LA COALITION CORED DEMANDE LA DESTITUTION DU VICE-PRÉSIDENT DE LA GUINÉE ÉQUATORIALE

DANS LE CADRE DE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION, LA COALITION CORED AU VU DES FAITS RELEVÉS AU BRÉSIL À L’ENCONTRE DE TEODORO NGUEMA OBIANG MANGUE, DEMANDE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE ÉQUATORIALE DE RELEVER SON FILS DE SES FONCTIONS DE VICE-PRÉSIDENT.

AU MOMENT MÊME OU SE PRÉPARENT LES CÉRÉMONIES DU CINQUANTENAIRE DE L'INDÉPENDANCE, LE MANQUE DE MATURITÉ POLITIQUE DE LA FAMILLE DU DICTATEUR OBIANG EST RÉVÉLÉ GRACE AUX MÉDIAS SUR L’UTILISATION ABUSIVE DE PRÉROGATIVES DANS L'UTILISATION DU PASSEPORT DIPLOMATIQUE DÉTENU PAR TEODORO NGUEMA OBIANG MANGUE, VICE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE ÉQUATORIALE DANS SES VOYAGES PRIVÉS, CE QUI A DONNÉ LIEU À LA RÉVÉLATION D’UN SCANDALE QUI ÉCLABOUSSE LE RÉGIME ACTUEL QUI BAIGNE DEPUIS 39 ANS DANS LA CORRUPTION, DEPUIS L’ARRIVÉE AU POUVOIR DU DICTATEUR OBIANG NGUEMA MBASOGO.

La COALITION CORED qui représente 19 partis politiques et associations en exil, représentant plus de 200.000 personnes qui ont fuit le régime depuis l’arrivée au pouvoir du Président OBIANG NGUEMA MBASOGO installé sur un siège inamovible sans partage depuis 39 ans, interpelle le Président actuel sur la nécessité de mettre fin aux exactions commises par son fils, TEODORO NGUEMA OBIANG MANGUE, vice président de la Guinée équatoriale pour les actes de corruption que l’on découvre à longueur d’année à l’international.

Par rapport aux évènements qui viennent de se produire au BRÉSIL et que l’on découvre par la presse internationale, il convient de rappeler qu’un passeport diplomatique est un passeport délivré par un État souverain à ses diplomates pour leurs déplacements professionnels, ainsi qu'à des personnes les accompagnant.

Le titulaire d'un passeport diplomatique bénéficie généralement de l'immunité diplomatique. Les deux termes ne se recouvrent cependant pas complètement, puisque le passeport diplomatique est fourni par le pays pour lequel le diplomate travaille tandis que l'immunité diplomatique est (éventuellement) accordée par le pays d'accueil, soit par des accords bilatéraux ou internationaux, soit par une autorisation personnelle d'entrée en reconnaissance du rôle diplomatique du titulaire de ce type de passeport (droit souvent matérialisé par un visa dit diplomatique).

En droit international, seul le président de la république, le ministre des affaires étrangères et les ambassadeurs bénéficient d’une immunité totale pendant la période de leur mandat.

Si un détenteur de passeport diplomatique voyage pour son compte personnel, il doit présenter un passeport différent. Le passeport diplomatique est réservé aux diplomates en activité officielle.

A ce sujet, on s’interroge sur la date de naissance figurant sur le passeport présenté publié dans la presse qui semble comporter une erreur de date de naissance, ce qui comme chacun le fait permet de passer à côté de certains contrôles dans les aéroports dans lesquels sont chekés le nom et la date de naissance.

En l’occurence, selon les déclarations faites par le premier secrétaire de l'ambassade de Guinée équatoriale au Brésil, M. LEMINIO AKUBEN, secrétaire de l’ambassade a prétendu qu’il s’agissait d’un voyage privé et a déclaré à propos de TEODORO NGUEMA OBIANG MANGUE :

"Il est en mauvaise santé et a besoin de soins médicaux" sans préciser quelle maladie affecte le fils OBIANG ou l'hôpital dans lequel il chercherait un traitement au Brésil...

Cet aveu sur la nécessité d’aller se faire soigner à l’étranger en étant porteur de millions de dollars en cash nous rappelle que depuis 50 ans, dont 39 sous la dictature de la famille OBIANG, il n’a pas été possible en Guinée équatoriale de mettre en place un système sanitaire valable pour soigner la population et encore moins ses représentants au sommet de l’État, ce qui est inadmissible dans un pays d’un peu moins un million d’habitants qui est le 3ème pays producteur de pétrole d’Afrique.

La population équato-guinéenne est donc informée de la précarité de l’état de santé de celui qui aspire à remplacer son père à la tête de l’Etat, il est vrai qu’il suffit de voir sur les réseaux sociaux les vidéos qu’il met en ligne sur sa vie privée, montrant la manière dont il vit, pour voir que cette vie ne ressemble en rien avec celle de quelqu’un qui pourrait avoir des responsabilités au sein d’un Etat en dehors du fait d’être le fils de son père qui est président et d’avoir été nommé par lui comme vice Président.

