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Charles Consigny affiche son mépris de classe face aux machinistes de la RATP

Est-il possible de montrer plus grand mépris dans une séquence comme celle-ci? On pourrait appeler l'intervention de Charles Consigny comme un grand moment de télévision pour notre classe dirigeante en cela qu'elle exprime une inconsidération parfaitement insupportable pour les machinistes de la RATP.
  1. Est-il possible de montrer plus grand mépris dans une séquence comme celle-ci? On pourrait appeler l'intervention de Charles Consigny comme un grand moment de télévision pour notre classe dirigeante en cela qu'elle exprime une inconsidération parfaitement insupportable pour les machinistes de la RATP. 

    Face au mouvement social initié par la CGT ce lundi 15 février  pour déconcer la revente des tickets à bord des bus, Charles Consigny n'a pas eu de mots assez durs pour balayer les inquiétudes des machinistes et cela alors que l'inspection du travail, la médecine du travail et plusieurs cabinets d'expertise ont soulevé des craintes réelles quant au risque sanitaire accru de contamination au covid19 qu'une telle mesure fait peser sur la santé des machinistes RATP. Mesures disciplinaires et licenciements in fine sont les seules préconisations retenues par le chroniqueur des Grandes Gueules pour sanctionner les conducteurs de bus qui refuseraient de vendre des tickets. Et dernière étape de cette véritable exécution sociale est le recrutement pour remplacer tous ces salariés récalcitrants par des chômeurs qui attendent désespérément un travail.

    C'est ce qu'on peut appeler un management par la terreur et de ce point de vue, on imagine le chroniqueur éphémère d'On N'est Pas Couché particulièrement déterminé à voir appliquer de pareilles dispositions surtout que ce dernier ne cache pas son hostilité au droit syndical. Le sinistre personnage n'en est pas à son coup d'essaie et celui-ci risque de laisser des traces dans la communauté de machinistes qui sont depuis plusieurs semaines la cible des médias. Ceux-ci les dépeignant comme des privilégiés, ne travaillant pas plus de 4h30 et se pavanant dans un "paradis social". Tenir un discours belliqueux à l'encontre de travailleurs aussi indispensables montre bien l'inversement des normes de notre société. 

    Les prochaines semaines seront en tout cas déterminantes et nul doute que l'émission des Grandes Gueules sera partie prenante de cette guerre idéologique menée contre le syndicalisme et le progrès social. Le but ultime étant de convaincre l'opinion publique de la nécessaire privatisation de la RATP alors que le démantèlement de l'EPIC menace les salariés de l'entreprise au logo vert. 

    Dos au mur, ces travailleurs doivent enfin prendre pleinement conscience de leur utilité sociale inestimable pour incarner un vrai contre-pouvoir à cette caste politique et financière qui, si personne ne l'arrête, détruira tout ce qui reste de l'héritage du Front Populaire, de Léon Blum et d'Ambroise Croizat.

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