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Catalogne : la faillite morale de Ciudadanos (C’s)

Le parti politique Ciudadanos (C’s) fut mobilisateur. Porté durant une quinzaine d’années par de nombreuses petites mains qui se confrontaient au nationalisme et au racisme dans l’autonomie catalane. Libéral, C’s promettait le salut. Lamentablement, ses leaders se sont laissés séduire par la politique spectacle, sans réel projet. Ne servant que leurs egos... le vide, la chute !
  1. *Le 12 mars 2021, un article publié dans le média digital de Sergio Fidalgo « El Catalán » a frappé tel un pavé dans la marre du petit monde « constitutionnaliste » catalan. Les vagues risquent de provoquer un vrai tsunami dans pas longtemps. L’auteur du texte n’est autre que Pau Guix, écrivain, metteur en scène et chroniqueur catalan. Précisons : non séparatiste. Pau que j’ai l’honneur de rencontrer dans la Cité de Gaudi en septembre 2019 ne va pas par quatre chemin avec les leaders du parti du centre-droite d’origine catalane Ciudadanos (C’s). La formation politique fondée à Barcelone en 2006 a fait de la lutte contre le nationalisme identitaire et raciste catalan son fonds de commerce. Jusqu’à atteindre son apogée le 21 décembre 2017, en devenant le premier parti de Catalogne, au terme des élections régionales. Ce fut une claque de plus infligée à l’appareil séparatiste. Seulement voilà, deux ans et demie après, la formation orange ne plus rien. Son président emblématique Albert Rivera a démissionné déjà après la première débâcle des régionales du 10 novembre 2019. D’autres ténors du parti ont pris la porte. Alors que dans son fief naturel Barcelone C’s n’est que l’ombre de lui-même, sur le plan nacional, sa présidente Inès Arrimadas, l’habituée de la politique spectacle, s’accroche au pouvoir. Refusant d’accepter le fait que depuis de trop longs mois elle n’est pas la solution mais le problème. Le voile s’est effacé. La jeune avocate qui, il y a encore peu, amusait la gallerie en ridiculisant l’ex président de la Generalitat le supremaciste Quim Torra; celle qui faisait mine d’être solidaire des petites mains anonymes qui sacrifient leurs nuits à libérer l’espace public de tout symboles sécessionnistes - les fameux lazos - un samedi matin par beau temps, devant un parterre de journalistes, ou encore celle que prétendait avoir besoin d’une escorte lors de ses déplacements dans l’autonomie catalane - escorte qui disparaissait aussitôt quand elle allait boire la caña dans les bars séparatistes de l’arrière pays, en compagnie de son conjoint et de ses amis sécessionnistes, avec l’estelada en arrière plan, ne fait plus illusion. Inès Arrimadas a été submergée par son ego. Comme beaucoup de « constitutionnalistes », entre guillemets, elle n’a pas servi la cause de la liberté et de la justice elle s’est servie de ladite cause pour briller et nourrir son ambition politique. Et pour se maintenir à la tête de la formation orange, Inès n’a gardé que les seconds couteaux qui sont à son image. Celles et ceux qui n’ont pas l’envergure pour la contrarier ni la gêner. 

    Le diable se cache dans les détails... 