Cette façon monarchique de gérer un État n’a rien à voir avec celle que l’on peut admettre aujourd’hui dans une République, d’un représentant de l’État qui n’est jamais à l’heure dans ses rendez-vous malgré le fait qu'il a à titre personnel une collection de montres valant une quinzaine de millions gravées parait-il à ses initiales, dont certaines valent à elles seules plus de 700.000 euros, il y a là un décalage inadmissible entre la vie d’un homme politique et celle de la population

On apprend ainsi à l’occasion de ce voyage privé que "L'argent saisi appartient au Trésor national et serait utilisé dans d'autres voyages que le vice-président ferait après avoir traversé le Brésil." Toujours selon ce même AKUBEN, TEODORIN devrait après le Brésil se rendre à Singapour.

Sur le même ton AKUBEN a demandé le remboursement de l'argent et des bijoux et a déclaré que le vice-président était sous la protection de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et ne pouvait faire l'objet d'inspections douanières ordinaires.

Or, si l’on se réfère à l’arrêt rendu par la Cour Internationale de Justice de LA HAYE dans son ordonnance du 7 décembre 2016 rendue à la demande de la Guinée équatoriale en vue de dire qu’en ce qui concerne les procédures pénales contre M. TEODORO NGUEMA OBIANG MANGUE, second vice-président de la République de Guinée Équatoriale chargé de la défense et de la sécurité de l’État, la République française a agi et agit en violation de ses obligations en vertu du droit international, notamment la convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et le droit international général, la Cour Internationale de Justice a estimé (page 16 – n°50) qu’il n’existait pas «prima facie », de différend entre les Parties susceptible d’entrer dans les prévisions de la convention contre la criminalité transnationale organisée, et donc de concerner l’interprétation ou l’application de l’article 4 de celle-ci.

Dès lors, elle n’a pas compétence « prima facie » en vertu du paragraphe 2 de l’article 35 de cet instrument pour connaître de la demande de la Guinée équatoriale relative à l’immunité de M.TEODORO NGUEMA OBIANG MANGUE. Il n’y a donc pas lieu pour elle d’examiner si les conditions procédurales posées par cette disposition sont réunies »

Et pour conclure sur ce chapitre concernant la prétendue immunité de TEODORO NGUEMA OBIANG MANGUE, la Cour Internationale de Justice de La Haye, en tant qu’organe suprême de l’ONU apporte les précisions suivantes :

« La convention étant le seul instrument que la Guinée équatoriale invoque pour fonder la compétence de la Cour en ce qui concerne l’immunité alléguée de M. Teodoro Nguema Obiang Mangue, il découle de la conclusion ci- dessus que la Cour ne peut indiquer de mesures conservatoires en ce qui concerne ladite immunité ».

AINSI, LA PLUS HAUTE JURIDICTION DES NATIONS UNIES A VALIDÉ LE FAIT QUE L’IMMUNITÉ DIPLOMATIQUE DE TEODORO NGUEMA OBIANG MANGUE NE S’APPLIQUAIT PAS DANS SES DÉPLACEMENTS PRIVÉS ET ACHATS COMPULSIFS DE BIENS DE TOUTE NATURE, LE TOUT AGGRAVÉ PAR LA RECONNAISSANCE DU CRIME DE BLANCHIMENT POUR LESQUELS IL A ÉTÉ CONDAMNÉ EN FRANCE À UNE PEINE DE PRISON AVEC SURSIS (18 MOIS), A UNE LOURDE AMENDE ET À LA CONFISCATION DE TOUS SES BIENS (VOITURES ET IMMEUBLES).

Dans ce sens, le BRÉSIL qui a commencé sa lutte contre la corruption en emprisonnant l’ancien président de la République LUIZ INACIO LULA DA SILVA et en destituant l’ancienne présidente fédérative de la République du Brésil DILMA VANA ROUSSEFF, doit désormais montrer son intransigeance vis à vis de l’origine des fonds investis par la famille OBIANG au BRESIL.

Spécialement, au vu des explications hasardeuses fournies sur l’importante somme d’argent saisie en cash, l’opposition en exil s’interroge sur la destination des fonds interceptés par la douane brésilienne... car cette fois-ci, il ne s’agit pas de financer une école de samba ou de préparer le mariage du fils OBIANG avec une brésilienne ou de faire la fête... et s’il s’agissait tout simplement de financer quelques candidats potentiels à l’élection présidentielle pour s’assurer ensuite une tranquillité fiscale et pénale ?

En tout cas, la question est posée aux autorités brésiliennes.

Par ailleurs, la COALITION CORED prenant acte de la volonté affichée par la GUINÉE ÉQUATORIALE de lutter désormais contre la corruption, demande au Président OBIANG NGUEMA MBASOGO de destituer sans délai le vice président en exercice et de mettre en place un audit avec des experts internationaux indépendants pour examiner l’origine des ressources financières de TEODORO NGUEMA OBIANG MANGUE depuis l’origine de ses fonctions en tant que ministre jusqu’à ce jour.

 

 

                                                                                                                                                      

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.