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Portfolio 21 janv. 2021

Que dirait George Orwell du journal « L’Indépendant » à Perpignan ?

Tout au long de l’année, ce journal des Pyrénées-Orientales nous bassine avec la Catalogne du Nord; avec l’estelada; avec Carles Puigdemont qui serait un saint; avec des pseudos prisonniers politiques en Espagne etc et etc À croire que ce quotidien est le porte-parole des sécessionnistes catalans

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  1. François Meylan

    Assurément, George Orwell dirait au sujet de «L’Indépendant » de Perpignan : la vérité ne compte pas, on la fabrique. L’écrivain britannique en a vécu l’amère expérience à son retour de Catalogne. Humaniste, foncièrement de gauche et idéaliste, il a combattu le franquisme sur le front de Saragosse (Aragon), au cours de l’hiver 1936-1937. Bien que blessé par une balle de fusil qui lui traversa la gorge... miraculeusement sans laisser de séquelles, c’est dans son propre camp qu’il fut pris à partie. Par les républicains pilotés par le stalinisme et animés par une gauche de salon. Ils étaient tous plus préoccupés par les intrigues et les luttes intestines que par le combat que menaient les braves sur le front de la lutte contre le fascisme. George Orwell a fuit la Catalogne, après les sanglantes journées de mai 1937, qui ont vu Barcelone étripée par les tueries fratricides. Orwell s’était engagé au profit du POUM, une formation marxiste. Au nom d’un idéal, celui d’une société sans classe. Revenu du front, suite à sa blessure, il fut menacé de mort par ses ex-camarades républicains et ceux de la Generalitat. Ces derniers se débarrassant des anarchistes; des membres du POUM et de tout ce qui pouvait faire de l’ombre. Rentré in extremis en Angleterre, il constata avec effroi que cette même gauche intellectuelle dont se méfiaient les classes ouvrières diffusait en Espagne et sur le plan international une propagande pour justifier les exactions. Des mensonges pour légitimer les épurations, les exécutions sommaires. Expliquer la nécessité d’avoir abattu d’une balle dans la tête de nombreux ex camarades alors qu’ils se trouvaient dans leur cellule Orwell compris que cette gauche bobo et communiste avait acquis de nombreux médias à sa cause. C’était tendance. Cela paraissait romantique et c’était à la mode. Tout dans le paraître et rien dans l’être. Que la vérité n’avait pas d’importance. Celle-ci étant écrite par le plus fort. Que finalement les anti fascistes devenaient les fascistes et vice-versa.

    À Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, le quotidien «L’Indépendant » écrit, lui aussi, sa vérité.

