ENFIN !

Enfin le ministre de l'outre mer annonce un assouplissement des conditions d'entrée et de sortie du territoire mahorais, pour les ressortissants des Comores.

 

Ils ont enfin compris à Paris qu'il n'y avait rien à voir entre un Ivoirien sans papier en France et un anjouanais dans le même cas à Mayotte. Traiter les deux cas de la même manière relevait de l'injustice voir de l'absurde. Yves Jégo tout frais nommé ministre de l'outre mer, en remplacement du sémillant mais peu compétent motard Estrosi, en a surpris plus d'un ici à Mayotte. Jeudi dernier à peine descendu de son avion il convoque la presse locale et ses suiveurs (je veus parler ici de la bande de journalistes parisiens absolument ignorant de tout qui accompagnent docilement les ministres lors de leurs séjours outre mer) pour leur annoncer que la politique du tout répressif en matière d'immigration à Mayotte prend fin. Le changement de cap est radical, Jego parle de libre circulation et de libre échange avec Anjouan. La presse locale est littéralement sous le choc elle qui majoritairement depuis des mois et des mois s'emploie à vendre la politique ultra répressive du gouvernement français à Mayotte.

 

Maraîchage et hôpital

 

Le ministre explique : il faut développer le maraîchage à Anjouan pour approvisionner Mayotte en fruits et légumes bon marché plutôt que les importer de France; il faut aider Anjouan à se doter d'un hôpital digne de ce nom ce qui évitera aux femmes de là bas d'avoir à faire le voyage jusqu'à Mayotte pour accoucher dans de bonnes conditions; il faut délivrer des visas saisonniers pour les anjouannais qui travaillent à Mayotte et des visas de courts séjours pour ceux qui viennent rendre visite à leur famille. C'est donc clairement la fin du "visa Balladur", politique qui consistait à appliquer sans distinction les mêmes critères à Mayotte qu'en France pour les attributions de visas. Quand on lui demande si la traque aux sans papier va se poursuivre voir s'intensifier, le ministre répond clairement que la position de la France envers les personnes en situation irrégulière reste la sévérité mais que la répression passe au second plan au profit de la coopération avec Anjouan.

 

Il ne reste plus qu'à espérer qu'il s'agisse bien là d'une politique volontariste et non d'un simple effet d'annonce. Si c'est bien le cas l'atmosphère risque de devenir un peu plus respirable à Mayotte dans les mois qui viennent.

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