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Visages d'insoumis

Jean-Luc Mélenchon s'est rendu à Strasbourg le 15 février. Dans des terres qui lui sont peu favorables, il a rassemblé plusieurs centaines de personnes, militants, engagés ou simples curieux.
  1.  

    Félix, volontaire de la France Insoumise, vend le programme "l'Avenir en Commun" à l'entrée de la salle, où se massent déjà quelques centaines de personnes. Etudiant en CAP reliure, il votera pour la première fois en avril. Il glissera un bulletin Mélenchon dans l'urne. "C'est le seul qui promeut une véritable écologie politique", se réjouit-il.

  2.  

    Les membres de la France Insoumise parcourent la queue, à la chasse à ceux qui n'auraient pas encore appuyé la candidature de Jean-Luc Mélenchon sur Internet.

  3.  

    Eliott sort d'une mission d'intérim, après un master de sociologie. À 24 ans, 2017 ce sera sa seconde présidentielle. Il y a cinq ans, il a voté pour les Verts, puis blanc au second tour. "Il y a dans ce projet les bases pour une réelle démocratie, s'explique-t-il, avec la VIe République, le référendum révocatoire, par exemple. Et en termes d'écologie, c'est Mélenchon qui a le programme le plus cohérent".

  4.  

    Shpat (à gauche sur la photo), d'origine albanaise, vient également en convaincu. "Je l'ai vu la première fois sur On n'est pas couché en 2011, ça a fait tilt", se rémémore-t-il. Depuis, il ne lâche pas l'eurodéputé. Sa vision "humaniste" de l'économie, basée sur une redistribution des richesses, convient parfaitement à ce jeune cuisiner.

  5.  

    Léa, 22 ans, et David, 32, ont eu leur place au premier rang. Ils voteront Mélenchon au premier tour, parce qu'ils voient dans l'Avenir en commun une possibilité de "changer la France, d'en faire une véritable démocratie", dit David. On sent dans ce ton calme un soupçon de scepticisme. "J'ai milité pour lui en 2012, ajoute-t-il. Avec le résultat qu'on connaît. Avec l'âge, on devient moins enthousiaste. Mes valeurs ne gagneront pas aux élections". Mais il se reprend: "Aujourd'hui, on a une chance de pouvoir faire le lien entre la politique et les mouvements de contestation comme Nuit Debout".

  6. Caméras et micros foisonnent dans la salle bondée. Beaucoup de journalistes pour un candidat qui se dit boycotté par les médias...

  7.  

    La salle se remplit de visages épanouis, blancs, plutôt jeunes. Confiance et enthousiasme règnent, sans céder à l'extase. Dans ce public (trop) bien élevé, seul un téméraire ose déplier une affiche rouge serpentée d'un Phi bleu.

  8.  

    L'équipe du candidat retransmet le meeting en direct sur Youtube et Facebook.

  9.  

    Après l'évocation de l'affaire Théo, le candidat de la France Insoumise a longuement traité et critiqué le CETA, dont le vote a eu lieu le matin même au parlement européen.

  10.  

    Les 2 000 personnes présentes dans la salle écoutent sagement Jean-Luc Mélenchon, à la manière d'un grand cours magistral. Elle s'autorise parfois à de chaleureux applaudissements. 2 000 autres sont restées debout, dehors, pour l'entendre haranguer.

  11.  

    La Marseillaise retentit après plus de deux heures d'intervention. Une émotion sincère parcourt la salle.

  12.  

    Les cris "Résistances" célèbrent le départ du candidat.

  13.  

    Christian, retraité, va devoir maintenant aider à ranger la salle. Ce volontaire a voulu faire partie d'un mouvement qui grandissait sur Internet. Sympathisant du NPA, il regrette que le parti "n'ait plus envie de changer le monde". Avec Mélenchon, il partage la volonté de généraliser la sécurité sociale, la planification écologique. "C'est important de se mobiliser. Avec Trump, le Brexit, les temps n'ont jamais été aussi dangereux".

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