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Òmnium Cultural l’État dans l’État, de Perpignan à l’Université de Genève…

La manipulation des masses orchestrée par Òmnium Cultural a pignon sur rue à Perpignan, à Barcelone comme à Genève. Le tout est financé sur le dos des contribuables de l’autonomie catalane.
  1. Jeudi 2 mai 2018, je me suis infiltré au siège d’Òmnium Cultural, Carrer de la Diputacío 276, à Barcelone. Pris pour un journaliste suisse auprès de la guetteuse munie de son oreillette, placée au pied de l’immeuble. Au premier étage, j’ai passé le vigile. Ensuite, assis à la réception, attendant mon tour, j’ai observé comment fonctionne Òmnium Cultural. À l’instar du Hezbollah, mais sans les morts pour l’instant, Òmnium est un État dans l’État. L’association fondée le 11 juillet 1961, avec la bénédiction du dictateur Franco, jadis dédiée à la promotion de la culture catalane - aujourd’hui, cette entité donne un coup de main pour obtenir un logement ou trouver un job. Elle apporte une réponse aux plus vulnérables. Celles et ceux pour qui les institutions de l’État ont été absentes. L’organisation vend du matériel de propagande comme les lazos, l’Estelada. Elle produit quantité de vidéos de manipulation des masses et exerce son puissant pouvoir de convocation pour attiser la haine de l’Espagnol. Conformément au plan de la Generalitat séparatiste, Òmnium donne des cours de catalan à Perpignan. Elle devient omniprésente dans les Pyrénées-Orientales, profondeur de champ pour l’appareil séparatiste. Elle distribue, durant la période estivale, des flyers aux touristes de la Costa Brava, expliquant combien l’Espagne est « méchante. » Pour l’appareil séparatiste, le discours est une arme. Les mensonges sont les munitions. On retrouve l’emprunte d’Òmnium derrière d’autres organisations comme International Trial Watch (ITW). Entité fondée en 2019 qui rémunèrent les quelques professeurs recrutés sur le plan international et qui se sont fait enrôler pour disqualifier le Tribunal Suprême de Madrid, lors du procès des pouchistes. Avant même que le procès soit terminé : la conclusion d’ITW était connue… « procès politique ! » Quelle n’a pas été notre surprise de trouver parmi les pseudos experts appelés à démolir l’ordre constitutionnel espagnol, le professeur de l’Université de Genève UNIGE Mathieu Crettenand. À chacune de ses apparitions vidéo, ITW faisant passer le message : « par le biais de Crettenand, c’est l’Université de Genève, en Suisse, qui désapprouve la justice espagnole » De la propagande pure. Nous avons contacté le professeur (email du 12 juillet 2019, à 17 :02). Il n’a pas répondu. Plus tard, lundi soir 14 octobre 2019, croisé lors d’une manifestation séparatiste à Genève organisée par l’Assemblée nationale catalane (ANC), à laquelle participaient Marta Rovira ; Anna Gabriel ; la TV3 et bien entendu la Radio télévision suisse romande (RTS) qui n’a cessé de promouvoir l’image de l’appareil séparatiste avec l’argent de nos redevances  - sa direction n’a jamais répondu une seule fois à nos nombreux courriers, bonjour le service public  – j’en ai profité pour lui demander : « Ils vous paient combien ? » Crettenand, manifestement embarrassé, ne m’a pas répondu.
    Revenant à Òmnium Cultural. À l’automne 2019, cette fois dans l’habit d’un touriste de langue française, je suis retourné au siège de la Carrer de la Diputacío 276chercher un guide linguistique français-catalan. Résultat des courses: rien de tel en rayon. Òmnium n’a du reste aucun livre à proposer. Il ne promeut plus la culture catalane depuis fort longtemps. Il attaque l’État espagnol. C’est une machine de guerre. C’est Òmnium Cultural qui diffuse au niveau mondial ces vidéos dans lesquelles on voit une jeune femme apeurée, terrorisée même qui compare les droits humains à Barcelone avec ce qui se passe dans l’Ukraine en guerre. C’est Òmnium Cultural qui organise des cours sur la désobéissance civile. Au centre de Barcelone, le 5 juillet 2019, j’y étais ! C’était surréaliste. Avec le financement, autre autre, de l’Ayuntamiento de Barcelona - c’est-à-dire les impôts des habitants de la Cité de Gaudi - Òmnium Cultural a enseigné durant deux jours comment affronter la police. On a vu les conséquences durant la seconde quinzaine d’octobre. Des entrées d’immeubles incendiées. Des voitures et des containers en feu et un bilan de 288 policiers blessés dont certains gravement.

    J’ai lu le rapport de Mathieu Crettenand sur le procès. Il fait juste deux pages : https://internationaltrialwatch.org/
    Pour le professeur de l’Université de Genève - encore une institution financée par le contribuable - tout commence dimanche 1er octobre 2017 avec la Guardia Civil qui matraque de « gentils » votants...

    C’est un peu comme un policier arrivant sur les lieux d’un accident de la route et constatant un motocycliste tué sur la voie directionnelle inverse et qui résume que le motocycliste devait être fautif puisqu’il n’était pas à sa place. Alors que dans les faits, il a été mortellement heurté et c’est le choc qui l’a propulsé l’autre côté de la chaussée. Voilà ce que valent les deux pages A4 de Crettenand. Rien de plus. Espérons pour les contribuables catalans et espagnols qu’ITW n’ait pas surpayé la prestation. Parce qu’ITW comme Òmnium Cultural c’est la Generalitat séparatiste qui financent. Avec l’argent de tous les contribuables de l’autonomie catalane y compris la majorité sociale qui n’est pas sécessionniste.

  2. Barcelone, le 2 mai 2018, devant le siège d’Òmnium Cultural. Au pied de l’immeuble, la guetteuse avec son oreillette connectée au vigile du premier étage. Elle effectue un premier tri.

  3. Le recteur adjoint de l’Université de Genève faisant de la promotion, par ignorance ou par cupidité je ne saurais me prononcer, pour l’appareil séparatiste et suprémaciste catalan.

  4. Vendredi 5 juillet 2019, cours Òmnium Cultural à Barcelone sur la désobéissance civile

  5. Lundi 14 octobre 2019, au centre de Genève, manifestation séparatiste organisée par l’ANC, je demande à Mathieu Crettenand combien il a été payé... j’attends la réponse.

  6. Explication de comment Òmnium Cultural fait sa propagande sur les réseaux sociaux. Avec une posture abjecte à l’égard des véritables victimes de la guerre qu’il y a de par le monde.

  7. Perpignan, une ville devenue fief des séparatistes catalans

  8. Jusqu’ici, les autorités françaises semblent considérer le séparatisme catalan comme du folklore. Elles ont assurément tort. Comme pour la problématique de l’ETA elles agiront avec retard. Mais au moins elles agiront avec fermeté. J’en suis persuadé. Dans l’Hexagone, l’État nation veut encore dire quelque chose.

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