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Portfolio 19 nov. 2020

Catalogne, le drapeau de la manipulation...

L’estelada est considérée comme le pavillon indépendantiste qui comporte généralement un triangle bleu sur le côté gauche avec une étoile blanche. Ce drapeau est probablement inspiré du drapeau cubain, qui reprenait lui-même les motifs de l’enseigne texane. Il s’agit donc d’un symbole récent, sans aucune réalité historique et très chargé idéologiquement

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  1. François Meylan

    Entretien avec Nicolas Klein, professeur, auteur, préparateur aux hautes études et spécialiste renommé de l’Espagne.

    FM : Les manifestations se succèdent dans les rues de Barcelone, tantôt pacifiques (contre la discrimination linguistique ou pour la valorisation du statut de policier) tantôt agressives quand elles sont l’« émulsion » des CDR et pseudo-indépendantistes. Comment voyez-vous les choses évoluer ?


    Nicolas Klein : Je doute que la pression retombe beaucoup en Catalogne. Face à l’échec actuel du mouvement indépendantiste et aux divisions au sein du camp séparatiste (l’on peut signaler un bloc formé par les radicaux de la CUP, une opposition entre PDeCAT et ERC et des dissensions au sein même du parti de Carles Puigdemont et Quim Torra), la base ne peut que s’échauffer, d’autant qu’elle est incitée à des actions illégales (et souvent violentes) par la Généralité elle-même.

    Beaucoup trop de militants sécessionnistes se sont mis à penser il y a des années déjà que la rue, les institutions régionales et l’espace public en général leur appartenaient. Ils supportent donc de moins en moins bien toute démonstration un peu trop visible de désaccord et je ne crois pas que cela s’arrangera à court et moyen terme.

    FM : Le drapeau de la Catalogne, connu populairement en catalan comme la senyera, est le drapeau traditionnel à quatre bandes horizontales de couleur rouge sur fond or, les anciennes couleurs du blason de la maison de Barcelone puis du blason de Catalogne et de la Couronne d’Aragon. Il est officiel depuis 1979. Par la loi, il doit être présent sur tous les bâtiments publics et lors de tous les actes officiels en Catalogne (article 8.2 du statut de l’autonomie). Pourtant, ce n’est pas celui-ci qui est brandi par la mouvance indépendantiste ?

    Nicolas Klein : Il existe aujourd’hui, en Catalogne en particulier et en Espagne en général, tout un débat autour de l’utilisation et de l’affichage des drapeaux et autres symboles, notamment en raison du défi séparatiste. La senyera est en effet le seul drapeau officiel et historique des comtés catalans mais il a rapidement été jugé trop neutre par les autorités et les militants indépendantistes puisqu’il ondoie sur le fronton des bâtiments publics depuis le retour à la démocratie dans le pays.

    Ils ont donc opté pour d’autres drapeaux, notamment l’estelada, considérée comme le pavillon indépendantiste et qui comporte généralement un triangle bleu sur le côté gauche avec une étoile blanche. Ce drapeau est probablement inspiré du drapeau cubain, qui reprenait lui-même les motifs de l’enseigne texane. Il s’agit donc d’un symbole récent, sans aucune réalité historique et chargé idéologiquement (contrairement à la senyera, qui représente tous les Catalans, indépendamment de leurs convictions politiques). C’est une des nombreuses façons que les séparatistes ont adoptées pour se distinguer du reste de la population de la communauté autonome et marquer leur rejet de leurs concitoyens « unionistes ». Les fameux rubans jaunes (lazos amarillos) font partie de la même catégorie de symboles.

    FM : En plus de l’estelada, drapeau indépendantiste catalan, et de l’estelada rouge, drapeau indépendantiste catalan à connotation de gauche radicale, on voit apparaître d’autres étendards dans les rangs des CDR. Quels sont-ils ?

    Nicolas Klein : Parmi les autres symboles utilisés par les Comités de Défense de la République (CDR) et plus globalement par les indépendantistes, l’on retrouve un drapeau noir flanqué d’une croix et d’une étoile blanches. S’il semble que ce pavillon soit originellement inspiré du drapeau pirate, il a une toute autre connotation historique puisqu’il a été utilisé pour la première fois en tant que symbole séparatiste par l’Estat Català de Daniel Cardona, organisation à la fois sécessionniste et ouvertement xénophobe et fasciste qui ne cachait pas son admiration pour l’Italie de Benito Mussolini.

    C’est justement à cette organisation et à son principal chef de file que Quim Torra aime se référer et auxquels il aime rendre hommage à intervalle régulier…

    FM : Doit-on s’inquiéter d’une telle revendication symbolique et idéologique dans les rues catalanes et tout ceci permet-il d’identifier qui sont exactement les mandants et mandataires du chaos recherché ?