    J’ai moi-même testé Ciudadanos (C’s). Via le site Internet principal du parti, j’ai tenté de le contacter à plusieurs reprises entre 2018 et ce printemps. Résultat : aucune réponse. J’ai également sollicité une entrevue directement à Inès Arrimadas, par l’entremise de son adresse e-mail... aucune réponse. L’implémentation à l’étranger, à l’instar des formations de droite telles que le PP et Vox, il n’y en a pas. Hors on ne peut lutter efficacement contre l’appareil séparatiste catalan dont plus de la moitié des actions de propagande et d’achat d’influences se passent à l’extérieur de la Catalogne sans être présent aussi à l’étranger. 
    Le 19 décembre 2018, j’ai bel et bien été reçu au Parlement de Catalogne, par l’ex-députée Susana Beltran - voir photo de couverture. Mais elle n’a jamais manifesté aucun intérêt pour les investigations et actions de l’association « Catalunya peuple d’Espagne » qui ne cesse de dénoncer sur le plan suisse et européen la guerre de la communication que livre l’appareil séparatiste à l’Espagne. J’ai cru un temps qu’elle bagarrait sérieusement contre le sécessionnisme catalan. Récemment, j’ai appris de la part d’un journaliste suisse du quotidien « La Liberté » que quand elle a eu l’occasion, les 19, 20 et 21 avril 2017, de dénoncer les méfaits de l’appareil séparatiste catalan auprès de quatre parlementaires suisses invités par Diplocat à Barcelone pour visiter l’ex-président Carles Puigdemont elle n’en a rien fait. Elle a pourtant partagé le repas officiel avec les députés suisses et la visite du Parlement. La photo de l’événement a servi à illustrer le rapport d’activités 2017 de Diplocat. Susana Beltran y pose aux côtés des sécessionnistes Carme Forcadell, Carles Puigdemont et des quatre visiteurs suisses. Une est aujourd’hui la ministre suisse de la défense; une autre est sénatrice et un est ministre du canton du Valais. Pourquoi Susana Beltran s’est tue alors que s’offrait à elle l’opportunité rêvée de faire entendre la voix constitutionnaliste à l’extérieur ?C’est malheureusement aussi cela Ciudadanos... des lignes de démarcation pas claires voire poreuses entre séparatistes et constitutionnalistes. Dans les faits, C’s est à l’image de beaucoup de « constitutionnalistes » entre guillemets : beaucoup de théâtral pour des résultats effectifs très relatifs. Il suffit d’observer l’évolution de la situation entre 2012; 2015; 2017 et aujourd’hui. La posture du vieux couple avec le séparatisme du je t’aime moi non plus ou alors d’un pas devant pour deux derrière ne stope en rien la machine séparatiste ni même ne la ralentit. 

    **Le témoignage de Pau Guix 

    « (...) Je parlerai des adversités que le constitutionnalisme a subies en Catalogne au cours des 40 dernières années et de la façon dont le seul outil politique qui aurait pu vaincre le nationalisme vient de sombrer irrémédiablement dans la nuit de l'oubli et de son indéniable similitude avec l'essence du livre, Requiem pour un rêve (1978). Dans le roman de Selby Jr., les utopies induites par la drogue dont souffrent les quatre protagonistes sont brisées à mesure que leur dépendance s'aggrave. Le succès peut être une drogue puissante qui peut obscurcir le sens de la réalité même de la personne la plus brillante, et c'est ce qui s'est passé avec Ciudadanos : le succès électoral de autonome 2015 en Catalogne ; la triomphante victoire du 21 décembre 2017 et les 57 sièges obtenus lors des régionales du 28 avril 2019 ont fait perdre de vue le pour quoi Ciudadanos est né. Soit surmonter le nationalisme en Catalogne et aider à la gouvernabilité de l'Espagne avec une loyauté absolue envers l'État et ses institutions. »

    Et d’ajouter : « L'effondrement électoral de Ciudadanos le 14 février dernier, dans son fief d'origine l’autonomie catalane, où s’est inscrite sa principale raison d'être, a conduit à la perte de 30 députés. Pour n’occuper plus que 6 sièges au Parlement catalan. La débâcle pour Ciudadanos initiée déjà lors des régionales du 10 novembre 2019 s’est poursuivie. Et malgré l'apparition d'un troisième parti non-séparatiste au Parlement, c’est-à-dire Vox, la somme des anti-séparatistes chute de 40 à 20 députés. C'est un désastre absolu pour la démocratie et la cohésion sociale. Je n'inclus ni les Comuns ni le PSC dans ce groupe de constitutionnalistes. Dans le cas de Comuns, il est évident que la maire de Barcelone Ada Colau et son acolyte Pablo Iglesias favorisent la logique sécessionniste. Et dans le cas du Parti socialiste catalan (PSC) - c'est un parti que je connais bien pour y avoir milité pendant plusieurs années et parce que je suis d'accord avec Salvador Illa dans son appréciation que le PSC n'est pas le PSOE. C’est un parti catalan et catalaniste, raison pour laquelle Illa en est fier mais c’est aussi la raison pour laquelle je l’ai quitté, pour rejoindre Ciudadanos, en 2012. Cherchant à réaliser ce que le socialisme catalan avait lamentablement échoué: 1) en tant qu'internationaliste, avoir combattu ce régionalisme clientéliste; xénophobe; suprématiste et excluant qu'est le nationalisme et 2) en tant que social-démocrate, avoir procédé à la construction sociale de la région de Catalogne au lieu de cimenter un nationalisme exacerbé.(...) »

