EMMANUEL MACRON L’heure des doutes ?

Le Président Emmanuel Macron a affirmé :" Il y’a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu’ils ont des talents, je veux qu’on les célèbrent (…) Si l’on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la corde qui dégringole".

Au même temps, Macron s’est inspiré de la théorie du ruissellement " Tricle down" défendu  par Milton Friedman:" Donner les réductions d’impôts aux tranches supérieures, aux individus les plus riches et aux plus grandes entreprises, et laisser les bons effets ruisseler à travers l’économie pour atteindre tout le monde".

Favoriser les riches pour aider les pauvres, le Tricle down Economic serait bien possible dans une économie schumpétérienne qui favorise le facteur travail. Ce choix est aujourd’hui d’autant plus problématique dans une France économiquement en désindustrialisation et socialement en effervescence, un choix qui rend la frontière entre libéral et social libéral encore plus complexe et qui fait face à de multiples  dénis et rejets des électeurs.

Le Président a conservé le CICE avec ses allègements d’impôts ou de cotisations sociales dont le montant de ces dites dépenses fiscales s’élève à 40 milliards d’euros, mesures qui ont permis le retour de la croissance économique et la baisse du taux de chômage en dessous de son  ratio psychologique de 10%.

A cette preuve de vérité, il a été décidé d’une Flat Tax de 12.8%, plus ruissellement que cordée, ce choix fait apparaître l’exécutif comme un défenseur des actionnaires et des entrepreneurs et par la même occasion Macron comme le Président des riches. En plus de cette mesure décriée, l’augmentation de la  CSG sur les retraites réduit  le pouvoir d’achat des Seniors et amplifie un peu plus la défiance vis-à-vis du président de La République. Certes, les Seniors sont souvent montré du doigt et accusé d’avoir des charges inférieures à celles des actifs et une espérance de vie qui s’allonge d’année en année.

Mais, ce faisant un récent rapport vient montrer que le revenu médian des retraités ne représente que 65.3% de celui des actifs. Une chose est sûre, le déficit des comptes publiques est de plus en plus dans le viseur européen et seule une réforme des retraites permettrait de continuer à respecter les critères de Bruxelles, si l’exécutif fait le choix de ne pas réduire les pensions de retraites sa seule porte de sortie serait de rapporter l’âge de départ à la retraite avec le risque de faire converger davantage les luttes et fédérer ses opposants.

Tout n’est pas noir mais le « au même temps » financier, fiscal et social semble ne pas fonctionner et mérite des ajustements et des optimisations pour relancer l’emploi et la croissance. En France, Les prévisions de croissance pour 2018 sont seulement de 1.8% au lieu de 2% trop faible pour maintenir la confiance des ménages et relancer la machine de la consommation à crédit. Macron et son gouvernement ne sont pas les seuls responsables, le youyou appréciation-dépréciation du dollar face à l’euro participe, au  creusement  du déficit commercial de la France et participe à créer une poussée inflationniste légère mais réelle.

A cela s’ajoute la remontée du prix du baril du pétrole et les successifs bras de fer perdus face à un Donald Trump qui s’inspire des politiques de relance keynésienne en créant  de la croissance en baissant les impôts, usant de la suprématie du dollar en en gonflant une dette publique jamais remboursée. la guerre commerciale cynique et machiavélique qu’il livre reste du monde est aussi un des noyaux durs du miracle court termiste de Trump.

Loin des grands écarts, l’exécutif doit repenser son positionnement face aux inégalités en conditionnant  les allégements fiscaux d’une reddition des comptes de partage des richesses par les entreprises , en encourageant l’actionnariat des salariés et en optant en premier lieu pour la création d’emplois. L’exécutif est aussi face au défi de la résorption  du boom démographique causé par les récents flux migratoires, un phénomène mondial qui doit être repensé au niveau mondial. Pour ne pas se mentir, nous nous sommes plus face à des mouvements de réfugiés politiques mais à des migrations massives qui vont devenir exponentielles dans un futur proche.

Flux migratoires causés par le réchauffement climatique, par des dividendes  démographiques incontrôlables et par la corruption associée aux multiples incompétences de l’oligarchie dans beaucoup de pays du sud. Enfin l’embargo  nourriture contre richesses minières qu’impose les chinois et  les multinationales aux populations africaines ne peut que pousser la jeunesse vers les mers. L’urgence, c’est d’éviter qu’un phénomène de migration ne devient pour l’Europe un enjeu de faillites budgétaires et sociales mais aussi un réel enjeu d’affrontements culturels entre  d’un côté les défenseurs xénophobes de l’Etat identitaire et de l’autre côté ceux qui œuvrent pour les ghettoïsations.

 

 

 

 

 

 

 

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