Morci : un silence de mort

Avec la mort du président Mohamed Morci, c’est, au minimum, le principe démocratique qu’il fallait rappeler et défendre

Le premier président civil librement élu en Égypte est décédé ce 17 juin dans un silence de mort. Avec ce mutisme des diplomaties, c’est une partie de  l’idéal démocratique qu’on achève avec Morci. Mort dans une salle de tribunal, sacrifié sur l'autel d’intérêts, politiques et économiques, qui bafouent ouvertement la souveraineté des peuples du sud.  

Après un soulèvement populaire qui a renversé le régime dictatorial de Moubarak, une élection démocratique qui a vu  Mohamed Morci devenir le chef de l’Etat, un coup d’Etat du maréchal sissi  et un simulacre présidentiel qui a donné 95% de voix au putschiste, la justice égyptienne est devenue, aujourd’hui, le subside d’un Etat tortionnaire et criminel. Les rapports des organisations internationales comme Human Right Watch et Amnesty International sur les crimes du pouvoir égyptien sont sans appel.

La parodie des idéaux démocratiques et de ceux qui pérorent sur la souveraineté et la liberté des peuples atteint son apogée.

Avec la mort du président Mohamed Morci, c’est, au minimum, le principe démocratique qu’il fallait rappeler et défendre.Car ce concept semble être pris au sérieux par les rues du monde arabe.

Les  formules de démocratie à coup de bombes qui ont perpétré, uniquement en Irak, un million de morts jusqu'en 2007 ne sont plus viables. Tout autant que le soutien à ces dictatures qui ne se perpétuent que grâce à ceux qui tirent profit de l’absence de démocratie.

Mais jusqu’à quand pense-t-on, vraiment, tenir comme ça ?

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