    « Par ailleurs, je tiens à partager l’observation faite par la politique Cayetana Álvarez de Toledo, avec qui je peux être d'accord sur certaines choses et pas sur d'autres, mais dont j'admire toujours la prose et l'intelligence, a résumé en une seule phrase ce qui s'est passé le 14 février lors d’une entrevue accordée au quotidien « El Mundo » : «Une société moralement, politiquement et culturellement dévastée a plébiscité une nouvelle fois les responsables de la crise sanitaire et du séparatisme. » Une société qui s'est effondrée dans sa représentation politique, puisque pratiquement la moitié des Catalans appelés aux urnes se sont désengagés face à l'insoutenable légèreté de ne plus se sentir représentés et face à la trahison de leurs partis traditionnels. C’est particulièrement le cas avec Ciudadanos, Inés Arrimadas et Carlos Carrizosa, candidat, président du groupe parlementaire et chef de l'organisation du parti en Catalogne. (...) Plus globalement la perte de près d'un million de voix (de 1 109 732 en 2017 à un maigre 157 903 en 2021) avec des gens qui ont honte d'eux-mêmes serait un argument suffisant pour avoir démissionné, après la connaissance d’un tel désastre. Dans l’économie privée, un compte de pertes et profits présentant tel résultat entraînerait le licenciement de ses administrateurs et de ses dirigeants. Dans ces livres de développement personnel dans lesquels les cadres du parti orange ont trouvé leurs devises, ils ont un jour trouvé la célèbre phrase de Victor Hugo : « il n'y a rien de plus puissant qu'une idée dont le temps est venu. » La vérité, Carlos et Inés, est qu'il n'y a rien de plus grotesque qu'une idée dont le temps est passé et qui persiste dans sa décadence et sa décomposition agonisante. » 

    Et Pau Guix d’ajouter : « Arrimadas a certes gagné une élection en Catalogne, sur le papier, mais dans les faits ce n’est ni elle ni les cadres du parti qui ont gagné mais le parti tout entier. L’ensemble de ses membres et militants qui se sont enthousiasmés pour un projet politique qu'ils ont défendu à tout moment et en tout lieu (travail, loisirs et famille). Parce qu’ils étaient certains qu'il n'y avait pas d'autre alternative au nationalisme et que celle de C’s. Que la situation était même devenue critique et que Ciudadanos représentait la dernière chance. Aussi ce fut un beau projet d’espoir. L’aboutissement d'un travail de plusieurs années. Un travail qui ne fut pas initié par l’ancien président et très médiatisé Albert Rivera mais par les intellectuels qui ont signé le Premier Manifeste. Par la combinaison des illusions et des efforts des quelques personnes courageuses qui ont constitué cette résistance au nationalisme. Organisée de façon précaire et sans aucune aide institutionnelle. Tous ces porteurs d’eau du début ont mon admiration et mon respect. Alors qu’Inès Arrimadas a justifié la piètre représentation obtenue en citant le manque de mobilisation comme principal facteur induisant à la débâcle du 14F l’a perdu. Elle qui affirme que les votes qu'elle avait obtenus, il y a trois ans, ne sont pas allés au PSC, mais à l'abstention. »

    « Mais Inés, voyons, si nous devions accepter de telles inepties alors il faudrait aussi convenir que, dans la victoire désormais lointaine aux élections autonomes de 2017, ni vous ni le parti n'y sont pour rien et que cette victoire serait due uniquement à la grande mobilisation de la société catalane souhaitant se débarrasser du nationalisme, suite à la menace sécessionniste et au coup d'État manqué de Puigdemont et Junqueras. Borges a dit que la défaite a une dignité que la victoire ne connaît pas, mais dans tes excuses, Inés, il n'y en a aucune. »

    « Le lendemain de la débâcle, dans une interview accordée au média « A3 », Carlos Carrizosa - tout comme Inès Arrimadas, sans dignité aucune - a déclaré qu'il n'avait pas l'intention de démissionner : « Rien ne se résout en ouvrant des crises dans le parti. » Et il a fait appel à « l'unité » et au «travail» pour récupérer l'espace politique perdu par Ciudadanos. La triste réalité est que son ascension dans le parti a été un cancer pour la formation orange. Animé par un despotisme peu éclairé, son contrôle de fer de la structure du parti, avec sa cohorte de médiocres avides de position et de salaire, ont brisé les illusions et ont éliminé la participation de ses affiliés et sympathisants dans un processus constant et inexorable. Le flot incessant d'affiliés qui ont quitté les rangs de Ciudadanos a atteint des extrêmes critiques en Catalogne, déjà avant le douloureux 14F. La seule chose qui y triomphait alors était la distribution des postes aux copains. La soif de pouvoir du personnage a éliminé quelque chose d'essentiel dans toute institution humaine : la participation et avec elle ses propres bases. Le despotisme d'Arrimadas et de Carrizosa, qui imite fidèlement les méthodes du nationalisme catalan fut le pire adversaire du parti. » 

