Lignes, syllabes, cases: violences et discriminations par la langue

Article paru dans la revue numéro 69 du Genepi, numéro intitulé «Domination par le langage».

Ses lèvres bougent, mais aucun son ne sort. Il s’accroche aux lignes avec son doigt, il essaie de lutter, mais les lettres sont là, les syllabes. A chaque espace, c’est un peu de repos, reprendre son souffle, avant le prochain mot. Le mot commence. Il commence mal. Il commence avec une lettre qu’il ne connaît pas. Il est trop long. Son doigt butte sur le nouveau mot, la lettre se tord dans tous les sens. Il la regarde, droit dans les yeux. Cette fois, il l’aura. Ses lèvres bougent, la petite lettre devient un son. Et la lettre gît là, vaincue. Il sourit.  

            La langue est un outil de domination, mais aussi une arme de violence symbolique. Une violence « invisible » faite aux personnes dans la mesure où ce n’est pas une violence physique - mais justement d’autant plus sournoise, acide et tranchante qu’elle est prétendument « invisible ». Pourtant, pour nombre d’exilé.e.s, et par là on parle des demandeurs d’asile, personnes migrantes et réfugiées, arrivées en France, cette domination et cette violence n’ont rien d’invisible. Elle rythme leur vie au quotidien, leur rapport aux institutions, leur rapport aux autres, leur rapport à ce pays qui bien souvent refuse de les accueillir, et utilise la langue pour le leur faire savoir.

Apprendre est un combat

            Dans ce contexte, l’apprentissage de la langue est le lieu central de ce conflit et des rapports de domination qui le travaillent.

Les cours d’alphabétisation en sont un exemple. Chez l’apprenant.e, cela demande un investissement émotionnel et un effort important. La situation d’analphabétisme est vécue comme une humiliation pour les personnes, qui sont précarisées, isolées. Et avec le nombre de formulaires et de procédures administratives qui martèlent la vie des demandeurs d’asile, c’est une humiliation à répétition.

            « Ce qui est difficile pour moi, c’est qu’en Irak, avec mon mari, on était à l’aise, on avait un bon travail, et ici je ne sais pas comment écrire mon nom, je ne comprends rien, et les gens ne me comprennent pas », témoigne une femme d’une cinquantaine d’années. L’idée de tout recommencer à zéro. Depuis le tout début. Depuis l’alphabet. Qui se rajoute parfois au fait de ne pas avoir, ou d’être en attente, d’un titre de séjour. D’être dans l’incertitude « avec cette langue autour de nous qui nous rappelle qu’on a tout perdu », ajoute-t-elle.

Mais dans ces cours, il y a toute sorte de profils. Des personnes de toutes classes sociales, de tous âges. Récemment sont arrivées plusieurs femmes, parfois très jeunes, originaires du Nigéria, où elles n’ont jamais pu aller à l’école. En arrivant en France, le schéma de domination se reproduit, car elles n’osent pas aller à des cours de français, par honte de ne pas savoir lire. De même, l’absence d’habitude scolaire, le stress émotionnel lié à la salle de classe, le stress lié à l’écrit en général, tout cela les a souvent poussées à abandonner, et a posteriori rend l’apprentissage de l’écrit moins facile que pour des personnes ayant une expérience scolaire.

            Aussi, le modèle et matériau pédagogique des cours de FLE [Français Langue Etrangère, NdlR] ne sont pas toujours adaptés à des personnes qui n’ont pas beaucoup été à l’école, ou dans des systèmes scolaires parfois très différents [1]. Par exemple, axer le cours sur l’écriture et la lecture, même pour des niveaux A1 ou A2 [2], tend à défavoriser les personnes peu scolarisées et de fait rejoue les inégalités sociales et géographiques au sein de la classe.

D’autres facteurs entrent en jeu dans cet apprentissage, liés au parcours migratoire des personnes et aux événements qui ont marqué leur vie. Certaines personnes dans nos cours de français ont été victimes de réseaux de traite humaine, beaucoup de ces personnes ont été torturées, victimes d’exploitation sexuelle, certaines ont vécu des traumatismes liés aux conflits, à la guerre. La souffrance psychologique provoque parfois des traumatismes à l’apprentissage qui sont, selon les cas, parfois difficiles à déceler et suscitent toutes sortes de « blocages » et de difficultés supplémentaires.

La situation d’apprentissage est une situation extrêmement angoissante : face à l’alphabet, à la langue, on est dépouillé. « Le français c’est comme notre vie ici, on a rien », me disait un jour un élève. Un sentiment d’impuissance parfois face à la langue, d’échec, où certains drames se rejouent, certaines peurs aussi. Apprendre le français, pour beaucoup, est un combat. Un combat parfois avec eux-mêmes, mais pas seulement.

