LA VIE DES FEMMES A DU PRIX ! Au même titre que celle des hommes...

La présente publication s'inscrit dans la continuité de nos travaux de recherche sur la question des droits des femmes, et l'intitulé de « Chroniques de Femmes » sous lequel il apparaît ici, requiert de notre part d'apporter les précisions suivantes : Tout ce qui concerne les femmes, est étroitement lié aux hommes du fait de l'articulation de leurs rapports sociaux, et vice-versa...

8-mars-2019-special-journee-internationale-des-droits-des-femmes-exact1900x908-l

 

La présente publication s'inscrit dans la continuité de nos travaux de recherche sur la question des droits des femmes, et l'intitulé de                    « Chroniques de Femmes » sous lequel il apparaît ici, requiert de notre part d'apporter les précisions suivantes : Tout ce qui concerne les femmes, est étroitement lié aux hommes du fait de l'articulation de leurs rapports sociaux, et vice-versa.

Ainsi, la mobilisation en faveur des droits des femmes ne consiste pas à combattre les hommes parce qu'ils sont hommes, mais à discerner et dénoncer les disfonctionnements qui portent préjudice aux femmes dans leurs aspirations à préserver leur vie tout en exerçant pleinement les droits fondamentaux des êtres humains qu'elles sont. Ceci requiert l'éradication de toutes pratiques discriminatoires, et l'acception de ce qui précède par tous et toutes. Avec à la clef la mise en œuvre de mécanismes de régulation. 

Ce préalable étant posé, la question qu'il induit est « quel modèle de société voulons-nous » ?

La réponse bien souvent varie en fonction des personnes constituant ce « nous »...

Quelles que soient les nuances d'une telle approche, nous ne pouvons pas manquer de prendre en compte l'actualité récurrente de ces derniers mois dans le monde, qui donne à voir et à entendre bien plus qu'à l'accoutumée, le sort de femmes victimes de violences perpétrées par des hommes.

Le verdict est sans appel : toutes les couches sociales de chaque nation sont concernées par ce crime. Ce bilan macabre malheureusement semblait faire le lit du statut quo ambiant jusqu'à ce qu'enfin ça et là des voix pour le moins inattendues, s'élèvent elles aussi pour briser l'omerta.

Serait-ce enfin, la fin de la politique de l'autruche ?

Si ce phénomène arrimé aux rapports de force qu'exercent les hommes sur les femmes n'est malheureusement pas nouveau, le traitement qui en est fait désormais reflète moins les limites du seuil d'acceptation collectif, que l'impossibilité de chaque sphère à pouvoir plus longtemps continuer à camoufler cette ignominie toujours plus prégnante.

Ce sujet dont la légitimité du traitement se cantonnait aux spécialistes, à la société civile et aux quelques institutions daignant le prendre en compte, semble fort heureusement s'en affranchir. Le grand public s'en empare, en devient la caisse de résonance, le porte-voix. La parole se libère, au mépris du risque de la rupture des derniers remparts qui tant bien que mal voulaient en justifier le silence.

Faisant fi du socialement correct, la dénonciation des violences faites aux femmes tente de se hisser au dessus du lot dans un monde ou la compétition entre les causes à défendre ne laisse place qu'aux lobbies les plus forts.

Faut-il saluer la mise en lumière par tous de ce sujet jusque-là tabou, ou regretter que le traitement qui en est fait désormais risque à la longue devenir contre-productif ?

Faut-il s'inquiéter de ce que la vulgarisation de la question la banalise au point de rendre inaudibles, le plaidoyer et les revendications pourtant fondées de toutes les personnes engagées contre les violences faites aux femmes ?

Faut-il redouter que la culpabilité des familles ne puisse tenir face aux pesanteurs sociales ?

Que ces dernières subsistent malgré les lois internationales existantes dans les pays qui les ont ratifiées sans veiller à leurs applications ? Quid de la violence institutionnelle à l'oeuvre, d'une société à l'autre, où cohabitent des politiques publiques et des pratiques attestant de la duplicité du législateur ? 

Le temps d'énoncer toutes ses questions, que déjà de nombreuses femmes sont passées de vie à trépas.

