Pour un mouvement lycéen-étudiant auto-organisé et offensif dans la lutte de classe

Jeudi 1 février avait lieu la première manifestation contre le plan Vidal. Entre 10 000 et 20 000 manifestants ce qui est tout à fait considérable pour quelques jours d’agitation dans les universités.

 

1986 contre la loi Devaquet 1986 contre la loi Devaquet

 

Si la situation des semaines à venir tend à une large mobilisation, il nous faudra donc nous [le mouvement étudiant] doter de revendications. Ces dernières doivent nous sortir de l’esprit de conciliation dans lequel notre classe est empêtré, et nous positionner de façon claire face à l’offensive réactionnaire qui nous fait face.

Mardi avait lieu la deuxième manifestation contre le plan Vidal, réforme du baccalauréat, du lycée et des critères d’entré à l’université. Les revendications des organisation syndicales sont simples, elles n’acceptent pas la sélection à l’entrée de l’université, la destruction du baccalauréat comme premier grade universitaire et diplôme national de fin d’études secondaires et les suppressions de postes qui accompagnent ces réformes.

Cela dit si ces revendications doivent être un minimum, elles sont loin de proposer un changement qui permettra de concrétiser une partie de celles ci, et ne vont pas au bout d’une situation qui a explosé lors de la rentrée 2017, mais qui est bien réelle depuis des années. 

Permettons-nous alors de poser quelques questions. La lutte des étudiants n’est-elle pas celle du salariat ? des campagnes ? et des quartiers populaires ? 

La construction de nouvelles universités et les créations de postes de fonctionnaires que nous devons arracher à l’Etat doit permettre aux jeunes des campagnes de s’éduquer au plus prêt de leur réalités, de leur lieu de vie, la nécessaire montée à Paris ou métropole la plus proche est un poids de plus sur les campagnes qui voient leur jeunesse massivement au chômage.

Un étudiants sur deux est salarié, et donc combien de postes de titulaires occupés ? Un salaire étudiant par cotisation sociale est une revendication révolutionnaire, par le caractère non marchand qu’elle donne à la production de savoir, mais est aussi une mesure qui s’attaque directement au chômage de masse. Elle est une solution évidente au soit disant échec massif dans les premiers cycles universitaires.

L’université ouverte à tous doit évidemment être préservée, cela dit nous devons aussi combattre l’illusion de « l’égalité des chances », car elle ignore les inégalités sociales en mettant tous les étudiants dans un même panier. Il faut alors le répéter, rendre visible les inégalités est une nécessité absolue! Le salaire étudiant par cotisation sociale est une partie de la solution, car il permet aux plus précaires d’avoir des moyens d’étudier « normalement », à savoir ne pas se salarier pendant des études - ce qui pour la plupart des étudiants occupe la moitié de la semaine - , et rendre perrenes des années d’études, qui serait une réponse à l’énorme taux de suicide d’une jeunesse qui porte une pression sociale énorme qu’est la meritocratie républicaine.

Pour ne pas répéter les erreurs dont l’histoire atteste, il est temps de porter les institutions de notre classe qui marqueront un changement irréversible. Il faut évidemment organiser la mobilisation autour de la sélection. C’est bien quand on attaque nos droits les plus fondamentaux, que cette attaque nous est intolérable, que la situation politique nationale donne les moyens de rendre visible une autre façon d’organiser la société. Cette lutte doit donc dépasser le caractère simplement idéologique que la bourgeoisie lui impose, elle doit s’inscrire dans la lutte de classes.

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