Jean Sarkozy aux rattrapages de droit : Entre mensonge et omission

Jean Sarkozy sort de ses rattrapages de droit © Acturevue Acturevue
Jean Sarkozy sort de ses rattrapages de droit © Acturevue Acturevue

Certains journaux relayaient l’information, cet été, selon laquelle Jean Sarkozy avait validé sa deuxième année de droit et pouvait débuter sa dernière année de licence. Pourtant, il n’en est rien. Acturevue a aperçu le fils du président sortir de son examen de rattrapage (ou troisième session) le 29 septembre.

Rappel des différents mensonges ou erreurs qui n’ont pas cessé depuis l’épisode de l’EPAD.

 

 

« Dans un an et demi j’aurai ma licence »

 

Le cursus scolaire de Jean Sarkozy, président du groupe UMP-Nouveau centre-Divers droite et administrateur de l’Epad reste toujours un mystère. Un flou entretenu par plusieurs mensonges du fils Sarkozy et par le manque de transparence sur cette question, loin d’être intéressante.

 

Si les difficultés que possède Jean Sarkozy pour réussir sa troisième année de droit ne lui sont pas reprochables, certaines choses restent pour nombre de gens inacceptables.

Les différents mensonges de l’intéressé et le fait qu’il administre un site qui compte 150 000 salariés pour 2 500 entreprises, dont plusieurs du CAC 40 alors même qu’il a triplé sa deuxième année de droit ne cesse d’exaspérer certains élus, étudiants ou blogueurs comme le traduit ce commentaire d’une juriste laissé sur Lepost.fr :

« Pourquoi n'avez-vous pas encore obtenu votre examen en droit administratif, matière complexe et emblématique de la deuxième année de droit ? Parce que c'est dans ce cours justement qu'on traite des établissements publics administratifs, de leur gestion et du contentieux entre usagers et l'Etat dans ce domaine ! Si vous aviez dit que vous aviez réussi haut la main ce cours, alors là vous auriez été plus crédible à nos yeux ! Parce qu'être à la tête de cet établissement public administratif qu'est l'EPAD requerrait bien ça non ? »

 

Alors que plusieurs journaux relataient en août 2010, l’information selon laquelle Jean Sarkozy aurait (enfin) validé sa deuxième année de droit , Acturevue a, hélas pour lui, la preuve (grâce à notre vidéo et aux étudiants présents) que c’est un mensonge ou une erreur.

En effet, l’un des plus jeunes conseillers généraux des Hauts-de-Seine passait le 29 septembre 2010 ses dernières épreuves de droit des affaires et de droit des obligations (lors d’une troisième session de rattrapage). Si jamais Jean Sarkozy obtient la moyenne, il pourra intégrer une troisième année de droit au Cavej (Centre audio-visuel d’Etudes Juridiques à distance rattaché à l’Université Panthéon Sorbonne). Dans le cas inverse, il ne pourra (sauf dérogation du père) poursuivre ses études de droit.

 

Beaucoup de mensonges pour peu d’intérêt

 

Quelle année de droit Jean Sarkozy a-t-il validé ? Cette question n’est à priori pas intéressante. Mais elle le devient, dès lors que l’on découvre les mensonges du fils du président qui semble prendre exemple sur certains membres du gouvernement.

 

Jean Sarkozy avait d’abord déclaré dans une interview au Point d’octobre 2009 :

« J'ai validé trois matières de ma deuxième année présentée. Et je peux même vous donner les notes : 11 en histoire des idées politiques ; 14 en finances publiques et 19 en droit immobilier et en droit civil. Vous pouvez vérifier. » et ajoutait « dans un an et demi j’aurai ma licence ».

 

Comme nous l’avions rappelé, cette déclaration était un premier mensonge. En effet, le droit immobilier n’existe pas en deuxième année de droit. La matière validée par Jean Sarkozy, est un oral de droit des biens de 20 minutes coefficient 1. Et le droit civil est un écrit de 3h coefficient 3 (qu’il vient de passer ce mois de septembre). Ce qui est beaucoup moins flatteur pour quelqu’un qui voulait diriger une des plus grandes place d’affaire d’Europe.

 

Il avait ensuite déclaré, toujours au Point :

 

« Je présenterai les quatre matières restantes lors du prochain contrôle ».

Encore un mensonge. Comme le prouve notre capture d’écran du site du Cavej, il ne pouvait lui rester que dix matières minimum à passer dont quatre que l’on dit fondamentales.

 

Et selon Rue89, Jean Sarkozy a bénéficié d’une double dérogation.

La première est d’avoir pu, en première année, changer de fac de droit (de Nanterre à Paris I), ce qui pour un étudiant lambda est presque impossible. La seconde est d’avoir pu tripler sa deuxième année de droit, ce qui est en principe interdit.

 

Il reste à préciser qu’Acturevue ne tient pas spécialement à s’acharner sur un étudiant en difficulté. Seulement, la situation nous paraît tellement grotesque et critiquable que nous avions deux objectifs. Le premier consiste à dénoncer le fait qu’un étudiant en deuxième année puisse administrer l’Epad quand des milliers de jeunes au cursus beaucoup plus étoffé ne trouvent pas d’emplois. Le second vise à condamner les mensonges de ce jeune homme qui prend peut-être exemple sur ses pairs mais qui dessert son image et celle de la politique en même temps.

 

D.Perrotin

Plus d'articles sur http://www.acturevue.com

Un cursuslaborieux

 

Juin2004 : Bac L obtenu auLycée Pasteur de Neuilly

Septembre2005 : Hypokhâgne aulycée Henri-IV à Paris (abandon)

Septembre2006 : Première annéede droit à Nanterre puis Paris obtenue avec 12,5 de moyenne générale

Septembre2007 : Echoue à sadeuxième année de droit

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Septembre2009 : Repasse unetroisième deuxième année de droit

Septembre2010 : Passe une troisièmesession de sa troisième deuxième année de droit

 

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