                  Apprendre le français relève aussi d’un combat dans la mesure où, premièrement, la prise en charge étatique dans ce domaine reste largement insuffisante. Ce sont les associations qui souvent prennent le relai, dans les centres d’hébergement, dans des centres sociaux ou des universités, mais les bénévoles sont souvent débordé.e.s, et de surcroit ne sont pas toujours formés. « Beaucoup des structures de formation Français Langue Etrangère étatiques sont réservées aux réfugiés statutaires, c’est-à-dire aux personnes ayant déjà obtenu un titre de séjour ou une protection subsidiaire » explique une bénévole. Cependant, une fois que les personnes ont suivi les 50 à 200 heures de cours obligatoires [3], beaucoup d’entre elles possèdent un niveau encore très fragile, et peinent à trouver d’autres cours et formations par la suite. Elles peuvent tenter leur chance pour s’inscrire dans des formations de FLE professionnalisantes, dont les listes d’attentes ne désemplissent pas. En juin 2017, pour une formation de l’IFRA [4] à Lyon, 15 personnes étaient inscrites, avec 65 personnes en liste d’attente pour chaque module. Le manque criant de structures et de places rend l’apprentissage de la langue réellement épique.

D’autre part, le français, dans ce cadre, est conçu comme « langue d’intégration », devenu un élément de la politique publique de contrôle de l’immigration, dans une logique de « tri » des personnes. Les cours de l’OFII [Office français de l’intégration et de l’immigration, NdlR] – accessibles aux réfugiés statutaires seulement – font partie du « contrat d’intégration républicaine ». Ce n’est pas anodin d’ailleurs si l’apprentissage du français est placé sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur, et non du Ministère de l’Education [5].

S’inscrivant dans la tendance actuelle de dégradation des conditions d’accueil et de répression des personnes exilées, des coupes budgétaires sont annoncées – réduisant par exemple de moitié le nombre de formations FLE des Missions Locales dans certaines villes, alors même que la situation est déjà catastrophique.

Ainsi, l’absence de prise en charge adaptée, la rareté des places, et le fait que l’inscription soit restreinte à des « conditions » préalables dans certaines structures [6], tendent à rendre l’apprentissage de la langue de plus en plus difficile. Alors même que le gouvernement annonce l’éventualité de rendre obligatoire la maîtrise du niveau A2 pour l’obtention d’un titre de séjour à partir de mars 2018 (mais comment apprendre le français sans cours et sans conditions matérielles satisfaisantes ?). Une manoeuvre de plus pour « trier » les personnes et les empêcher d’accéder à un droit de séjour.

Enfin, en empêchant les personnes d’accéder à des cours, on les empêche de reprendre leurs études, de trouver un travail – en bref de reconstruire leur vie - de prendre connaissance de leurs droits, mais aussi de se changer les idées, de rompre l’isolement, d’occuper leur temps d’attente. Rappelons que pour les demandeurs d’asile, la durée moyenne de la procédure est de 206 jours [7]. 206 jours où il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre, parfois seul et sans logement.

La langue est un outil de sociabilité, un levier social, un outil de défense de ses droits, et les cours sont souvent un espace de sociabilité et de rencontre. Apprendre la langue est un devoir peut-être, mais c’est aussi un droit.

Illustration de Claire Cordel, pour Passe-Murailles (Genepi). Illustration de Claire Cordel, pour Passe-Murailles (Genepi).

 

La langue pour discriminer

            De manière générale, explique A., la langue est un outil de discrimination à toutes les étapes du parcours migratoire. En Lybie, beaucoup de gens sont persécutés, enlevés ou tués s’ils montrent qu’ils ne parlent pas arabe. Car la langue catégorise. En France, le fait de ne pas parler français t’expose à des violences, à des difficultés supplémentaires dans les procédures, et surtout, une fois de plus, te catégorise comme « migrant » - étiquette dont raffolent nos journaux et nos politiques. « Mais depuis quand la seule langue que tu parles puisse entraîner tant de choses ? » s’interroge-t-il. M. témoigne, « la police ici me fait peur, ils sont très agressifs et surtout très violents ; la dernière fois ils se sont approchés de moi derrière la gare, je pense pour un contrôle de papiers, je me fais tout le temps contrôler ; j’ai fait un mouvement pour prendre mes papiers, mais un des gars a crié contre le mur. Mais il parlait tellement vite, et je ne comprenais pas les mots, alors je l’ai regardé, je ne savais pas quoi faire. Alors ils ont sauté sur moi à plusieurs, ils m’ont plaqué au sol, l’un d’eux a planté son coude dans mon dos, je ne pouvais plus respirer ».

