L'ours et le béret

Ours brun des PyrénéesL’ours se fait rare dans nos belles Pyrénées.Ces jours-ci encore, sur la commune de Prades (Ariège), un chasseur a tiré sur l’ours Balou
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Ours brun des Pyrénées

L’ours se fait rare dans nos belles Pyrénées.

Ces jours-ci encore, sur la commune de Prades (Ariège), un chasseur a tiré sur l’ours Balou

lors d’une battue au sanglier alors que le plantigrade avait été signalé une heure avant le début de la chasse. Ce qui est troublant dans cette affaire, c’est que Balou était justement cette année (l’année dernière c’était Boutxy), le bouc émissaire de l’ASPAP (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées) qui comme son nom ne l’indique pas est un farouche opposant à la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées et souhaite par conséquent à terme sa disparition totale.

 

Pour en savoir plus sur l’APSPAP: http://www.aspap.info/

 

 

“L’ASPAP accuse Balou d’avoir tué 80 brebis en 2008, alors que c’est à peine le chiffre constaté pour l’ensemble des Pyrénées, et donc l’ensemble des ours, depuis le début de l’année!

L’an dernier, 8 bêtes seulement avaient été attribuées à Balou et si le nombre de bêtes qu’il a tuées cette année dépasse la dizaine, cela n’en fait pas un animal particulièrement prédateur.”

 

L’ours, une cause de mortalité color: #804000;">“Fidèle à son habitude, l’ASPAP « oublie » que l’ours ne représente que 1% de la mortalité des brebis en montagne. Les maladies, les chutes, les parasites, la foudre, les autres prédations sont infiniment plus meurtrières que l’ours dans les Pyrénées.”

 

 

Le chasseur qui déclare avoir confondu Balou avec un sanglier est non seulement incompétent, imprudent et dangereux ( un chasseur ne doit jamais tirer sans avoir identifié formellement la cible) mais en plus, et heureusement, il est maladroit car il n’a fait que blesser Balou à la patte avant droite et les jours de l’animal ne semblent pas être en danger (ouf mais à suivre)...

 

 

 

Cet “accident” de chasse, n’est que le dernier d’une longue série: le mâle Claude en 1994 tué par un chasseur, même sort pour Melba en 1997, de même Cannelle en novembre 2004 laissant derrière elle deux oursons orphelins Boutxy et Caramelles, sans compter le mâle Papillon mort d’une chute et Francka renversée par une voiture, mais tous deux criblés de plombs...

 

 

 

Cependant, dans les Pyrénées, il n’y a pas que des opposants à la réintroduction de l’ours. Outre les autorités de l’état, qui ont le devoir de sauvegarder cette espèce :

 

“Espèce protégée, l’ours brun est en voie de disparition en France et en Espagne.

La France dès 1984 prend des engagements au travers un plan de sauvegarde de l’espèce. En 1993, aux côtés de l’Espagne, elle s’engage auprès de l’Europe dans le cadre du programme Life « Conservation des vertébrés menacés dans les Pyrénées ». Des responsabilités qu’elle doit aujourd’hui assumer.”

 

 

Pour en savoir plus sur le programme de réintroduction de l’ours dans les Pyrénées :http://www.ours.ecologie.gouv.fr/

 

 

il y a aussi des écologistes, des défenseurs de la nature et surtout l’Association Pays de l’Ours - Adet :

 

L'association Pays de l'Ours-Adet

 

Pays de l’Ours - Adet est une association loi 1901, sans but lucratif, qui regroupe des élus, des professionnels, des associations et des particuliers. Tous sont engagés dans une démarche de développement durable des Pyrénées Centrales, défiant par là même le modèle de développement dominant.

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Pour en savoir plus sur l’Association Pays de l’Ours - Adet :

http://www.paysdelours.com/

 

 

L’Ours et le Béret.

 

 

Il est tout a fait désolant de constater qu’une opération de sauvegarde d’une espèce protégée se trouve menacée d’échec par manque d’adhésion d’une partie importante des éleveurs (et chasseurs) alors qu’ils sont directement concernés par le sujet.

 

 

L’origine de ces différents est sans conteste le manque de concertation à l’origine du projet aggravé par l’erreur classique des bureaucrates incompétents qui nous gouvernent et qui croient pouvoir imposer par la force une décision de cette nature au mépris de la population locale. Le lâché d’ours, nuitamment, protégé par la gendarmerie malgré une population hostile a radicalisé les positions, et les efforts pour revenir a une situation apaisée sont peut être démesurés par rapport aux moyens mis en oeuvre.