    « Les chefs de Ciudadanos se sont démarqués avec une constante arrogance. Aussi, ils ont été surpris quand en 2015 quelques 60 affiliés ont présenté leur plainte devant la Commission des garanties, un autre organe du parti au service de l'appareil, qui, comme on pouvait s'y attendre, a tranché en faveur du pucherazo, privant ainsi les membres  de leurs droits statutaires et de leurs droits de vote. (...) Et que dire de la dérive du parti à la fois idéologique (la social-démocratie a été abandonnée lors de la IVe Assemblée de 2017) et réactionnaire (coïncidant avec la vice-royauté de terreur de Carrizosa et ses sbires en Catalogne) ? Décidément, Ciudadanos a souffert ─ depuis la grave scission de 2009 qui l'a laissé aux portes de la disparition - du péché originel subi par beaucoup en Catalogne, qui n'est autre que de vouloir être comme CiU ou, directement, d'être CiU. Le parti nationaliste de Jordi Pujol qui fut une véritable machine à gagner les élections. Le piège fut alors de croire qu'occuper l'espace de la centralité catalane - qu'en Catalogne on appelle par euphémisme et à tort catalanisme - était le sésame pour devenir un parti de gouvernement. C’est ainsi que toutes les sensibilités qui composaient le spectre idéologique large et transversal du parti ont été laminées sous la direction d’Albert Rivera. Ce fut également le sort réservé à toutes celles et à tous ceux qui n'étaient pas disposés à offrir leur adhésion indéfectible au chef. À tel point que certains des dirigeants, dans des conversations privées, désignaient leur propre parti non pas comme C’s mais comme le PDR ou Partido De Rivera.

    Pour autant, Carrizosa et Arrimadas n'étaient pas les premiers à vouloir occuper l’espace catalaniste pour gagner des votes. Lors des élections autonomiques de 2015, les rassemblements étaient ornés de lettres tridimensionnelles de taille considérable qui composaient le mot CATALUNYA et où le drapeau national brillait par son absence. Je me souviens être arrivé en retard au premier événement de cette campagne auquel j'ai assisté et, en entrant dans la salle, ma première impression fut mon grand désarroi... je pensais m’être trompé d’événement et d’assister à un acte de CiU plutôt qu'à un événement de C's (j'ai toujours gardé l'apostrophe). C’était le signe indubitable de la dérive de Ciudadanos qui «vendait » son âme. Souhaitant séduire un électorat qu’il ne pouvait de toute manière pas gagné puisqu’il s’agissait des nationalistes.(...) Je me souviens comment Arrimadas mimait inconsciemment le langage nationaliste pour essayer de donner des slogans supposés contraires à ceux représentés par ce langage (je suppose que c'est le résultat des entreprises qu'elle fréquentait) ; ou comment elle récitait amèrement à des fins électoralistes qu'elle devait être protégée par une escorte en Catalogne, chose qui ne s'appliquait pas à sa vie privée. Le week-end quand elle allait dans des bars de Catalogne intérieure - d'où vient son mari - où les Esteladas occupaient tout le comptoir et où elle n'avait pas besoin de protection. On retrouve encore sur Internet les images de cette connivence avec l’ennemi. Quant à Carrizosa, lors des festivités de Sants, en 2014, il faisait la cour à de nombreuses associations  nationalistes.