Au-delà des violences policières, des abus verbaux, c’est aussi l’impuissance quotidienne, lorsque l’on n’arrive pas à communiquer et à comprendre, dans un environnement parfois hostile, et qu’on s’en trouve considérablement isolé. La caissière qui dit quelque chose, quelqu’un qui nous interpelle dans la rue, ne pas arriver à trouver ce que l’on cherche… 

En fabriquant cet isolement et cet enfermement, on rend les exilés invisibles, on essaie de se débarrasser d’eux en les neutralisant comme force sociale et politique. Cette domination politique provoque ensuite chez les locuteurs, même ceux ayant un bon niveau de français, un certain nombre d’effets, comme l’insécurité linguistique, l’autocorrection permanente.

            La langue est aussi un prisme pour apercevoir l’absurdité et la cruauté de nos politiques migratoires. Une jeune femme camerounaise par exemple, a été renvoyée le mois dernier en Italie, selon les logiques de la procédure Dublin [8], alors qu’elle avait un tissu de connaissances en France, parlait français, avait trouvé un petit emploi. Dans le cadre de la procédure Dublin, la langue n’est pas prise en compte comme une raison suffisamment solide pour empêcher le renvoi des personnes vers des pays dont elles ne parlent pas la langue. Cela est vrai aussi pour les demandeurs d’asile qui parfois pendant plusieurs mois attendent leur passage en procédure normale, et en attendant ne trouvent pas le courage de se lancer dans l’apprentissage du français, se sachant potentiellement expulsés de France du jour au lendemain.

            Mais les actes de résistance aussi sont multiples et pluriels. Des groupes Facebook, Whatsapp et des chaînes youtube où les personnes exilées s’organisent pour s’échanger des phrases et des photos d’exercices et de fiches – car souvent les personnes n’ont pas les moyens d’acheter des manuels [9]. Mais aussi des cours organisés par des bénévoles, des sorties, des tandems pour revaloriser les langues des personnes, inverser les rôles.

Campagne d'affichage du Collectif R (Suisse) : désobéissons.ch Campagne d'affichage du Collectif R (Suisse) : désobéissons.ch

Une discrimination institutionnalisée

            En France, les langues maternelles ou langues parlées par les personnes cristallisent chez l’administration tout un tas de problèmes et de préjugés éloquents. A. me parle des rapports de domination dans ces apparents manquements. « L’administration française ne reconnaît pas ma langue, qui est le four, alors on me demande d’écrire que l’arabe est ma langue maternelle, puisque je le parle aussi. Mais à chaque fois que j’écris ça, quelque chose me dérange. Je vois ici le même problème qu’au Soudan : au Soudan, on ne reconnaît pas notre langue, notre identité, les gens sont tués au Darfour par des milices qui se disent « arabes » et dans les écoles on apprend l’arabe, qui n’est pas notre langue ». Souvent, ce n’est pourtant pas un simple manquement. C’est une manière de priver les personnes de leur droit.

            R, 20 ans, a eu son entretien à l’OFPRA [Office français de protection des réfugiés et apatrides, NdlR] il y a six mois. Son entretien s’est déroulé avec un interprète en pashto, alors qu’il ne parle pas pashto, mais dari, une autre langue de l’Afghanistan. De plus, il vient d’une famille qui a été, en raison de son appartenance ethnique, persécutée par des Pashtos. Selon lui, lorsqu’au début de l’entretien, il essaie d’expliquer la situation en anglais tant bien que mal à l’évaluateur [10], celui-ci rétorque que ce n’est pas son problème, et que c’est quand même « un peu pareil » (sic). Résultat, deux mois plus tard, R reçoit une lettre de refus de la part de l’OFPRA, « son récit n’est pas vraisemblable ». En réalité, il ne comprenait pas certaines questions, et n’avait aucun moyen de vérifier que l’interprète comprenait ses réponses avant de les traduire. Après un recours, il dispose désormais de la protection subsidiaire. Mais les déboires ne sont pas terminés. Arrivé à la Mission Locale pour s’inscrire à une formation professionnelle, il parle désormais bien français. La conseillère lui demande d’indiquer sa langue maternelle dans sa fiche, il lui dit « dari », mais la conseillère fronce les sourcils en faisant dérouler la liste des langues sur son ordinateur. « Désolée, ca n’existe pas. – Sinon on peut mettre farsi, c’est la langue de l’Iran, comme c’est à côté de l’Afghanistan. - Non, il y a juste arabe, ça ira ? » Voilà donc que dans sa fiche de formation professionnelle, il est écrit qu’il parle arabe. « La vie est pleine de surprises », ironise R.

            Les déboires de R sont loin d’être un cas exceptionnel. Souvent, les interprètes ne sont pas disponibles, les feuilles d’information ne sont pas traduites, et les personnes sommées de signer des papiers déterminants sans pouvoir les comprendre [11].

