qu’il y a dans nos sociétés occidentales globalement riches une forme d’ennui politique qui trouve un exutoire dans une nouvelle « cause nationale » très proche (elle a l’Europe occidentale pour théâtre). Après tout, le romantisme n’est pas une attitude exclusive au xixe siècle et s’insurger contre une « oppression » réelle ou fantasmée est un dérivatif facile pour purger ses propres passions idéologiques. C’est bien là tout le problème : cette attitude se fonde généralement sur des connaissances très légères, voire une absence totale de connaissance des réalités espagnoles et catalanes. Mais ceux qui en souffrent sont dans un registre totalement émotionnel et ne sont que rarement sensibles aux contre-arguments rationnels.

    FM : Pensez-vous que d’autres États que la Suisse ont été pareillement infiltrés et sont eux aussi clé dans la stratégie séparatiste ? Si oui, lesquels ?

    Nicolas Klein : Comme je le disais plus haut, l’appareil séparatiste catalan cible en priorité des États occidentaux importants par la démographie, l’économie, la diplomatie et/ou l’influence culturelle et militaire. C’est somme toute logique, de leur point de vue : les sommes prélevées sur les deniers publics à des fins illégales (ou à tout le moins contestables) doivent être rentabilisées.
    Outre la Suisse, des nations comme la France ou le Royaume-Uni, par exemple, sont donc visées par la Généralité de Catalogne. Il s’agit surtout d’entretenir un réseau diplomatique parallèle à celui du Royaume d’Espagne ; de maintenir le lien avec des activistes ou journalistes proches de la « cause » ; de financer des associations culturelles et/ou politiques qui vont à leur tour organiser des manifestations autour de la question séparatiste (manifestations totalement partiales, bien entendu) ; ou encore de payer les voyages, conférences et rencontres des dirigeants séparatistes catalans à l’étranger.
    N’oublions pas non plus que des personnalités qui ont fui la justice – comme Carles Puigdemont, Clara Ponsatí ou Marta Rovira – doivent bien vivre de quelque chose dans leur « nouveau » pays. L’argent de tous les Catalans (et de tous les Espagnols) sert donc également à offrir à ces fugitifs un train de vie souvent confortable…

    *Entrevue publiée une première fois le 4 septembre 2019 sur le blog de François Meylan hébergé par le quotidien suisse « 24 heures »

    Nicolas Klein est professeur, auteur, conférencier et spécialiste de l’Espagne. 

     

  2. Les liens entre Carles Puigdemont et queques leaders jurassiens séparatistes laissent dubitatifs. Cette photo prise le dimanche 9 septembre 2018, à Delémont, démontre le danger qu’il y a de soutenir un appareil séparatiste qui ment; qui corrompt et qui est passé maître dans la manipulation des masses. Exemple : le drapeau fixé sur le mur gauche n’est pas celui de l’autonomie catalane en Espagne mais c’est l’Estelada. Soit la bannière de l’extrême gauche radicale catalane qui incarne le projet sécessionniste. Plus d’un média, par ignorance, utilise à tort ce drapeau inspiré de la révolution cubaine pour illustrer un article de presse sur la Catalogne.

  3. Quelques élus suisses se font « piéger » d’accepter l’invitation à Barcelone de Carles Puigdemont les 19, 20 et 21 avril 2017. Il est question d’une action d’endoctrinement mais surtout d’infiltration du gouvernement suisse. En juin suivant, le député Yannick Buttet qui a pris part au voyage déposera une interpellation à la faveur des séparatistes catalans. Soit quelques semaines avant la tentative de coup d’État des 6 et 7 septembre 2017. Selon Diplocat, les vols, l’hôtel a raison de 160 euros la nuit et les repas ont été payés par les contribuables catalans et espagnols.

  4. Le député socialiste jurassien Pierre-André Compte reconnaît publiquement avoir une relation privilégiée avec le putschiste Carles Puigdemont. Il organise son apologie à Delémont et est à son tour invité chez lui à Waterloo en Belgique.

  5. Lausanne, mai 2019, la « diplomatie » catalane séparatiste reconnue par aucun des 195 États onusiens débarque au Centre catalan de la rue de Genève 91. Ce lieu pour continuer à recevoir les subventions de la Generalitat séparatiste s’est fortement radicalisé depuis 2017. Les catalans non séparatistes l’ont finalement déserté.

  6. L’appareil séparatiste catalan a fait ce qu’il voulait en Suisse entre 2017 et 2019. Même en enfreignant lois et règlements. L’association apolitique suisse Catalunya peuple d’Espagne CPDE a recensé pour la seule année 2019 un acte de propagande toutes les deux semaines.

  7. Toujours sous l’influence de Diplocat, l’Université de Genève UNIGE reçoit en grandes pompes le leader belliqueux et suprémaciste Quim Torra. Celui-même qui déclare que l’ADN de l’Espagnol souffre d’une tare. On notera l’effet d’image. Une nouvelle fois, c’est l’Estelada qui est utilisée alors qu’elle ne représente pas officiellement la Catalogne. L’influence des professeurs Nicolas Levrat et de Mathieu Crettenand qui côtoient l’appareil séparatiste - ils ont reçu des mandats rémunérés - par le biais de Diplocat, d’ITW (Òmnium Cultural) ou encore la Generalitat n’est probablement pas étrangère à la posture de cette université qui dans les faits nie l’existence de la majorité sociale catalane et espagnole non séparatiste.

  8. « Je crois qu’il y a dans nos sociétés occidentales globalement riches une forme d’ennui politique qui trouve un exutoire dans une nouvelle « cause nationale » très proche (elle a l’Europe occidentale pour théâtre). Après tout, le romantisme n’est pas une attitude exclusive au xixe siècle et s’insurger contre une « oppression » réelle ou fantasmée est un dérivatif facile pour purger ses propres passions idéologiques. C’est bien là tout le problème : cette attitude se fonde généralement sur des connaissances très légères, voire une absence totale de connaissance des réalités espagnoles et catalanes. Mais ceux qui en souffrent sont dans un registre totalement émotionnel et ne sont que rarement sensibles aux contre-arguments rationnels. » Nicolas Klein Le comportement du politique genevois Rémy Pagani de se précipiter à Barcelone - avec quel argent ? - après la tentative de coup d’État pour appuyer les sécessionnistes illustre la réflexion du professeur Nicolas Klein. Quelques élus suisses trop confortables ont vu, à tort, dans l’antagonisme catalan l’occasion d’exister dans quelque chose qu’ils ont pensé « fun. »

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