Mécanique.

Premier article tentant de témoigner le monde actuel, plutôt que d'essayer de prévoir le monde futur.

L'équation des inégalités ...

En ce 20 Janvier 2019, la société de communication entame sa vingt-sixième année. L'Affaire Benalla ne bat pas tout à fait son plein en ce sens que les médias dominants (BFM TV en tête), n'ont pas encore réussit à quantifier à quel point le peuple lointain, non-parisien, se sont rendus compte du poids des inégalités qu'ils subissent.

Il faut dire que Paris a tout d'une exception, épousant les transitions énergétiques, numériques et politiques avec 20 ans d'avance par rapport à la province, tout en ayant un taux inégalé de destruction de la nature, d'inégalité économique.

Si mes calculs sont bons, 2021 devrait avoir une puissance politique bien supérieure à 2001. Cet produit peut paraître hasardeux au mieux, elle est pourtant la quantification d'une équation laborieuse.

L'Affaire Benalla d'abord, révèle au grand public l'investissement intellectuel d'une certaine caste sociale à sauvegarder ses acquis par des moyens para-légaux. Ici, un groupe de barbouzes mais aussi un gouvernement parallèle comme Ludovic Chaker, un analyste peu doué et un poil mythomane, dirigeant officieusement des pans entiers du renseignement français pour le compte de Sa Majesté.

Cet événement peut être mis en addition avec d'autres actualités comme : la présence de lobby au gouvernement, désormais accusé d'avoir collaboré avec Monsanto pour justifier de l'utilisation du glyphosate ; le financement de campagne de l'outsider-devenu-président Emmanuel Macron jugé comme l'apogée des travers en matière de financement occulte et de ploutocratie ; la mise en place d'une boutique à l'Elysée, non seulement favorisant les intérêts privés au mépris de la République, mais permettant de lancer des soupçons s'agissant d'une caisse noire de dons politiques n'obéissant pas aux contraintes de transparence, qui de plus a été mise en place par Alexandre Benalla qui n'a pas su, non plus, obéir à ces mêmes contraintes.

La puissance de la société de communication permet à tout un chacun d'être bombardé par l'information permanente. Là où les élites crient légitimement à la "désinformation" occasionnelle, l'humain de 2019 est celui qui, fasse aux affaires politiques toujours plus nombreuses, s'émeut d'une République toujours plus gouvernée par son antonyme : le lobby.

S'ajoute alors aux informations reçues dans le cadre conventionnel : Cash Investigation, Datagueule, Envoyé Spécial, etc. toute la puissance de l'algocratie, de la ploutocratie et de l'autocratie : des faux-comptes, faux sites d'information et faux témoignages aux profits des partis, des nations et des intérêts privés. La règle de 3 appliquée à l'information.

Forme vs fond : la réalité sous-jacente

Lorsque le gilet jaune apparaît sur nos écrans, il est le produit d'une société totalement décalibrée, avec un fond juste qui lui permet de pointer du doigt les nombreux travers de la société sous une forme abjecte : celui de la désinformation et de l'ignorance. Cette expression maladroite permet alors aux politiques de se défausser de toute mauvaise pratique. La victime devient bourreau, vague brune, anti-républicain, tandis que l'anti-républicain devient sauveur, lui permettant d'exercer fédéralisme & libéralisme en toute impunité.

Car il s'agit bien de ça aujourd'hui, le début d'une guerre d'opinion entre au moins trois forces majeures en France : d'un côté les fédéralistes européens, dont le but principal est d'achever une construction européenne économique dans l'objectif de pouvoir affronter les puissances chinoises et américaines au détriment des idéaux écologiques et égalitaires. De l'autre, deux forces toujours plus mineures : les "extrêmes", les nationalistes et les républicains, souvent confondues et qui doivent composer avec l'ajout de forces minoritaires : les régionalistes, les anarchistes, etc.

Au-delà de la forme d'un état, c'est aussi un projet de vie qui est défendu. La mondialisation fait son oeuvre, crache-t'on souvent du côté des universitaires et des officiels, mais à quel prix ?

Les importations venues de Chine n'en finissent plus d'achever l'écosystème, tant sur le plan de la production que de l'acheminement, l'économie américaine ne s'arrête pas de spolier les richesses intellectuelles et humaines de tant de pays. Le monde souffre de la guerre économique qui refuse de s'appeler guerre ou d'en assumer les conséquences réelles.

Tout en bas pourtant, le peuple n'aspire à rien de tout ça et a l'impression de voir un projet politique tricentenaire : "Liberté, égalité, fraternité", être vendu pour satisfaire la puissance économique de certains.

Il est difficile de leur donner tort, les inégalités augmentent, et rien ne prouve qu'être un pays plus riche leur assurera plus de bonheur. Il n'est pas très difficile pour eux de le savoir, puisqu'ils n'ont qu'à regarder par-delà l'Océan Atlantique pour y voir que même dans le pays le plus riche du monde, on n'y est pas mieux logé, pas mieux nourri, pas mieux éduqué et pas mieux soigné.

Les prochaines élections, notamment municipales, risquent de mettre la scène politique française face aux conséquences de ces choix. Et certaines villes, comme Lyon, pourrait pâtir des divisions irréconciliables entre les trois forces majeures, retenues en otage par un despote métropolitain du "nouveau monde".

 

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