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Séparatisme catalan : Urquinaona la manif des gosses de riches

Quand on voit et on entend ces gens qui ont le privilège de vivre dans la démocratie de l’Union européenne la plus décentralisée et la plus permissive arracher et brûler le drapeau espagnol en criant : « dehors les forces d’occupation », il est difficile de contenir le malaise. Ils nous font honte. Et de penser aux peuples dans le monde qui sont réellement opprimés.
  1. Mercredi 14 octobre 2020, à 20:00, la manifestation séparatiste convoquée, par le biais de Telegram, par «Anonymous Catalonia » dans les rues de Barcelone a bien eu lieu. Malgré les fortes pluies matinales et l’annonce dans la journée par la Generalitat séparatiste de la fermeture des bars et des restaurants dans toute l’autonomie catalane pour deux semaines à partir du jeudi minuit, suite à une hausse exponentielle du nombre des contaminations COVID-19. Incohérence qui n’échappera pas à l’attention du député européen le catalan Jordi Cañas Pérez qui twittera, le lendemain, le ridicule d’empêcher sur l’autel des mesures sanitaires les cafetiers à travailler et autoriser que des centaines de manifestants soient les uns sur les autres des heures durant dans les rues de la capitale. De plus pour beaucoup, animés par l’intention de saccager. Les gens de l’association suisse apolitique dénonçant le suprémacisme  « Catalunya peuple d’Espagne CPDE » ont infiltré l’événement. La place est pleine. On estime les manifestants et autres CDRs - les sulfureux Comités de défense de la République - à plusieurs centaines voire à quelques milliers d’individus. Auxquels sont mélangés journalistes et samaritains. Le ton est d’emblée donné. Ce ne sera en rien pacifique. Dès 20:20, la manifestation fait mouvement direction la vía Laietana, longue de quelques 1100 mètres, et de son commissariat de police. Les premiers drapeaux espagnols rencontrés en chemin sont arrachés et incendiés. Des slogans comme « Fuera, fuera las fuerzas de ocupación » sont scandés. La Brigada Móbil (Brimo) de la police de l’autonomie les Mossos d’Esquadra a quadrillé le secteur. Ils sont comparables aux Compagnies Républicaines de Sécurité françaises (CRS). Embarqués dans leurs fourgons Mercedes Sprinter, feux bleus allumés, les unités de la Brimo encadrent le déploiement de CDRs. Ils les préviennent à plusieurs reprises, à l’aide des hauts-parleurs placés sur les véhicules d’intervention, d’observer les mesures de distanciation sociale - COVID 19 oblige - et plus tard de charges imminentes quand les saccages commenceront : poubelles éventrées; containers retournés et incendiés; tags sur les immeubles et vandalisme; détérioration du mobilier des terrasses des restaurants de la Rambla. 
    Dès 22:00, les premières interpellations ont lieu. L’épicentre des confrontations se polarise sur la mythique plaça de Catalunya. C’est à ce niveau que l’équipe de l’association « Catalunya peuple d’Espagne CPDE », se trouvant entre les jets de pavés d’une part et les coups de matraques de l’autre s’exfiltre. 
    Malheureusement, ce type de soirée animée par les casseurs et la propagande séparatiste est devenue courante dans la Cité de Gaudi.
    Je rebondis sur l’article de Nico Salvado, cofondateur d’Equinox Radio, éditorialiste et animateur radio, publié le 18 octobre dans «equinoxmagazine.fr » : « La bataille d’Urquinaona : le jour où Barcelone a sombré dans la violence. » Il écrit, en substance, « 18 octobre 2019. Le jour où l’indépendantisme catalan a perdu son pacifisme pour sombrer dans une violence que Barcelone n’avait pas connu depuis 80 ans. »

    Nico Salvado, tout comme la ligne éditoriale d’Equinox, en général, a souvent adopté une posture ambiguë vis-à-vis du séparatisme catalan. Un mouvement qui ne partage en rien nos valeurs de cohésion sociale. Propres à nos démocraties occidentales. De surcroit, qui s’articule autour de composantes suprémacistes et criminelles. On comprend que les médias qui comptent sur le chiffre d’affaires généré en recettes publicitaires par une Generalitat séparatiste* puissent être empruntés pour aborder quelques sujets.
    Le fait que la « Diada » - la fête catalane du 11 septembre - ait jusqu’ici été organisée sans heurt ne signifie en rien que les mouvements nationalistes et sécessionnistes soient pacifiques. Qu’ils soient inspirés du totalitarisme des exécutions expéditives du sinistre Lluís Companys et de l’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), durant les années 30, ou plus récemment par une certaine  bourgeoisie corrompue et corruptrice incarnée par des personnages tels que Jordi Pujol, Artur Mas et Cie. 

    *Financement d’Equinox https://www.equinoxmagazine.fr/qui-sommes-nous/

  2. La convocation pour le mercredi 14 octobre 2020. Notons qu’Anonymous Catalonia appelle quotidiennement à la haine et à la confrontation. L’association suisse apolitique et bénévole « Catalunya peuple d’Espagne CPDE » a fait fermer le compte Twitter d’Anonymous Catalonia à l’autonome 2018. Après qu’Anonymous, opérant depuis l’Allemagne, ait largement diffusé une liste comprenant les noms de 80 « ennemis » de la fantasmagorique «République catalane. » Votre serviteur figurant parmi les « parias. »

  3. Les drapeaux espagnols de la Via Laietana sont arrachés et brûlés.

  4. Les premiers drapeaux sont incendiés. Rappelons que la majorité sociale de l’autonomie catalane se sent aussi bien espagnole que catalane.

  5. Un cordon policier composé essentiellement de Mossos d’Esquadra protège le commissariat de la police nationale de la Via Laietana 43. Pour rappel, ce commissariat avait été pris d’assaut durant six heures durant le soir du 18 octobre 2019. Les CDRs avaient alors infligé des blessures sévères à plusieurs policiers. Une partie de ceux-là souffrent aujourd’hui encore de séquelles graves.

  6. Sans autorisation, les séparatistes occupent la Ronda Litoral. Coupant ainsi tout trafic routier. Ils s’y redéploient. Les meneurs reprennent le lead. 

  7. Les saccages ont lieu le long de la Rambla jusqu’à la plaça de Catalunya où les CDRs lanceront des pierres et autres projectiles sur les forces de l’ordre.

  8. Carrer de la Portaferrissa, comme pour la Rambla, toutes les poubelles ont été éventrées.

  9. Un mouvement qui s’est construit sur le mensonge; sur la manipulation et le vol ne peut être pacifique.

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