 

25-novembre-affiche-violence-faites-aux-femmes

 

Même la déclaration universelle des droits de l'homme dont le monde se targue n'y résiste pas. (En attendant par ailleurs que la langue française se résolve à la désigner comme déclaration universelle des droits humains, afin de mettre en exergue son caractère inclusif, plutôt que de s'en expliquer par « homme avec un grand H ... »).

Rappelons ce qu'elle stipule dans son article premier : « tous les hommes naissent libres et égaux... » A ce qui précède, il n'est pas superflu de rajouter « les femmes aussi », compte tenu de ce que cela ne semble être une évidence pour tous...

Rajoutons à cela que dans nombre langues africaines la terminologie, traduisant « droits de l'homme » ne se traduit que par droit de l'individu de sexe masculin... 

Nos travaux de recherche sur l'articulation des rapports sociaux entre les femmes et les hommes, nous aura donné la constante suivante : les femmes étant des êtres humains à part entière, aucune pratique sociale, culturelle, religieuse ou autre ne saurais justifier la mise en péril de leur vie, ni de leur intégrité morale physique et psychique pour en faire des êtres entièrement à part. Rien ne nous donne de reconsidérer ce postulat qui demeure intangible, depuis pourtant plus d'une décennie d'investigations sur la question, et rien ne nous donne de le reconsidérer à ce jour.

Si la répartition des rôles sociaux peut être justifiée pour le fonctionnement harmonieux de chaque société, doit on à ce titre-là fermer les yeux sur les travers qui procèdent du patriarcat ?

Florilège :

Violences domestiques, violences institutionnelles, agressions dans l'espace publique, harcèlement moral et sexuel au privé comme dans la sphère professionnelle, attouchements, droits de cuissage, incestes, mutilations génitales féminines, viol, viol conjugal, viol génocidaire, crimes rituels, inégalités salariales, discriminations d'accès à l'éducation, à l'emploi, aux soins de santé, à l'eau, conditions favorisant le décrochage scolaire, pénibilité des tâches domestiques et agricoles, esclavage domestique, mariages et grossesses précoces, mariages forcés, rites de veuvage dégradants... Ceci n'est qu'une liste non exhaustive.

Si certaines de ces exactions ciblent aussi les hommes, dans toutes les sociétés le constat reste le même : Les victimes sont en majorité, les filles et les femmes. 

Il est donc évident au regard de ce qui précède que la mobilisation de tous, hommes et femmes est nécessaire pour relever ce défi des inégalités d'accès aux droits entre les hommes et les femmes, ceci pour la construction d'une meilleure justice sociale. Que les femmes soient majoritairement du côté des victimes et les hommes en majorité du côté des bourreaux, ne justifient pas que ces derniers soient disqualifiés de la mobilisation, ou se perçoivent eux-même comme inéligibles à cet engagement.

Cela demande aux hommes mais aussi aux femmes, de se remettre en question pour changer tous leurs schèmes de pensée. Les pratiques et traditions amènent chaque individu à intérioriser des attitudes pourtant préjudiciables. Seul l'engagement en faveur de la cause des droits des femmes permet de sortir de la culpabilité, de la stigmatisation, et de s'extirper du carcan du tort causé à autrui. Et faut-il le dire, ce tort ne laisse jamais indemne celui qui en est l'acteur.

Quand bien même ces actes semblent trouver l'approbation auprès des pratiques à l'oeuvre dans ses traditions.

Il ne s'agit donc pas que de dénoncer, où relayer des informations dans la course au sensationnel, mais bel et bien de reconsidérer ses propres pensées, ses paroles ainsi que ses actes. Nous sommes tous responsables de ce qu'il advient à chaque femme victime de violences. N'attendez plus. Chaque jour du calendrier devrait être le 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, car les victimes collatérales en sont tout leur entourage immédiat.

#we men for women - #women for women 

 Lady NGO MANG EPESSE 

 Chercheur en Droits des Femmes

Secrétaire Générale de la plateforme citoyenne et apolitique "FR - Les Forces Républicaines"

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.