Portfolio

VOYAGE AU COEUR DE LA MAIN EN 4 ACTS + UN

"La main que tu ne peux mordre, embrasse là"! En berbère, "Afus ut' weïdh ara at ghezedh, suďnit": Ainsi parlaient les Kabyles anciens ! D’aucuns verront de la Lâcheté face à l'adversité, d’autres l’expression de la Sagesse. Moi je vous offre un voyage au cœur de la main....
  1. 1- Depuis  l'origine du monde
    La main a pris langue
    Pour qui sait écouter,

    Estuaire de la pensée
    Havre de paix, parfois agité
    Graine d'amitié ou de discorde,

    Amoureuse, tragique
    Compatissante, cynique
    Douloureuse, tendre,

    Amie, passion
    Laborieuse, pleine de sang
    Divine, créatrice,
      
    Aux confins du cœur
    L'infatigable irrigateur 
    Son fidèle connivent.

    2- Main diaphane
    Sans ombre ni fard
    Qui pénètre les âmes,

    Main profane
    Qui célèbre la chair
    Des ingénues ici-bas,

    Méprisant la promesse
    Des rêveries pècheresses
    Des nymphes à trépas.

    Mais, la main fustige
    L’homme lige
    Qui trahit son serment,

    Pointe son doigt,
    Au nom de la loi
    Et lance j'accuse!

    3- Main parjure 
    Face à l'insoutenable impure
    Tâche de sang,

    Que le cœur charrie
    Enfourchant ses vaisseaux
    Vers les phalanges assaillantes,

    Aux gerçures rouge sang
    Des mines vert- jade
    Tombeaux des manants.

    Puis elle crucifie
    Les ondes maléfiques
    En caressant le sein,

    Nourricier protecteur 
    De ces petits yeux rieurs
    Que berce le refrain.

    4- Quand soudain, la main scélérate
    Qui traque les sonates
    Ivres de liberté,

    Se lève et exécute
    La vie qui exulte
    Qui danse, rit et chante l'été,
     
    Cet air qui espère
    Traverser les déserts 
    Des cœurs asséchés,

    Tenir par la main
    Les yeux voilés 
    Qui ne trouvent le chemin,

    Des étoiles qui naissent
    Pour qui disparaissent
    Sans attendre matin.

    5- Matin, où la main s'égare
    Sur un quai de gare,
    Cupidon prend le large,

    Elle esquisse un visage
    Dans ce vaste paysage
    Consommé de chagrin,

    Un genou presqu'à terre
    Après l'ultime guerre
    Retient celle qui vient,

    Cette main bienfaitrice
    Qui répare les cicatrices
    Des années sans festins,

    Cette main de grâce
    Que mes doigts enlacent
    Et mes lèvres embrasent.

     

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.