Titre de séjour contre tickets de bus: les migrants de nouveau ciblés au Maroc

L’information est apparue hier sur les réseaux sociaux, puis reprise par le journal en ligne Yabiladi : dorénavant, «les voyageurs africains» au Maroc (comprendre subsahariens ou noir) souhaitant voyager en autocar devront justifier d’un titre de séjour valide auprès des compagnies de bus, sous peine de se voir refuser la vente du ticket.

L’information est apparue hier sur les réseaux sociaux, puis reprise par le journal en ligne Yabiladi : dorénavant, “les voyageurs africains” au Maroc (comprendre subsahariens ou noir) souhaitant voyager en autocar devront justifier d’un titre de séjour valide auprès des compagnies de bus, sous peine de se voir refuser la vente du ticket. 

Cette mesure s’accompagne d’un contrôle renforcé pour les destinations du nord du pays comme Tanger, Nador, Tétouan, et Oujda (point d’entrée au Maroc pour les migrants arrivant d’Algérie).

Les migrants présents au Maroc se trouvent déjà en grande difficulté, puisque peu d’associations peuvent intervenir sur place, et que leurs droits se trouvent régulièrement bafoués. Les traques policières dans les villes du nord sont quotidiennes, ainsi que les refoulements (lors d’opérations policières, les migrants sont parqués dans des bus et envoyés à des centaines de kilomètres de leur lieu d’habitation, et dans certains cas jusqu’à Dakhla ou Laâyoune, des villes proches de la frontière mauritanienne).

Certains ressortissants subsahariens ayant des papiers en règle, sont eux aussi parfois victimes de ces refoulements. Ils sont alors obligés de payer le transport pour retourner dans leur ville de résidence, après s’être vu volés leurs biens par des officiers de police marocaine.

Cette nouvelle mesure raciste (puisque visant uniquement les personnes noires) est aussi le résultat des pressions de l’Union Européenne, qui demande au Maroc, pays de transit, de gérer les flux migratoires, faisant alors fi des des droits de l’homme, les violences commises par les forces de l’ordre marocaines étant bien connues et dénoncées par diverses associations et journalistes.

photo twitter © Yabiladi photo twitter © Yabiladi

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