    Nicolas Klein : Comme je le disais plus haut, tous ces symboles participent de l’appropriation de l’espace public par les secteurs séparatistes de la population, qui y sont ouvertement encouragés par la Généralité (alors que cette dernière a un devoir de neutralité en matière politique). Une telle attitude doit matérialiser plusieurs choses : le rejet de toute option opposée à l’indépendance; la configuration d’une hégémonie sociale et médiatique; l’intimidation de ceux qui oseraient avoir une opinion contraire ou même timidement catalaniste.

    Les troubles générés par le défi sécessionniste sont clairement la volonté des autorités de la Généralité, qui s’en servent pour faire pression sur le pouvoir central, affirmer leur hégémonie et masquer toutes leurs turpitudes (corruption, incurie et inaction parlementaires, mépris des droits de l’opposition, etc.)

    *Lausanne, dimanche 18 novembre 2018

  2. François Meylan

    Parmi les autres symboles utilisés par les Comités de Défense de la République (CDR) et plus globalement par les séparatistes, l’on retrouve un drapeau noir flanqué d’une croix et d’une étoile blanches. S’il semble que ce pavillon soit originellement inspiré du drapeau pirate, il a une toute autre connotation historique puisqu’il a été utilisé pour la première fois en tant que symbole séparatiste par l’Estat Català de Daniel Cardona, organisation à la fois sécessionniste et ouvertement xénophobe et fasciste qui ne cachait pas son admiration pour l’Italie de Benito Mussolini.

  3. Pierre-André Comte

    En Suisse, dans le canton du Jura, le député socialiste Pierre-André Comte affirme être un ami des catalans. Dans les faits, c’est totalement faux. Il n’est ni ami des catalans ni de la cohésion sociale. Il se retrouve dans la véhémence des séparatistes catalans et du putschiste Carles Puigdemont. C’est l’estelada qu’il expose derrière lui et non la senyera historique synonyme de la riche culture catalane et espagnole et du vivre ensemble.

  4. François Meylan

    Jeudi 10 septembre 2020, à Elne, Pyrénées-Orientales, le maire de la cité fait la promotion des séparatistes catalans et de l’estelada devant la Maternité suisse.

  5. Politeïa

    L’extrême gauche catalane est par essence totalitaire et le revendique.

  6. Politeïa

    Ennemie de l’Espagne comme de la France, la gauche républicaine catalane incarnée principalement par l’Esquerra Republicana de Catalunya ERC est organisée en 12 fédérations qui lorgnent tant sur le Roussillon; sur la Communauté de Valencia; sur Aragon ou encore sur l’archipel des Baléares. Le mouvement est expansionniste et a le temps long.

  7. Catalunya peuple d’Espagne CPDE

    Genève, lundi 14 octobre 2019, les séparatistes imposent aussi l’estelada dans les rues de la Cité de Calvin. Une occupation idéologique omniprésente qui vise à effacer de l’opinion publique l’existence de la majorité sociale catalane et espagnole non séparatiste.

  8. François Meylan

    Samedi, 8 septembre 2018, place de la Gare, à Berne, Suisse, l’estelada est imposée par la fugitive Marta Rovira et ses acolytes. La stratégie propagandiste a souvent constitué à associer l’estelada au drapeau suisse. La manœuvre étant d’associer les valeurs démocratiques respectives. Dans les faits, les séparatistes catalans ne partagent en rien la culture démocratique helvétique.

  9. François Meylan

    Ce cliché illustre bien les deux camps qui s’affrontent dans les rues de l’autonomie catalane en Espagne. À gauche, sur l’édifice public on voit la serenya officielle représentant tous les catalans et la cohésion sociale. Sur le bâtiment au fond à droite on aperçoit l’estelada séparatiste.

  10. Assemblée nationale catalane (ANC)

    Lo lobbyiste ANC, environ 30’000 membres, est une autorité morale au sein de l’appareil séparatiste. Il cautionne, planifie, organise et adoube ou non. L’opérationnel étant souvent assuré et financé par d’autres officines. L’ANC, depuis sa création en avril 2011, use et abuse de l’Estelada, dans sa logique de confrontation avec l’Espagne et d’exclusion médiatique de la majorité catalane non séparatiste.

  11. François Meylan

    Perpignan, le 29 février 2020

  12. François Meylan

    Catalogne, le 29 février 2020

  13. François Meylan

    Barcelone, le 11 septembre 2019

  14. François Meylan

    Catalogne, le 29 février 2020

  15. François Meylan

    Barcelone, plaza Cataluña, le 2 mai 2018

  16. LaSilenciosa

    Lors de l’attaque de la délégation du Gouvernement à Gérone par les CDR

  17. François Meylan

    Au siège de l’Assemblée nationale catalane (ANC) à Barcelone, carrer de la Marina 315

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