Cauchemar météorologique...

Après un printemps 2008 particulièrement médiocre, l’été que nous vivons est absolument déplorable: pluies, grêle, orages, vents, tempêtes, bourrasques et autres cyclones se succèdent et touchent toutes les régions, laissant derrière eux leur lot de malheureux:

Après un printemps 2008 particulièrement médiocre, l’été que nous vivons est absolument déplorable: pluies, grêle, orages, vents, tempêtes, bourrasques et autres cyclones se succèdent et touchent toutes les régions, laissant derrière eux leur lot de malheureux:

les endeuillés, les blessés, les sinistrés, les traumatisés, les cellules-psychologisés qui ont besoin de notre solidarité, mais non que dis-je, ce mot n’a plus cours et a été ringardisé, placardisé...

 

Les météorologues plus ou moins confirmés, les savants plus ou moins embrumés, les écologistes plus ou moins enrhumés, les “Cassandre” et autres oiseaux de mauvaise augure auraient-ils fait fausse route ? Car enfin, ils nous promettaient un réchauffement climatique. Moi qui aime la chaleur, j’étais plutôt content. Mais au lieu des quelques degrés Celsius supplémentaires promis, ce n’est que pluie, vent et froid...çà c’est une catastrophe!

 

Notre bonne vielle terre, la “Pacha Mamma” serait-elle en train de perdre ses repères? Nous laissera-t-elle encore un avenir en sa compagnie ou devons-nous commencer à préparer nos bagages pour la quitter, nous expatrier, nous externaliser, nous exterraliser et avec l’aide d’un passeur et moyennant la quasi totalité de nos maigres économies, embarquer dans un vaisseau intersidéral bricolé, dopé, surbooké, ballotté, brinquebalé par les pluies de météorites, par les astéroïdes, par les vents solaires, l’attraction stellaire, les disques protoplanétaires, les queues de comètes et après beaucoup de souffrances et de chance, arriver épuisés, assoiffés, déshydratés, déprimés sur Mars ou sur une “Exoplanète tellurique”.

 

Comment serons-nous accueillis sur cette nouvelle planète ? Les Sélénites de ce monde inconnu reconnaîtront-ils en nous ce génie français, cet esprit cartésien que nous portons toujours en bandoulière et qui a fait de nous ce peuple exceptionnel qui a tant apporté au monde d’où nous venons et qui pourrait leur apporter tout autant ? Ou verront-ils en nous des étrangers, des immigrés, des “sans-papiers”,des voleurs de poules, des sans boulot, des sans repères, des affamés, des “vas nus-pieds” des désintégrés, des déculturalisés??? Peut-être n’auront-ils pas les moyens d’affréter un charter de retour et si nous échappons à leurs centres de rétentions, notre vie sera alors celle des exploités, des mal traités, des mal logés, des mal soignés et nous serons insultés, voués aux gémonies, karchérisés, ratonés, matraqués, “casse toi pauv’connés”, hortefeurisés, sarkosés; mais non que dis-je, sarkosés nous le sommes déjà.

 

Devant ce tableau si peu réjouissant, pas de précipitation. Le processus de décision doit être moderne. Je consulte la toile. Internet étant plein de ressources, je tombe par hasard sur un site exceptionnel qui semble n’être accessible que dans certaines conditions. En effet, je crois avoir diagnostiqué, bien que ceci reste à vérifier, qu’il faut travailler sur un iMac de 2006, avec une version pilote de Safari (l’Explorer Internet d’Apple) pour l’atteindre. Le site en question pour ceux qui veulent essayer de le consulter s’appelle :

http://www.archivesdufutur.rev

Il s’agit d’une base de donnée très importante qui renferme les futures archives de toutes les communes de France, (je n’ai consulté jusqu’à présent que des villes françaises) et je me suis arrêté pour le moment en 2024, mais déjà j’en ai le souffle coupé.

Je résume en quelques mots: le “sarko-berlusconisme” ou ses dérivés, bénéficiant de moyens de propagande de plus en plus puissants au service de media aux ordres et passés maîtres en l’art de mettre à disposition des multinationales et des politiques “des temps de cerveaux disponibles”, a triomphé partout, laissant libre cours à l’affairisme le plus débridé.

Les disparités sociales se sont considérablement accrues La politique sociale est réduite a sa plus simple expression. Les laissés pour compte sont légion. Le taux des personnes vivant sous le seuil de pauvreté dépasse les 50%. Le taux de chômage atteint des sommets inexplorés jusqu’alors mettant à la disposition des entreprises une main d’oeuvre abondante, soumise et peu exigeante. Pour ceux qui ont la chance d’avoir un emploi, le contrat précaire est la règle. Les employeurs n'utilisent la main d’oeuvre, qui doit rester disponible à tout moment, qu’au coup par coup en fonction de leurs besoins. La durée hebdomadaire moyenne de travail est de 25 heures. Les petits boulots se sont multipliés. Une économie souterraine s’est développée et c’est la loi du plus fort et du chacun pour soi qui y règne. La délinquance est importante. Les révoltes de quartier sont permanentes et durement réprimées par une police de plus en plus nombreuse appuyée par l’armée omniprésente dans les rues.

Les plus petites communes se sont également pourvues d’une police municipale armée et de moyens de vidéosurveillance répartis sur tout leur territoire...

 

Mais mon sujet d’investigation reste la météo et là aussi, je suis interloqué. La recherche du profit maximum dans le minimum de temps par les affairistes et les multinationales, a rendu stériles les efforts des écologistes. Les plus convaincus d’entre-eux constatant après moult réunions onusiennes, conférences des nations, symposiums des experts dont les résultats n’étaient que billevesées et poudre aux yeux, ont soit abandonnés le militantisme, soit entrepris des actions violentes contre les agressions les plus significatives contre la nature. La plupart d’entre-eux purgent de lourdes peines de prison. Et de fait, les prévisions des plus pessimistes se sont révélées en dessous de la vérité : les dérèglements climatiques sont incroyablement erratiques et violents. Froid intense ici, chaleur tropicale plus loin, désertification là, inondations dans la vallée d’à côté...

 

...”SLAMMM..BRRRR...BOUM...CRAC...WOUHOU...”

 

Je sursaute...Une bourrasque plus forte que les autres vient d’ouvrir brutalement ma fenêtre qui a cassé au passage une potiche qui s’est brisée en mille morceaux et laisse s’engouffrer dans mon bureau vent et pluie mêlée de grêle. J’entends Annie qui crie “ Courant d’air...” et Zoulou aboyer, croyant à une intrusion ... Je referme avec difficulté la fenêtre, ramasse les morceaux de la potiche et reviens vers mon iMac. Je suis un peu éberlué... Je vais reprendre mes investigations sur internet...

Mais j’y pense je suis en panne d’internet depuis plus d’une semaine malgré les experts, qui m’a-t-on affirmé s’occupent de mon problème en toute priorité... les archives du futur n’étaient donc que dans ma tête... j’ai fait un cauchemar... quel soulagement...

 

Il n’empêche, il fait toujours mauvais, la pluie s’abat sur mes vitres, le vent hurle et j’aperçois des éclairs... tant pis, à la prochaine accalmie et pour remettre mes idées en place, je mets mon k-way et je vais promener Zoulou....

...mais Zoulou refuse de sortir, il fait décidément un temps à ne pas mettre un chien dehors...

...çà ne fait rien, aux Guinots, j’ai toujours mon coin de ciel bleu, son nom c’est ANNIE...

 

 

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