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Avec un sourire, la révolution!

Tel est le titre du film de propagande projeté dans les salles françaises, à partir du 15 septembre. L’intention de ce billet n’est pas de lui faire de la publicité et encore moins de le recommander. Seulement, d’apporter une information factuelle qui sera utile au spectateur potentiel.
  1. C’est le film propagande de la rentrée. Après son premier film sur la problématique catalane  «Le peuple interdit » (2016) - une réalisation déjà partisane et très orientée - le réalisateur canadien Alexandre Chartrand remet une couche avec le long métrage intitulé « Avec un sourire, la révolution ! » (2018). Disponible seulement en français et en catalan, tout est dit ! Rappelons au passage que la Catalogne est l’une des dix-sept autonomies espagnoles et que 55% de la population y a le castillan comme langue maternelle. Aussi, une version dans la langue de Cervantes aurait été de bon ton. Cette production est de la catégorie des vidéos du lobbyiste séparatiste catalan «Òmnium Cultural » qui cultive un art certain en matière de manipulation des masses. Tout y est ! Un ton grave, des montées en puissance répétitives du tempo. Des images de faits réels… mais le plus souvent elles sont sorties de leur contexte. Dans la tradition du film direct, Chartrand qui ne cache pas son adhésion à la cause sécessionniste filme au jour le jour les événements qui ont entouré le référendum illégal du fatidique dimanche 1er octobre 2017, dans l’autonomie catalane, en Espagne. Son film manque cruellement d’équilibre et la recherche de la vérité n’est pas ce qui l’anime. Ce qui en fait 80 minutes de propagande pure. Le spectateur, un minimum avisé, y déjoue dès le départ les grosses ficelles. Sur le fond d’un coup d’état manqué en Europe occidentale. Quand une poignée de leaders politiques et associatifs catalans décident de se passer de l’opposition et de piétiner les droits fondamentaux de 7,5 millions de citoyens dont plus de la moitié - la majorité sociale silencieuse qui est attachée à sa double culture espagnole et catalane - risque de se retrouver étrangère dans son propre pays… l’Espagne. Quand les séparatistes menacent de jeter à la mer tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Le cinéaste que votre serviteur a tenté de joindre avec comme résultat une fin de non recevoir signe un film que certains verront engagé et pour lequel on pourrait accorder l’intérêt - on ne peut malheureusement pas le créditer de plus - de réouvrir le lancinant débat autour de la question : « Un acte démocratique peut-il être illégal ? » Sauf, que l’acte demeure démocratique pour autant qu’il observe le ciment du vivre ensemble qu’est une constitution. Ce que l’appareil séparatiste catalan ne fait pas depuis une décennie. Et si les images de violences policières que montre le film de Chartrand sont bien réelles, le propagandiste occulte volontairement de vous montrer les éléments qui vont à l’encontre de sa cause. À savoir, les violences répétées des séparatistes - affrontements avec les forces de l’ordre; insultes; jets de pavés etc - les violations, les 6 et 7 septembre 2017, au Parlement catalan des textes fondamentaux que sont la constitution, le statut de l’autonomie et la loi électorale. Alexandre Chartrand n’évoque pas non plus les malversations et les détournements de fonds publics perpétrés par les meneurs sécessionniste. Ni le fait qu’aucun des 195 membres du concert des Nations unies n’ait appuyé une seule seconde le projet du fugitif Carles Puigdemont de république dans laquelle il s’octroyait tous les pouvoirs. Où les futurs présidents de tribunaux seraient désignés et démis à sa seule discrétion. On passe sous silence « les particularités» du référendum illégal : l’inexistence de listes électorales; les gens qui pouvaient voter plusieurs fois; les mineurs aussi; les bulletins de vote qui ont été imprimés à Elne, France voisine, et les urnes qui n’étaient pas même sécurisées. Le cinéaste tait également les décennies d’endoctrinement; de falsification de l’histoire; de corruptions et de combines et les discours racistes et supremacistes qui caractérisent le camp séparatiste. Il «omet » que la liberté des uns terminent ou celle des autres commence. Que pour convoquer un tel référendum sur une sécession de territoire, l’ONU a émis des préalables qui dans le cas catalan n’existent simplement pas. Que la convention de Venise préconise un délai d’au moins une année pour convoquer ce genre de consultation. Bref, le film de Chartrand est inclassable.  Finalement, il dessert les individus dont il prétendait faire la promotion… Lluís Llach; Cartes Puigdemont; Mireia Boya Busquet; Jordi Cuixart et l’acteur franco-espagnol.  Sergi López. Le trait est exagérément grossier et la propagande se noie. Certainement que le cynique Joseph Goebbels s’ennuierait à mourrir devant « Avec un sourire, la révolution! » et révoquerait sans hésiter Chartrand. 

  2. Violence séparatiste à l’encontre de la police, le 1er octobre 2017, que le film passe sous silence 

  3. Violence séparatiste à l’encontre de la police, le 1er octobre 2017, que le film passe sous silence

  4. Violence séparatiste à l’encontre de la police, le 1er octobre 2017, que le film passe sous silence. Plus d’une fois, les forces de l’ordre ont préféré se retirer devant l’agressivité de certains séparatistes. Ce qui est très éloigné de la caractéristique d’une dictature. Alexandre Chartrand s’appliquant à faire passer la démocratie moderne espagnole pourtant reconnue comme telle par tous les organismes internationaux de renom pour une dictature. 

  5. Le référendum illégal séparatiste catalan n’était pas équipé de listes électorales; les urnes n’étaient pas sécurisées et les votants pouvaient voter autant de fois qu’ils le souhaitaient. 

  6. Le référendum illégal séparatiste catalan n’était pas équipé de listes électorales; les urnes n’étaient pas sécurisées et les votants pouvaient voter autant de fois qu’ils le souhaitaient. 

  7. Le référendum illégal séparatiste catalan n’était pas équipé de listes électorales; les urnes n’étaient pas sécurisées et les votants pouvaient voter autant de fois qu’ils le souhaitaient. 

  8. Alexandre Chartrand, à l’interview, avec le « lazos jaune » sur sa poitrine distinguant les séparatistes catalans. 

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