 

 

Faisons néanmoins confiance aux équipes de professionnels et de bénévoles qui sur le terrain ne ménagent pas leurs efforts pour faire progresser ce noble projet malgré chausse-trappes, mauvaise foi et “accidents de chasse”.

 

Pour apporter ma pierre à l'édifice, je voudrai rappeler à tous, que nos anciens cohabitaient très correctement avec une population d’ours beaucoup plus importante qu’actuellement. Comme trop souvent on a dans cette affaire négligé l’expérience de nos prédécesseurs

et après avoir étudié la question, je dis haut et fort :

 

pour bien cohabiter avec l’ours dans nos Pyrénées,

 

il faut relancer le port du béret.

 

Le béret était en effet la coiffure traditionnelle du sud-ouest et malheureusement aujourd’hui il est très peu porté et c’est bien dommage, parce que de par sa constitution il protège le pyrénéen du froid comme de la chaleur, de la pluie comme de la neige mais aussi de l’ours et de toute bête sauvage en général.

 

Contrairement aux idées reçues, le béret n'est pas d'origine basque mais béarnaise. Le mot béret provient en effet du nom béarnais (gascon) berret (Lo berret qu'ei bearnés ! : « le béret est béarnais »). Certaines légions romaines venues dans les Pyrénées auraient porté une sorte de capuchon nommé birrus ou birretum. Des sculptures du Moyen Âge attestent la présence dans les Pyrénées d'un couvre-chef très proche du béret. Le béret traditionnel était tricoté, foulé et préparé « à la maison ».

 

Si on parle de béret basque, c’est la faute à Napoléon III :

 

Napoléon III était un grand amateur de cette région de France. Il vint séjourner à Biarritz pour surveiller la construction du palais qu'il faisait construire à grands frais pour son épouse l'impératrice Eugènie. N'y voyant que des têtes coiffées du béret , l' empereur pensa que les Basques en étaient les inventeurs et les fabricants. C'est pourquoi, le "Béret Basque" tomba tout naturellement de ses lèvres .

Les chroniqueurs des gazettes de l' époque n' osant pas relever l'impériale bourde (on est pas dépaysé), cette appellation tomba dans le langage courant. C'est pourquoi, on dit "Béret Basque" pour les Bérets.

 

Le béret est exclusivement en laine tricotée, sous forme d'une grande galette circulaire, qui est ensuite mise en autoclave et feutrée, de manière à resserrer les fibres, à lui donner ses dimensions définitives et à le rendre solide et imperméable. Il est ensuite gratté, teint, on coud une doublure à l'intérieur ainsi que la bordure intérieure en cuir. La petite « queue » qui dépasse au centre, le coudic, était l'extrémité des fils résultant du tricotage à la main. Comme il n'existe plus avec le tricotage machine, il est rapporté ultérieurement : son absence serait en effet inacceptable.

 

Voilà pourquoi nos grands parents en connaisseurs, portaient le béret.

J’avais un grand-oncle (le frère de ma grand-mère) que j’appelai “tonton Jean” qui était berger dans le Luchonnais. Bien sûr, il portait le béret, d’ailleurs le voici :

 

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Il était beau mon tonton et très sympathique. Son chien était en adoration devant lui malgré un traitement correct mais rudimentaire car lui-même avait une vie très rude.

 

Tonton Jean dit “Jean de Génie” avait toujours entendu dire par les anciens que lorsqu’on rencontrait un ours en montagne, il fallait lui jeter son béret et pendant que le plantigrade s’occupait du couvre-chef, prendre les jambes à son cou et courir le plus vite possible dans la direction opposée. Naturellement cette anecdote faisait rire tout le monde.

 

Un beau jour, tonton Jean revenait vers sa cabane de berger après s’être assuré de l’intégrité de son troupeau. Il cheminait lentement en se roulant une cigarette, son bâton sous le bras, son chien marchant quelques dizaines de mètres devant lui.

 

Tout à coup, il vit son chien revenir à toutes jambes. Il leva les yeux et se trouva nez à nez avec un ours. Il lâcha immédiatement papier et tabac, et dans un seul mouvement jeta son béret, fit demi-tour et courut à perdre haleine...

 

Après avoir repris son souffle et ses esprits, il revint prudemment vers le lieu de la rencontre pour s’assurer que tout danger était écarté. Il n’y avait plus de trace de l’ours et ce qui le combla de joie, le béret était toujours là et intact. Il eut été dommage de perdre un béret si bien culotté.

 

Conclusion : si vous avez le bonheur de vous balader dans les Pyrénées, portez un béret.

 

 

Nota à l’usage des randonneurs: lorsqu’un ours des Pyrénées rencontre un humain, il a peur et se sauve car il ne porte pas de béret.

 

 

 

 

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