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Billet de blog 22 janv. 2022

Notion d'agriculture urbaine

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Il parait important de préciser la notion d’agriculture urbaine. Pour commencer un certain nombre de définitions afin d’utiliser le terme à bon escient:

L’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) propose une définition faisant la distinction entre agriculture urbaine et agriculture périurbaine :

« L’agriculture urbaine et périurbaine (AUP) se réfère aux pratiques agricoles dans les villes et autour des villes qui utilisent des ressources – terre, eau, énergie, main-d'œuvre – pouvant également servir à d'autres usages pour satisfaire les besoins de la population urbaine. L’agriculture urbaine (AU) se réfère à des petites surfaces (par exemple, terrains vagues, jardins, vergers, balcons, récipients divers) utilisées en ville pour cultiver quelques plantes et élever de petits animaux et des vaches laitières en vue de la consommation du ménage ou des ventes de proximité (FAO, 1999) ».

Cette première définition  est restrictive quant à la surface agricole utile (SAU), l’AU est cantonné aux petites surfaces.

Moustier et Mbaye, précurseur sur le sujet, s’oriente sur une définition de sensibilité plus écologique :

« L’agriculture périurbaine – correspondant à l’agriculture urbaine selon la terminologie anglo-saxonne – est considérée comme l’agriculture localisée dans la ville et à sa périphérie, dont les produits sont destinés à la ville et pour laquelle il existe une alternative entre usage agricole et urbain non agricole des ressources; l’alternative ouvre sur des concurrences, mais également sur des complémentarités entre ces usages : foncier bâti et foncier agricole; eau destinée aux besoins des villes et eau d’irrigation; travail non agricole et travail agricole; déchets ménagers et industriels et intrants agricoles; coexistence en ville d’une multiplicité de savoir-faire due à des migrations, cohabitations d’activités agricoles et urbaines génératrices d’externalités négatives (vols, nuisances) et positives (espaces verts) (Moustier et Mbaye, 1999) »

Cette définition se rapproche plus de l’utilisation du terme qui sera faite dans ce mémoire en ne circonscrivant par l’AU à une SAU déterminé mais inscrivant la démarche agricole urbaine dans un système alimentaire territoriale (SAT).

René van Veenhuizen, énonce que :

« [Nous traduisons...] le caractère distinctif le plus important de l'agriculture urbaine n'est pas tant sa localisation [...] mais le fait qu'il s'agit d'une partie intégrante du système urbain sur le plan économique, social et écologique: l'agriculture urbaine utilise des ressources urbaines (terre, travail, déchets organiques urbains, eau), produit pour les citoyens urbains, est fortement influencée par les conditions urbaines (politiques, concurrence pour les terres, marchés urbains et prix) et a un impact sur le système urbain (effets sur la sécurité alimentaire et la pauvreté urbaine, impacts écologiques et sanitaires) ». (Van Veenhuizen, 2006)

On voit que le cadre de cette définition l’AU est définie par sa lien fonctionnel et réciproque avec la ville plus que par sa localisation.

Sur la base de ces trois définitions et de nos propres réflexions, l’AU semble pouvoir définir la pratique agricole sur un territoire délimité comportant un noyau ou une composante urbaine et à destination de celui-ci.

Cette définition est généraliste de manière volontaire car elle permet de cerner l’essence de notre travail à savoir la production alimentaire localisé sur une collectivité urbaine et à destination de cette collectivité.

Si la définition est large nous explorons dans ce mémoire le pendant professionnel de l’agriculture urbaine plus précisément le renouveau que l’AU apporte à la profession de maraicher. On analysera la manière dont l’AU à travers les projets agris-urbains s’intègre dans le champ de la planification urbaine.    

Le terme agriculture urbaine (AU) est souvent synonyme de projets innovants. Dans l’imaginaire collectif d’un citadin l’agriculture renvoie à autre monde : le monde rural. C’est l’activité agricole qui sépare le territoire urbain du territoire rural. L’habitation d’un agriculteur n’est d’ailleurs pas une maison mais une ferme. L’habitat agricole renvoie donc à une idée de production liée à un travail quotidien. Le monde rural renvoie également des codes, des usages et à lieu géographique spécifique : le village. On parle d’une sociologie rurale (Lefebvre 1963). Il parait intéressant de se replonger dans l’histoire agricole française afin de comprendre comment cette scission entre ces deux mondes s’est effectuée. Car si à y regarder de plus près la campagne et la ville n’était pas si éloignée (voir fig 1). Au début du 20 -ème siècle la ville était encore agricole par bien des aspects. Il semble alors pertinent de se questionner le rapport ville-campagne étant donné la remise en cause de cette séparation par l’agriculture urbaine. 

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