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Des choses de la vie

  1. Des choses de la vie cette irréelle futilité

    « Quand rien ne reste que l’illusion d’avoir un jour été, alors tout disparaît,
    Le goût des choses et la saveur de la vie, tout devient irréelle futilité,
    Le son d’une voix, la tonalité d’un silence, l’absence jusqu’à la lie,
    Celle des autres, celle de soi et l’infinité d’un temps trop défini,
    L’espace se réduit et l’horizon s’éloigne, ne demeure que l’instant,
    L’éphémère d’un regard sitôt oublié et l’exil de l’âme en tourments,
    L’essentiel d’hier n’est que relent d’une expérience à l’amer baiser,
    Des saisons ne subsiste que l’ombre voilée d’un autre monde inachevé,
    Et lorsque solitude se fait pressante à l’esprit, l’errance s’abandonne,
    En mille lieux éclosent larmes de l’enfance ravie au seuil de l’automne,
    L’hiver se confond au printemps, lequel se fond à l’été qui s’égare,
    Au loin l’océan engloutit les montagnes et de la canopée s’empare,
    Rien ne fait plus sens que la nuit mordant les rives des ténèbres,
    Et sur les flots de l’immensité du ciel, la lune est par trop funèbre,
    Aux corneilles déployant leurs ailes, l’envol est incertain funambule,
    Corbillard de colombes ne verront plus l’aube à demain somnambule,
    De roses des sables en étoiles de mer, se fane le dernier parfum,
    Fragrances subtiles d’un autre sublime que la mort sait dessein,
    Aux tréfonds de l’illusoire d’avoir été, le songe d’un portrait,
    Estompe des choses et de la saveur de la vie, cette irréelle futilité. »
    ©Gisèle-Luce de Christian-James

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