    Je me souviens également comment Carlos Carrizosa nous a interdit de présenter des initiatives lors des séances plénières des districts municipaux de Barcelone pendant plus d'un an, initiatives dont le but était de demander que la communication et les publications, tant physiques que numériques, soient bilingues et pas seulement en catalan. Il nous bridait parce qu’il avait peur d'offenser les éventuels futurs électeurs de CiU-Tadans. Et je me souviens aussi de l'interview que Salvador Sostres a accordée à Jordi Cañas le 25 novembre 2010, alors porte-parole de C's au parlement régional avec une représentation minimale de 3 députés. Dans cette interview, il déclara : « Les indépendantistes ne sont pas comme nous, mais ils ne sont pas nos ennemis. Si CiU travaille dans la bonne direction, alors bien sûr nous pouvons nous comprendre. La promotion du mérite et de l'effort, la régénération démocratique à travers un grand pacte anti-corruption et le respect de l'arrêt de la Cour constitutionnelle sur le Statut sont nos trois principales conditions fondamentales »; puis, en réponse à la question de Sostres qui demandait : « Si vous deviez entrer dans le prochain gouvernement, quels seraient les deux ministères que je vous demanderiez ? »  Cañas répondit : le ministère de l'Éducation et le ministère de l'Intérieur. L'objectif n'était pas de vaincre CiU mais, purement et simplement, d'être CiU. Prendre le pouvoir avec l'excuse de réorienter l'irréductible, le processus de nationalisation conçu par Jordi Pujol avec son Plan 2000. La source de tous les maux qui nous affligent aujourd'hui en tant que société en Catalogne. Il est urgent et nécessaire que tant Inès Arrimadas que Carlos Carrizosa dont la stratégie et l’attitude personnelle ont précipité Ciudadanos dans les abysses démissionnent et qu'ils ne se cachent pas derrière le passé pour éviter d'assumer leurs responsabilités. Puisque tous deux y ont été présents assez longtemps et dans la conception corrompue (comprise comme défectueuse ou endommagée) de la structure et des politiques du parti, à tel point que l'échec d’Albert Rivera, en 2019, leur est aussi directement imputable, ainsi qu’à leur coupole. (...) Ceux qui ont fait partie du problème ne doivent pas faire partie de la solution. (...)  Le requiem du rêve qu'était Ciudadanos est aussi le requiem d'une région, la Catalogne, qui ─ avec la bienveillance des autres autonomies - a été pendant longtemps la meilleure partie de l'Espagne et qui a fini par sombrer dans l'insignifiance économique et culturelle, sans aucun signe de récupération ni de régénération.(...)

    Il est urgent de reconstruire l'espace constitutionnel en Catalogne par la création d'une nouvelle force politique limitée exclusivement à la sphère autonome qui, en outre, puisse agir comme un parti charnière en Espagne et priver les partis nationalistes (qui sont anti-espagnols) de cette fonction, fonction que, dans le chantage permanent aux pouvoirs et aux budgets, ils se sont appropriés avec succès depuis les temps immémoriaux de l'honorable Jordi Pujol. De cette façon, la démocratie et la coexistence en Catalogne pourraient être normalisées et, en même temps, permettre aux grands partis nationaux de gauche et de droite, lorsqu'ils gouvernent, de fonder leurs budgets sur l'intérêt supérieur de l'Espagne et non avec la soumission incessante au chantage des minorités nationalistes, grâce à ce nouveau parti qui devrait apparaître par pure nécessité démocratique. Pour cela, je lance un appel urgent - puisque la diaspora s'agrandit chaque jour - aussi bien aux critiques de Ciudadanos et du PSC qu'à toutes les personnes engagées qui - qu'elles soient de gauche ou de droite - comprennent qu'en Catalogne l'axe politique ne peut être que le dépassement du nationalisme, car tant que le nationalisme continue d'exister et de se maintenir au pouvoir, aucun constitutionnaliste ne peut mettre en œuvre une quelconque proposition, qu'elle soit de gauche, de droite ou du centre. Pendant ce temps, nous, Catalans libres de tout nationalisme, continuerons d'espérer. 

    *Un reportage photos suit 

    **Réquiem por un sueño. Un análisis de Pau Guix sobre la evolución de Cs. « El Catalán », 12 mai 2021.

  2. Interview de Pau Guix par la responsable de la communication pour l’association apolitique suisse Catalunya peuple d’Espagne CPDE Elisabet Olmo, à Barcelone, dimanche 1er septembre 2019.

  3. Pourquoi Susana Beltran s’est tue alors que s’offrait à elle l’opportunité rêvée de faire entendre la voix constitutionnaliste à l’extérieur ? Le fameux cliché a du reste été utilisé pour illustrer le rapport annuel 2017 de Diplocat. C’est malheureusement aussi cela Ciudadanos... des lignes démarcations sinueuses et poreuses entre séparatistes et constitutionnalistes.

  4. Genève, dimanche 5 mai 2019, Salon du livre, la propagandiste Mireia Domenéch Bonet, est invitée par Diplocat et par le Centre catalan de Lausanne - Genève pour déprécier l’image de l’Espagne. Elle est rétribuée pour cela. À cette occasion, elle prétend que le parti politique catalan Ciudadanos est une formation d’extrême-droite, à tort bien entendu. En cela l’appareil séparatiste catalan s’est inspiré de la gauche caviar moraliste : taxer d’extrême-droite toutes celles et tous ceux qui s’élèvent contre leurs desseins. 

  5. Interview de Pau Guix par la responsable de la communication pour l’association apolitique suisse Catalunya peuple d’Espagne CPDE Elisabet Olmo, à Barcelone, dimanche 1er septembre 2019.

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