    Avec «L’Indépendant», le putschiste et fugitif Carles Puigdemont devient une star. La bannière révolutionnaire étoilée l’estelada - qui n’est dans les faits ni officielle ni reconnue par un seul des 195 États qui siègent aux Nations Unies - est régulièrement, à tort, imposée par le quotidien comme l’étendard des catalans. Toujours selon «L’indépendant », il y aurait des prisonniers politique en Espagne. Pays dans lequel, pourtant, les formations séparatistes évoluent en toute liberté. Elles sont même subventionnées par le gouvernement central, avec l’argent de tous les espagnols. Alors qu’elles divisent et sapent la cohésion sociale. Une situation difficilement imaginable si l’Espagne était vraiment le monstre qui enferme les gens pour délit d’opinion. Ce qui diffament quelques sécessionnistes et leurs acolytes étrangers. Qu’ils soient politiques ou académiques. Plus corsé encore, le journal qui nous occupe mentionne régulièrement la Catalogne Sud et la Catalogne Nord. Une vue de l’esprit, une fois de plus, qui ne s’appuie sur aucune légitimité. On se trouve aux antipodes du droit d’informer et du devoir de chercher la vérité. 
    Le week-end dernier, par l’intermédiaire de son journaliste Jean-Michel Salvador, le journal nous apprenait que la Communauté de Valence fait partie de la Catalogne.
    Voir les photos des couvertures et les titres en annexés à ce billet. Est-ce que « L’Indépendant » souhaite ainsi réaliser, du moins sur le papier, le fantasme des valenciens et propagandistes Vincent Portal et Joan Foester ? Une autre vue de l’esprit ne reposant sur aucune réalité historique. Une invention du milieu des années 60... les «Pays catalans».
    Soit une aire souverainiste qui s’étendrait de la Communauté de Valencia jusqu’au Rousillon inclus. Qui comprendrait le sud d’Aragon et les îles Baléares. Puigdemont ne manque pas une occasion de scander que le Rousillon c’est chez lui. Que la France l’occupe illégitimement. Notons aussi que la formation de gauche totalitaire au passé fasciste «Esquerra republicana de Catalunya » - connue sous l’acronyme ERC - est organisée en douze fédérations dont l’ensemble couvre les fantaisistes « Pays catalans ». Produit amère de l’imagination féconde de l’écrivain valencien Joan Fuster. Germe d’endoctrinement et de divisions. Les couvertures de page et les mots employés par « L’Indépendant » ont des conséquences. Entre autre, celle de marteler encore et encore les mêmes mensonges. Au bénéfice d’un courant sécessionniste, à la mode certes, mais qui ne représente ni l’ensemble des catalans ni les valeurs démocratiques habituellement adoptées sur notre continent. 
    Qu’il n’en déplaise au journal de Perpignan, les sécessionnistes catalans même s’ils sont plus bruyants et plus remuants que les autres n’ont jamais représenté la majorité sociale en Catalogne. Il n’existe légalement ni Catalogne du Sud ni Catalogne du Nord. Mais une autonomie espagnole qui se nomme la Catalogne. Celle-ci comprend 7,5 millions d’habitants dont la majorité ne sont en rien séparatistes. Ils ont souffert une tentative de coup d’état. Avec le traumatisme de se retrouver expropriés et étrangers, du jour au lendemain, dans leur propre pays. Chaque fois que «L’Indépendant » assène ses fausses vérités, il insulte et il humilie des millions de familles catalanes. Toutes celles qui se reconnaissent pas dans les velléités sécessionnistes.
    Le budget de l’autonomie catalane est plus élevé que celui des treize régions françaises réunies. L’autonomie catalane dispose de plus de prérogatives qu’un canton suisse. Elle fait ce qu’elle veut de l’éducation. Ce qui n’est pas possible en Suisse. La Catalogne a son drapeau officiel depuis 1978. C’est la senyera. Dépositaire des riches héritages de la couronne d’Aragon et de la maison de Barcelone. La senyera a le mérite de représenter toute la population catalane. Contrairement à l’estelada révolutionnaire au passé communiste qui n’illustre que les sécessionnistes; le racisme; le suprémacisme; l’exclusion et la tentative de coup d’état de 2017.

    Dans les médias - quatrième pouvoir essentiel à la formation d’une opinion libre - on distingue les journalistes, par vocation, qui connaissent et observent la Charte de déontologie de Münich. Celle-ci prescrit comme premier devoir la recherche de la vérité quelqu’en soit le prix à payer. Il y a les autoproclamés journalistes d’opinions, à la mode en ce moment. Dont la posture confortable permet de balayer d’un revers de main toute vérité autre que la leur. Il y a aussi le communiquant. Il est généralement mieux rémunéré que le journaliste. Et il y a le propagandiste. Qui sur l’autel du clientélisme ou sous l’influence d’avantages pécuniaires ou non va jusqu’à asséner de fausses vérités. Le financement des pages de publicités dans le but d’influer une Rédaction entre dans cette catégorie. 

    Que dirait George Orwell de «L’Indépendant» de Perpignan ? 

  2. L’Indépendant

    Régulièrement, l’association suisse apolitique dénonçant les dérives du nationalisme et le suprémacisme «Catalunya peuple d’Espagne » intervient auprès du journal pour faire changer les illustrations ou certains intitulés. L’estelada, ici à l’image, ne représente pas la Catalogne ni les catalans dans leur ensemble mais seulement les sécessionnistes et de multiples discriminations dont ils ont la paternité. 

  3. L’Indépendant

    La Communauté de Valence est l’une des dix-sept autonomies espagnoles. Elle a sa provee langue. Elle sa propre culture. Elle fut jadis un royaume. Ce qui ne fut jamais le cas de la Catalogne et aucune n’appartient à sa voisine. Propagande ou erreur d’attention ?

  4. L’Indépendant

    La Catalogne Sud n’existe pas. 

  5. L’Indépendant

    Il existe une grande quantité d’images disponibles pour illustrer cette information. Sans toujours imposer l’estelada sécessionnistes et ainsi créer l’amalgame: catalans - estelada - sécession

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