            La langue est aussi l’outil discriminant qui va participer à la précarisation des personnes, à leur déclassement social. L'impossibilité de reprendre son métier et ses études, le manque de places en formations professionnelles, être cantonné aux domaines "peinture dans le bâtiment, entretien..." n'est malheureusement que trop courant. L'un d'eux, dans cette situation, et qui enchaîne des "stages" en grande surface, n’est plus à une surprise près. Après plusieurs fautes dans son prénom (dans la transcription de l’arabe, alors qu’un registre de transcription unifié des prénoms arabe permettrait enfin d’empêcher les erreurs), des erreurs dans le nom de son village, des complications absurdes ont marqué toute sa procédure d’asile. Beaucoup de nuits blanches. Face à l’administration, dans tous les services, tous les bureaux, il faut répéter, plusieurs fois par jour, par semaine, nom, prénom, nationalité, âge. Etre rangé dans les petites cases, les numéros, dans la queue qui s’étend devant Forum Réfugiés et devant la préfecture.

            En discutant avec A., R., L. et les autres, en donnant des cours de français, beaucoup de questions me sont venues. Des questions naïves qui mettent ce pays en face de ses contradictions. Pourquoi n’y a-t-il pas de budget pour l’apprentissage du français alors qu’on nous martèle que c’est crucial ? Pourquoi l’apprentissage de la langue est-il conçu uniquement sous l’angle de « l’intégration » et du « tri » politique des personnes ? Pourquoi aussi précarise-t-on délibérément des personnes diplômées et qualifiées à cause de leur origine et de la langue ? Pourquoi le bilinguisme est-il valorisé différemment selon les langues et la couleur de peau ?

« On est venus ici pour aller à l’école » me disait un jeune. Le chemin est long, mais ils se battent. Alors battons-nous avec eux. Et cette parole d’une bénévole qui me revient, et que je voudrais citer, « On leur enseigne la langue. A eux d’inventer leur langage ».

 

Lien vers la boutique du Genepi : http://isp263.wixsite.com/laboutiquedugenepi/_p/prd1/4661834292/product/%2369-domination-par-langage.-prisonniers-des-mots-%3F

 

[1] Par « systèmes scolaires différents », on parle là moins de différences culturelles dans l’enseignement, même si c’est aussi un facteur, que de systèmes scolaires malmenés dans certains pays, par manque de moyens, insécurité politique, et inégalités sociales qui impactent drastiquement la scolarité.

[2] Niveaux du cadre de langue de référence, sanctionnant un niveau minimum en langue française.

[3] Dispensés dans le cadre du contrat avec l’Office Français de l’Intégration et de l’Immigration, par divers organismes habilités.

[4] Institut de Formation en Rhône-Alpes.

[5] A ce titre, de nombreuses associations dénoncent cette situation : voir notamment l’excellent manifeste « Le français pour tous » de janvier 2017, disponible à l’adresse suivante http://www.gouttedor-et-vous.org/Manifeste-Le-Francais-pour-tous.

[6] Notamment celle d’un titre de séjour, ou d’un récépissé de demande d’asile valide, ce qui ferme la porte à des plusieurs milliers personnes qui ne rentrent pas dans ces critères.

[7] 2014, selon l’OFPRA : cette durée concerne la durée entre la dépose de demande d’asile et la réponse de l’OFPRA pour les personnes en procédure normale.

[8] La procédure Dublin tient son nom des accords de « Dublin III », qui stipulent que toute personne arrivée sur le territoire français ne peut y faire sa demande d’asile – sauf passage en procédure dite « normale » - si celle-ci a déposé ses empreintes dans un autre pays européen, souvent son premier pays d’arrivée, vers lequel elle sera donc renvoyée. Ce premier pays est considéré de fait comme le pays « responsable » de sa demande d’asile. Dans beaucoup de cas, ce sont l’Italie, l’Espagne, ou encore la Hongrie. L’absurdité de ces accords, qui déresponsabilisent les pays comme la Suisse et la France qui ne sont pas géographiquement les premiers pays d’arrivée, et qui transforment la vie des demandeurs d’asile en jeu de renvois et de transferts, est dénoncée par de nombreuses associations, et dans le récent mouvement « Stop Dublin ».

[9] Manuels qui par ailleurs ne correspondent pas toujours aux besoins réels et à la situation des personnes concernées.

[10] L’entretien à l’OFPRA, pendant lequel le demandeur d’asile expose son histoire et répond aux questions, dans l’espoir de recevoir une réponse positive. L’entretien est compose de trois personnes : le demandeur d’asile, l’évaluateur, et l’interprète.

[11] Manquement grave qui dans beaucoup de cas, avec l’aide d’un avocat, pourrait peser en faveur des personnes exilées lors des recours, mais qui parfois, faute d’accès à des permanences juridiques et des personnes compétentes, n’est pas pris en compte ni signalé.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.